Le long chemin de Michael Leighton

Michael Leighton campe le rôle de négligé depuis... (Photo Paul Beatty, AP)

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Michael Leighton campe le rôle de négligé depuis son accession aux rangs professionnels en 1999. Ses chances de demeurer avec les Blackhawks de Chicago sont très minces.

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(Chicago) Il y a des joueurs qui reviennent de loin, et puis il y a des joueurs comme Michael Leighton. Au cours de la dernière année seulement, la carrière de ce vétéran a été perturbée par une guerre, un déménagement imprévu et une mystérieuse maladie qui aurait pu fortement lui compliquer la vie. «Je pense que je pourrais écrire au moins deux livres», explique-t-il en souriant.

Nous sommes dans le vestiaire des Blackhawks, au United Center de Chicago, et Leighton est un peu seul dans son coin, avec sa trousse aux couleurs des Blue Jackets de Columbus. Dans un vestiaire où marchent des Toews, des Hossa et des Kane, le gardien ontarien fait figure de négligé. Ce qui ne le dérange pas, remarquez. Le rôle du négligé, Leighton le campe fièrement depuis 1999, année où les Hawks en avaient fait leur choix de sixième ronde.

Depuis, le gardien de 33 ans a joué dans trois ligues différentes et pour une douzaine d'équipes. Ces jours-ci, il tente de relancer sa carrière, une fois de plus, à Chicago. L'été dernier, les Hawks lui ont offert un contrat d'un an à deux volets, qui va fort probablement le mener tout droit dans la Ligue américaine, à Rockford, là où se trouve le club-école des Hawks.

Ce qui ne le dérange pas. En fait, il n'y a pas grand-chose pour déranger Leighton.

«Je suis juste content d'avoir cette chance, ajoute-t-il. Je me considère comme chanceux d'avoir cette occasion et d'être ici dans ce vestiaire...»

Chanceux? Oui, on peut dire que Leighton est chanceux d'être ici.

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Il se souvient du moment précis où tout a commencé, de l'endroit aussi: c'était lors des vacances familiales en Floride, à Disney World, en juillet. Deux jours complets avec des maux de tête. Ensuite, il y a eu ces violentes poussées de fièvre, jusqu'à ce que sa femme lui suggère d'aller à l'hôpital au plus vite.

Le pire, c'est qu'il n'avait pas vraiment de temps à perdre avec ça. La KHL attendait; il avait signé un contrat avec le club de Sotchi.

«Je devais partir la semaine suivante, raconte-t-il. Le contrat était signé. Puis, j'ai été attaqué par un virus, quelque chose de mystérieux qui ressemblait à une méningite. Les médecins ne savaient pas exactement ce que c'était, mais ils m'ont dit que j'allais en avoir pour au moins six à huit semaines à m'en remettre. Je ne pensais plus trop au hockey à ce moment-là; pour certaines personnes, un virus comme celui-là peut avoir des effets graves, comme des pertes de mémoire.

«Alors je n'ai rien fait du tout pendant cinq ou six semaines. Je ne pouvais rien faire, de toute façon, j'ai perdu une dizaine de livres. Je ne pouvais pas aller à Sotchi, et ils ont annulé mon contrat. J'ai eu des maux de tête chaque jour pendant trois ou quatre semaines, avec de la fièvre. C'était inquiétant.»

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Leighton s'arrête pour soupirer un peu quand il repense à tout ça. «Disons que ç'a été difficile...»

Cet été difficile a suivi une fin de saison qui s'est avérée cauchemardesque. En effet, en 2013-2014, Leighton a choisi d'aller jouer avec le club Donbass Donetsk, en Ukraine. Un beau contrat de 900 000 $, une aventure palpitante... jusqu'à ce que l'Ukraine se mette à brûler, déchirée par le conflit armé que l'on sait avec la Russie.

«L'Ukraine, pour moi, c'était quelque chose d'intéressant. Je n'étais jamais allé en Europe, ça a changé ma vie. Ils ne vivent pas comme nous, par là-bas. C'est là qu'on réalise combien on est choyés en Amérique du Nord.

«Mais vers la fin de notre saison, ça s'est mis à devenir dangereux. L'aréna où on jouait a été pillé, des gens sont arrivés avec des mitraillettes et ils ont commencé à y mettre le feu. Il a fallu aller jouer nos matchs éliminatoires à Bratislava. Après ça, je voulais juste rentrer chez moi, je voulais juste sortir de là au plus vite... J'ai réussi à partir juste à temps.»

Leighton n'est pas dupe. À Chicago, il est pris derrière Corey Crawford et Antti Raanta. Ses chances de porter le chandail des Hawks cette saison sont minces. Très minces.

Mais il croise les doigts. Il espère. Après tout, les petits miracles, ça lui arrive. Au printemps 2010, il était sorti de nulle part pour mener les Flyers de Philadelphie en finale de la Coupe Stanley. Il a tenté sa chance un peu partout, incluant avec le Canadien, très brièvement («deux parties comme substitut à Halak... Il m'avait dit de me tenir prêt si jamais le Canadien le sortait du match.»)

Cette fois, il a une autre chance. Peut-être une dernière. Quand on lui fait remarquer qu'il semble avoir plusieurs vies, il répond par un petit sourire.

«J'ai eu des hauts et des bas, et j'ai toujours accepté mon rôle. Honnêtement, je suis juste heureux d'être ici... Tout ce que je veux, c'est jouer au hockey.»

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