Tim Bozon: se battre pour sa vie à 19 ans

Il y a deux semaines, la vie du... (Photo Larry MacDougal, archives PC)

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Il y a deux semaines, la vie du jeune Tim Bozon a basculé.

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Cela fait maintenant deux semaines que l'espoir du Canadien Tim Bozon a contracté la bactérie Neisseria, à l'origine de sa méningite, et que sa vie a basculé.

Les médecins du Royal University Hospital de Saskatoon ont entrepris jeudi de le réveiller lentement, après une semaine passée dans un coma artificiel. La Direction de la santé de Saskatoon a décrit son état comme étant «toujours critique mais stable et en amélioration». Ses parents ont en outre précisé qu'il avait répondu à des stimuli verbaux.

Bozon s'accrochera-t-il? Dans quel état sa famille le retrouvera-t-elle? L'athlète de 19 ans gardera-t-il des séquelles neurologiques?

«Quand on est placé aux soins intensifs pendant plusieurs jours, les chances de s'en sortir dans le même état où l'on était auparavant ne sont pas très bonnes», a admis le Dr Michael Libman, spécialiste en maladies infectieuses au Centre universitaire de santé McGill.

«Souvent, quand les médecins ont recours au coma artificiel, c'est qu'il y a une sévère inflammation du cerveau», ajoute le médecin.

Le DG du Canadien Marc Bergevin n'a pas nié, jeudi, que la vie de Bozon pouvait être menacée.

«C'est grave, a-t-il reconnu. On espère pour le mieux et il y a une possibilité que tout se déroule bien, mais il y a toujours une inquiétude.»

Ceux qui ont connu Bozon depuis son arrivée en Amérique ont exprimé leur stupeur et leur peine de voir le jeune attaquant dans une situation où il doit se battre pour sa vie.

«Ce qui lui est arrivé est terrible, a indiqué Alex Galchenyuk. J'ai été repêché la même année que lui et on a appris à se connaître lors d'un camp d'entraînement. C'est un gars sociable, qui jase tout le temps et qui va vers les autres.

«C'est terrible.»

L'ADN du sportif

En 2012, après avoir sélectionné Galchenyuk, Sebastian Collberg et Dalton Thrower, le Canadien avait jeté son dévolu sur un jeune attaquant français qui venait d'être choisi finaliste au titre de la recrue de l'année dans la Ligue de l'Ouest.

Ses performances, ses habiletés, mais aussi son historique familial avaient attiré les recruteurs. Car Tim Bozon possède assurément l'ADN du sportif. Son jeune frère Kevin et lui forment la troisième génération de Bozon impliqués dans le hockey. Leur grand-père Alain a représenté l'équipe de France dans les années 60 tandis que leur père Philippe est devenu le premier Français à jouer dans la LNH.

Quant à la mère de Tim, Hélène Barbier, c'est une ancienne championne de ski alpin qui a participé à 17 épreuves de la Coupe du monde dans les années 80.

Pourtant, même s'il est d'origine française et que ce sont les couleurs du Tricolore qu'il a défendues en compétitions internationales, Bozon possède aussi la nationalité américaine. Il est né en 1994 à St. Louis, Missouri, durant le séjour de son père avec les Blues.

La carrière de Philippe Bozon en Amérique a pris fin peu de temps après la naissance de Tim, mais elle s'est néanmoins poursuivie en Europe. Son fils l'a suivi en Allemagne et en Suisse, de sorte que Tim parle aujourd'hui le français, l'anglais, l'allemand et l'italien.

Le jeune homme a joué durant quelques saisons dans les rangs juniors de la Ligue de Suisse. Inspiré par les Suisses Nino Niederreiter et Sven Bärtschi, et également par son père qui était venu jouer dans la LHJMQ afin d'améliorer ses chances de percer, Tim Bozon a fait le grand saut vers le junior canadien.

Et c'est avec les Blazers de Kamloops qu'il est atterri en 2011.

Un trio de choc

Les Blazers, une équipe auréolée de la Ligue de l'Ouest, ont pu compter pendant deux ans sur un trio redoutable composé de Bozon, Colin Smith et J.C. Lipon.

«Tim et moi sommes de très bons amis, nous a raconté Lipon. Il est arrivé ici à l'âge de 17 ans, c'était son année de repêchage et, pour lui comme pour moi, ç'a été notre année d'éclosion. On a développé une bonne chimie ensemble.

«C'était le marqueur, celui qui complétait les jeux en se démarquant dans le haut de l'enclave. À l'origine, Smitty et moi étions ceux qui allaient travailler dans les coins. Mais à un certain moment, on s'est mis tous les trois à marquer des buts.»

Après que Bozon est devenu un choix de troisième ronde du Canadien, le trio a poursuivi son bon travail la saison suivante. Le Français a conclu sa campagne en signant en mai 2013 son premier contrat professionnel avec le CH.

Gonflé à bloc, il entendait épater la galerie au camp du Tricolore et a passé l'été dernier en gymnase avec cet objectif.

«J'ai passé tout l'été à m'entraîner avec lui à Montréal, a indiqué Charles Hudon, un autre choix du Canadien lors de la faste cuvée de 2012. On était ensemble tous les jours. Ce qui lui arrive est difficile à prendre. J'étais surpris et sous le choc en apprenant la nouvelle.

«Mes coéquipiers du Drakkar de Baie-Comeau m'ont posé des questions, je leur ai dit quel genre de gars c'était et, à en juger par leur réaction, je pense que ce qui est arrivé à Tim touche tout le monde qui est dans le hockey.»

Changement d'air

L'automne dernier, les choses ne se sont pas déroulées comme prévu. Le séjour de Bozon au camp du CH fut de courte durée. De retour à Kamloops, le départ de Smith et Lipon pour les rangs professionnels l'a placé dans une situation qui ne l'enthousiasmait guère.

«C'est un jeune qui avait confiance en son talent, raconte Guy Charron, son entraîneur-chef à Kamloops. Ça a parfois créé des tensions avec ses coéquipiers.

«Cette année, il s'est retrouvé dans une équipe en reconstruction où même un joueur de son talent ne pouvait pas faire la différence. C'est sûr qu'on aurait eu plus de succès en le gardant avec nous, mais il fallait qu'on fasse des gestes en fonction de l'avenir.»

Guy Charron, qui a déploré le manque de leadership et les préoccupations individuelles de Bozon en dépit des tragiques circonstances, admet que c'est d'un commun accord que les Blazers ont choisi de l'échanger. Bozon a pris le chemin de Kootenay à la fin d'octobre et c'est là qu'il a vraiment retrouvé son erre d'aller.

«La dernière fois que je suis allé le voir, ça allait beaucoup mieux», confirme Martin Lapointe, directeur du développement des joueurs chez le Canadien.

«Tim est à son mieux lorsqu'il est toujours en mouvement et qu'il exécute ses jeux rapidement.»

Bozon avait récolté 30 buts et 62 points en 50 matchs avec l'Ice de Kootenay, et tout semblait être rentré dans l'ordre.

Puis, vint le mois de mars...

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