Une saison de hockey moins robuste?

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Sur la photo, Matt Martin, des Islanders, met en échec le défenseur Paul Ranger, des Maple Leafs.

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À la fin du mois de décembre, à l'occasion du passage du Canadien à Tampa Bay, l'attaquant du Lightning Pierre-Cédric Labrie était retranché pour un sixième match de suite. Il n'avait participé qu'à 13 rencontres jusque-là dans la saison.

«Il y a plusieurs équipes qu'on a affrontées cette année et contre qui il ne se passait rien, expliquait Labrie. Je pense à Detroit ou à la Caroline. L'entraîneur met tous ses joueurs habiles sur la glace et ils ne se font même pas frapper. Il m'a dit que ça ne servait à rien de me mettre dans la formation à cause de ça, et je le comprends.»

Quelques jours plus tard, le robuste Québécois était cédé à la Ligue américaine.

Labrie est un homme dont le parcours atypique vers la LNH mérite le respect, mais le fait qu'il ait de la difficulté à percer une formation de la LNH n'a rien de fascinant.

Ce qui l'est davantage, c'est d'entendre que le Lightning juge que les matchs sont moins robustes que par le passé.

Se pourrait-il, en effet, que le jeu, sans être moins intense, implique moins de grosses mises en échec ou de coups valant la peine d'être vengés?

«Ça dépend des adversaires, répond le défenseur Chris Phillips, des Sénateurs d'Ottawa. Certaines équipes sont reconnues pour leur robustesse. Mais en même temps, la vitesse du jeu a tellement augmenté que c'est devenu plus important pour les équipes d'assurer un bon jeu de positionnement que de risquer une mise en échec qui pourrait nous sortir du jeu.»

À Philadelphie, l'entraîneur adjoint Ian Laperrière relève la même chose: la vitesse du jeu a changé la donne.

«Je sais que les gens ont des préjugés à propos des Flyers, surtout avec le personnel d'entraîneurs en place, a admis Laperrière. Pourtant, ce qu'on prêche beaucoup auprès de nos joueurs, c'est que si l'on ne frappe pas pour enlever la rondelle, aussi bien ne pas frapper. Mieux vaut se replier.

«Car si un joueur s'en va "terminer sa mise en échec", comme on me l'enseignait autrefois, mais qu'il manque son coup, les gars vont le battre dans sa zone.

«Si tu vas frapper Duncan Keith et que tu le manques, tu vas finir à -1.»

Une pression différente

La vitesse du jeu change le niveau de robustesse, mais aussi les stratégies d'échec avant.

«Les défenseurs se font surtout frapper lorsque l'adversaire est en échec avant, rappelle Josh Gorges. Sauf que maintenant, plusieurs équipes font de l'échec avant à trois hommes. Leur objectif est de nous forcer à envoyer la rondelle dans une zone où ils seront les premiers à la récupérer.

«En ce sens-là, le jeu a changé quelque peu. On ne voit plus autant de ces mises en échec visant à étamper l'adversaire dans la bande. Les équipes ont réalisé que si elles forçaient l'adversaire à se départir de la rondelle sans risquer de se sortir du jeu, elles seraient en meilleure position pour compléter un jeu après en avoir pris possession.»

Mais ça ne signifie pas que la robustesse ait disparu pour autant. Le Canadien a pu le vérifier lors de récentes visites à Ottawa et à Toronto.

«J'ai l'impression de me faire frapper soir après soir et qu'en ce sens-là, le jeu ne change pas tellement», soutient Brendan Gallagher, qui s'est fait joyeusement brasser dimanche contre les Jets de Winnipeg.

«Les joueurs sont peut-être plus responsables en raison des suspensions et des coups à la tête. Mais les joueurs physiques n'ont pas cessé de l'être. C'est leur style, c'est ce qui les a amenés à la LNH et c'est ce qui va les laisser là.»

La crainte d'être suspendu

Nous sommes allés voir ce genre de joueur dont parle Gallagher. Le vétéran matamore Cam Janssen, des Devils du New Jersey, admet que la crainte d'être suspendu le fait réfléchir.

«Les gars ont peur. Je sais que moi, j'ai peur! Depuis que je suis enfant, j'essaie de frapper l'adversaire de toutes mes forces. Mais si les choses tournent mal une seule fois, qu'un adversaire est hors d'équilibre ou qu'il me tourne le dos au dernier instant et que je le frappe à la tête, je vais être suspendu pour 10 ou 20 matchs. Et ce sera la fin pour moi.

«J'ai été suspendu quatre ou cinq fois par le passé, mais je me tiens tranquille depuis ce temps-là. Mais la ligne est mince parce qu'en même temps, je dois frapper. C'est ça, mon travail. Je dois répandre la peur dans les yeux des défenseurs adverses.»

Quelques jours après cet entretien, Janssen était soumis au ballottage, puis envoyé dans les ligues mineures.

Dans le creux de la vague

Selon l'entraîneur-chef du Canadien, Michel Therrien, si l'on observe une quelconque baisse de l'agressivité lors des matchs, c'est avant tout attribuable au calendrier.

«On a joué beaucoup de hockey et il en reste beaucoup à jouer, dit Therrien. On ne voit pas encore le fil d'arrivée. On a beau être conscient du fait que tous les deux points sont importants, mentalement, ça demeure une période difficile à traverser. C'est peut-être la raison pour laquelle les matchs sont moins intenses physiquement.

«Mais c'est vrai pour la plupart des équipes.»




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