Pour ou contre Douglas Murray?

Deux écoles de pensée s'affrontent au sujet de... (Photo Bernard Brault, La Presse)

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Deux écoles de pensée s'affrontent au sujet de Douglas Murray: il y a ceux qui apprécient grandement son jeu physique et il y a ceux qui estiment que cet aspect ne suffit pas à compenser son manque flagrant de mobilité.

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Chaque fois que Douglas Murray a sauté sur la glace cette saison, un dur affrontement faisait rage.

Il mettait aux prises deux écoles de pensée qui évaluent de façons diamétralement opposées la contribution du défenseur de 34 ans.

Les deux derniers matchs Canadien-Bruins, qui ont marqué l'entrée en scène de Murray, résument bien ces différences de philosophie.

Dans le troisième match, lorsque Murray était sur la glace à égalité numérique, le Tricolore a inscrit 8 tentatives de tirs (la somme des tirs cadrés, bloqués et ceux qui ont raté la cible), comparativement à 22 par les Bruins. C'est un match que le Canadien a gagné 4-2.

Jeudi soir, c'était 4 tentatives de tir par le CH contre 20 par les Bruins.

Et que dit Michel Therrien de cette plus récente rencontre?

«[Mike] Weaver et Murray ont fait du travail fantastique, a commenté l'entraîneur. Ils ont été physiques, ils ont bloqué des lancers et ils ont bien contenu l'adversaire durant la majorité du match.

«Douglas Murray est un client pas commode. Il est dur à affronter, il est robuste et il constitue une présence pour nous.»

Vous voyez combien il s'agit d'une bataille entre le tangible et l'intangible.

Therrien a certainement apprécié les six mises en échec de Murray, dont certaines ont été retentissantes. Parlez-en à Patrice Bergeron: pendant une supériorité numérique, dans le troisième match, Murray l'a pincé de façon percutante, ce qui a semblé donner beaucoup d'élan au Canadien. Quelques secondes plus tard, quand le centre des Bruins s'est à nouveau retrouvé devant Murray, il a préféré envoyer la rondelle en fond de territoire...

«J'essaie toujours de ralentir l'adversaire avec ma robustesse, a expliqué l'immense Suédois. Un bon positionnement est très important pour moi, car ça me permet de compenser un manque de mobilité. Le fait de bien lire le jeu m'épargne de coups de patin superflus. Je me fie beaucoup à cela.»

Fautif sur le but de Fraser?

Murray était sur la glace lors du but vainqueur de Matt Fraser en prolongation, jeudi. Il avoue avoir perdu ses repères sur la séquence.

«On dira que c'était un but chanceux, mais c'est le joueur qui m'était confié qui a marqué, a-t-il concédé. J'ai complètement perdu la trace de la rondelle. On m'a dit après coup que le disque avait rebondi sur le coin de la bande. Je suis revenu devant le filet, Carey Price était par terre et Weaver aussi. Je croyais qu'ils avaient sécurisé la rondelle, mais je l'ai vue surgir au dernier moment et le gars que je couvrais a pu donner un coup dessus.

«C'était ma responsabilité de neutraliser son bâton.»

À tout prendre, peut-être que Murray aurait préféré voir la rondelle une fraction de seconde plus tôt et la dégager de la zone dangereuse.

D'ailleurs, en deux matchs face aux Bruins, Murray - qui a été l'arrière le moins utilisé par Therrien - a été sur la patinoire pour 8 des 20 dégagements refusés au CH.

«Je préfère dégager que d'envoyer le disque au centre de la patinoire et donner une chance de marquer à l'adversaire, explique-t-il. Un dégagement refusé permet à tout le moins de peser sur le bouton «reset», de reprendre le contrôle et de savoir où tout le monde se trouve.

«Mais ce n'est pas comme si ça faisait partie du plan de match...»

Statistiques défavorables

Quand on lui précise que le Canadien a été la troisième équipe avec le plus de dégagements refusés en saison «régulière», Murray soupire: «Vous avez vraiment des statistiques pour tout...»

En effet. C'est la nouvelle réalité de la LNH. À l'heure où certaines statistiques officielles de la LNH comme le nombre de revirements ou de mises en échec sont mises en doute en raison de leur caractère arbitraire, et où le différentiel est perçu comme une statistique «stupide», de nouveaux éléments sont maintenant comptabilisés.

Pour un joueur comme Murray, qui fait mal à l'adversaire, qui est apprécié de ses coéquipiers et qui «impose une présence», ces nouvelles statistiques ne sont guère valorisantes.

Que disent-elles au juste?

Que Murray a été le défenseur ayant amorcé le plus haut taux de présences en zone offensive cette saison et qu'il a affronté les effectifs les moins dangereux de l'adversaire.

Malgré cela, la plupart du temps, la possession de la rondelle passait aux mains de l'ennemi et le Tricolore finissait par accorder beaucoup plus de chances de marquer qu'il n'en récoltait lui-même.

Murray n'est pas à la veille d'ouvrir son iPad pour se familiariser avec les chiffres Corsi et Fenwick. Mais il se doute que les statistiques avancées ne le montrent pas sous son meilleur jour.

«Ça fait suffisamment longtemps que je joue pour ne pas me soucier de ce genre de choses, dit-il. Je joue mon match et c'est tout. Les gens vont présenter des statistiques, mais pour chaque joueur, on peut en trouver qui sont favorables et d'autres qui sont défavorables. Ça dépend toujours de ce qu'on cherche.»

Heureusement pour lui, ça dépend aussi de ce que l'entraîneur recherche.

Beaulieu avec l'équipe

Michel Therrien continuera-t-il de valoriser la présence physique de Murray pour contrer les Bruins, quitte à passer plus de temps dans sa zone?

Ou voudra-t-il générer une relance de l'attaque plus rapide à partir de la ligne bleue?

Si tel est le cas, on se doit de vous mentionner que Nathan Beaulieu a officiellement quitté le groupe des «black aces» pour se joindre à la formation du Canadien. Il a maintenant patiné deux fois avec le reste de l'équipe, il a participé à l'échauffement avant le quatrième match et a fait le voyage à Boston.

«On voulait ajouter de la profondeur au sein de notre brigade défensive, a expliqué Therrien. Les choses peuvent changer vraiment vite.

«À ce qu'on a décidé dernièrement, c'est qu'on veut qu'il vive les séries éliminatoires et l'enseignement qui vient avec. Ça fait partie du processus de développement d'un jeune joueur.»




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