Peter Budaj: «Je me sentais bien avec le Canadien»

Peter Budaj a mal encaissé l'affront qu'il a... (Photo André Pichette, archives La Presse)

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Peter Budaj a mal encaissé l'affront qu'il a subi en finale de l'Est le printemps dernier.

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Peter Budaj aimait Montréal. Il aimait ses coéquipiers, à commencer par celui dont il était le second depuis trois ans.

Mais il n'aimait pas la situation dans laquelle on l'avait placé.

C'est ainsi que le gardien a expliqué sa décision de demander à Marc Bergevin une transaction le printemps dernier, après qu'on lui eut préféré Dustin Tokarski en finale de l'Association de l'Est.

«Si ce truc-là en séries éliminatoires ne s'était pas produit, jamais je n'aurais demandé d'être échangé», a-t-il raconté à La Presse, tandis qu'il se rendait vers l'aéroport de Montréal pour amorcer sa nouvelle vie à Terre-Neuve.

«Je voulais rester à Montréal, j'avais une excellente relation avec Carey et je voulais continuer de faire partie d'une équipe au sein de laquelle je me sentais bien. Mais ça m'a été enlevé.»

Budaj quitte Montréal avec seul regret: ne pas savoir ce qui serait advenu si c'était lui que Michel Therrien avait choisi pour affronter les Rangers de New York lorsque Price s'est blessé. Personne n'aime vivre avec des «si», et Budaj n'est pas différent.

«Ils ont jugé que Ticker allait les aider davantage (que moi), mais on ne le saura jamais. Même si on m'a enlevé cette chance, je pars sans rancoeur. Je suis sûr qu'ils ont fait ce qu'ils croyaient être le mieux pour l'équipe, mais au bout du compte, ça n'a pas fonctionné. Je sais que j'aurais pu jouer.»

Quand on se rappelle que Tokarski a présenté une efficacité de ,916 lors de ses cinq départs contre les Rangers, difficile de lui attribuer l'élimination de l'équipe. De plus, Budaj affichait lui-même des statistiques horribles en séries éliminatoires dans la LNH (moyenne de 5,13, efficacité de ,843) et n'avait gagné que deux de ses sept départs en l'absence de Price en mars.

Pourtant, le vétéran gardien slovaque n'est pas prêt à dire qu'il a perdu la confiance de son entraîneur lors de cette séquence post-olympique.

«Je croyais que les résultats étaient là en l'absence de Carey, estime-t-il. On a gagné contre Pittsburgh, contre Toronto... J'ai eu des départs difficiles avant d'aider l'équipe à battre les Bruins. Il faudrait demander à l'entraîneur. Il pourrait vous dire qu'un ou deux matchs peuvent lui faire perdre confiance en quelqu'un... ou alors qu'il ne cherchait qu'une raison pour ne pas le faire jouer.»

Une réputation à rebâtir

Si Budaj a maintes fois répété qu'il n'entretenait aucune rancoeur envers qui que ce soit, ses propos envers Therrien trahissent une certaine amertume. En revanche, lorsqu'il parle de Tokarski et de Price, on n'a aucun mal à le croire.

«Carey est un très bon ami. Ticker n'a rien à voir avec ce qui s'est passé, c'était la décision des entraîneurs. C'est l'entraîneur-chef qui a pris la décision. Nous sommes des gardiens, les gens prennent des décisions et on ne nous demande pas notre opinion.»

Le Canadien n'a trouvé preneur pour ses services que dimanche dernier - à un moment où, visiblement, les 29 autres équipes avaient réglé leur situation devant le filet. Les Jets, pourtant pas les mieux nantis avec Ondrej Pavelec et le jeune Michael Hutchinson, l'ont avisé quelques heures après la transaction qu'ils allaient le soumettre au ballottage dès le lendemain.

Voilà maintenant Budaj avec les IceCaps de Saint John, dans la Ligue américaine, un circuit où il n'a pas joué depuis la saison 2004-2005.

Difficile encore de mesurer à quel point la décision de Therrien de prioriser Tokarski aura nui à sa carrière.

«Un truc du genre qui se produit n'est pas très amusant à ajouter à son C.V., constate le gardien de 32 ans. Mais je vais laisser mes actions parler plus fort que mes mots et quand j'aurai la chance de jouer, je ferai de mon mieux pour gagner.»

Ce n'est certainement pas la séquence d'événements à laquelle il s'attendait en allant demander à Marc Bergevin de passer à une autre organisation.

«Ce n'est pas facile, personne ne veut vivre ça. Mais je ne veux pas me morfondre. Je suis professionnel. Je veux en profiter pour jouer, pour aider les IceCaps. Je veux que ce soit mon tremplin pour revenir dans la Ligue nationale.»

D'ici là, Budaj entend tout de même s'installer à Saint John avec son épouse et son garçon de 4 ans. Le couple attend un deuxième enfant au mois de février.

Un enfant qu'il espère voir naître à Winnipeg plutôt qu'à Terre-Neuve...

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