Le pari suisse de Guy Boucher

L'entraîneur Guy Boucher à la barre du SC... (Photo Daniel Wenger, SC Bern)

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L'entraîneur Guy Boucher à la barre du SC Bern.

Photo Daniel Wenger, SC Bern

Brillant. Génie. Prodige. Ces mots, Guy Boucher les avait entendus. Au fil des ans, on avait dépeint l'entraîneur comme le prochain surdoué de la LNH. Son arrivée à la barre du Lightning de Tampa Bay au jeune âge de 38 ans avait fini de bâtir le mythe.

Mais il y a un an, l'entraîneur est tombé de haut. Le 24 mars 2013, Steve Yzerman l'a congédié après une trentaine de matchs. Sans être désastreux, le début de saison de l'équipe avait été difficile. L'entretien avec le directeur général «a été très bref».

«J'étais jeune quand j'ai été engagé. J'en ai toujours été conscient. J'ai toujours été conscient aussi que je pouvais éventuellement perdre mon boulot. Ça fait partie du travail», a confié Boucher dans un long entretien avec La Presse.

N'empêche, la nouvelle l'a pris par surprise.

Quelques heures après l'annonce de son congédiement, Boucher a reçu un texto. Sur son téléphone, le message d'un entraîneur du circuit Bettman: «Tu es maintenant un vrai entraîneur de la LNH!»

Boucher a apprécié l'humour. Mais les mois suivants ont été difficiles. Il espérait retrouver un boulot dans la ligue. Mais les offres se sont fait attendre.

«Je n'ai pas apprécié l'expérience pour être franc. Ça fait 18 ans que je suis entraîneur, et je n'avais jamais vécu un temps mort comme ça. Après quelques mois, j'en avais assez», explique-t-il.

Guy Boucher s'est mis à regarder vers l'Europe. Il avait connu le hockey junior avec les Voltigeurs de Drummondville, qu'il a menés en finale de la Coupe Memorial en 2009. Il avait connu la Ligue américaine où il a été nommé entraîneur de l'année. S'il ne pouvait retourner dans la LNH, alors ce serait le Vieux Continent.

L'offre du SC Bern est venue à point. Ce grand club suisse avait besoin d'un nouvel entraîneur. L'équipe connaissait l'une des pires saisons de son histoire. Guy Boucher n'a fait ni une ni deux et a décidé de tenter l'aventure en janvier.

«Je sais que plusieurs n'ont pas compris pourquoi je n'avais pas attendu une occasion dans la Ligue nationale», lance sans détour Boucher.

Mais il ne s'est pas arrêté au qu'en-dira-t-on. Ce n'était pas pour lui un pas en arrière. Boucher y voyait un beau risque. Une chance d'apprendre, de se refaire et d'un jour regagner la Ligue nationale.

Le CH de l'Europe

Le choix de Boucher n'était pas qu'un choix de carrière. C'était aussi une décision pour la famille. «C'est un peu un rêve de famille qui se réalise», dit-il.

Sa femme a vécu en Europe, parle quatre langues et voulait que leurs trois enfants «voient le monde». «Ça fait des années que ma femme sacrifie de certains rêves pour réaliser les miens. J'ai senti que le moment était venu pour moi de redonner», explique l'entraîneur de 42 ans.

Puis, il y a le SC Bern; le Club des patineurs de Berne en bon français. L'équipe fondée en 1931 est l'une des plus prestigieuses d'Europe. Elle a remporté 13 fois le championnat suisse.

«Berne, c'est le Canadien de Montréal de l'Europe. C'est l'endroit où il y a le plus de partisans en Europe, incluant la KHL et la Suède, raconte Boucher. Il y a 17 000 spectateurs dans les gradins à tous les matchs. C'est plein à craquer. C'est aussi une organisation gagnante, avec un grand passé.»


Comme chez le Canadien, ce grand passé vient avec une certaine hystérie. La panique s'est emparée de l'équipe helvète cette saison alors qu'elle était menacée de ne pas participer aux séries éliminatoires pour la première fois de son histoire.

Le natif du Bas-Saint-Laurent a été appelé en renfort en fin de saison. «Boucher arrive au chevet de l'Ours blessé», titrait un quotidien suisse, en référence au surnom de l'équipe.

Mais il était déjà trop tard. La saison s'est terminée à la mi-mars. Berne a été exclue de la ronde finale. «L'organisation ne veut pas revoir ça. La priorité de la prochaine saison sera donc de faire les séries, dit-il. On veut remettre les pendules à l'heure.»

L'entraîneur québécois revient de Prague où il est allé s'imprégner du hockey de la KHL. «Pour apprendre», comme il le dit, mais aussi pour recruter. Il attend avec impatience le 1er juillet pour voir quels joueurs de la LNH seront sans contrat et pourraient se laisser tenter par l'aventure suisse, comme Glen Metropolit, l'ancien Glorieux qui joue à Berne. «On va passer l'été à se renforcer», dit-il.

Boucher a un contrat de deux ans avec l'équipe. Il a encore la LNH dans sa ligne de mire. Mais pour l'instant, son retour dans la grande ligue est lié aux succès de Berne. Il le sait.

«Quand on remue tout le temps les mêmes idées, des fois, on stagne. En venant ici, j'ai la possibilité d'avancer. Je veux avancer, assure Boucher au bout du fil. La Ligue nationale, ç'a été extraordinaire. Le jour où je vais y retourner, j'aurai avancé.»




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