Peter Budaj: le «Ned Flanders» du Canadien

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(Washington) Le métier de gardien substitut est ingrat. Le rapport entre la quantité de travail investie et le nombre d'occasions où l'on met ce travail à profit est inférieur à celui des autres joueurs. C'est la raison pour laquelle, même si l'on a le meilleur siège le soir venu, tout ce qui a précédé le match demande de la force entre les deux oreilles.

À ce titre, Peter Budaj a toute l'admiration de ses coéquipiers.

«C'est probablement la meilleure personne et la plus honnête que j'aie jamais rencontrée, soutient Carey Price. C'est un travailleur acharné et de le voir à l'oeuvre me motive à faire la même chose. Je ne pense pas avoir déjà vu quelqu'un qui travaillait plus fort que lui.»

Depuis son arrivée avec le Canadien en 2011, le Slovaque de 31 ans s'est gagné la faveur de ses coéquipiers grâce à son attitude positive et à son côté affable.

«Ce n'est pas facile car la fatigue et la frustration de ne pas jouer suffisamment peuvent te nuire, convient Budaj. Tu peux être ennuyé par tes propres performances ou celles de l'équipe. Mais il faut savoir en profiter car, après tout, on vit la vie rêvée. Nos petits tracas, c'est à nous de les ravaler pendant quelques heures et de retourner au boulot.»

Le travail. Sans cesse le travail.

Si les heures supplémentaires étaient rémunérées au hockey comme elles le sont dans d'autres entreprises, Budaj serait l'un des mieux payés de l'équipe !

«J'aime ça travailler fort, c'est dans ma personnalité. C'est ce qui me permet de me sentir honnête envers moi-même. J'aime les règles. Je ne suis pas du genre à demander pourquoi ci, pourquoi ça. J'aime suivre les instructions et faire ce qu'on me demande.»

Cette discipline se vérifie jusque dans son assiette. Certains de ses coéquipiers n'en reviennent tout simplement pas que Budaj refuse de souper après 18 h.

«C'est sûr que les soirs où je joue, je vais manger après le match car il faut récupérer de l'énergie, explique Budaj. Autrement, j'essaie de ne pas manger après 18 h. Il faut s'éloigner des glucides après cette heure-là. Le fait qu'on ne se couche pas avant 22 h rend cela difficile. Je vais peut-être prendre un shake de protéines avant d'aller au lit et c'est tout.

«Ton corps te le rendra bien si tu y fais attention. Certains pensent que c'est au gymnase qu'on trouve la forme, mais pour la majorité des gens, ça commence par une bonne alimentation.»

Guerrier de la route

Le travail de substitut peut également être ingrat parce qu'on demande souvent au gardien, parfois après une longue période d'inactivité, de prendre le relais lorsque l'équipe joue à l'étranger.

Budaj en était hier à son 33e départ dans l'uniforme du Canadien. Vingt-quatre d'entre eux ont eu lieu sur les patinoires adverses.

«Ça fait partie de notre calendrier cette année d'avoir ces 2 matchs en 24 heures où l'un des deux matchs est disputé à l'étranger, fait valoir le Slovaque. Mais à mon sens, à domicile ou à l'étranger, ça ne change pas grand-chose. Ça demeure un match que l'équipe doit gagner.»

Et lorsqu'on lui souligne qu'en six départs au Centre Bell dans l'uniforme du CH, il revendique un taux d'efficacité de ,943, Budaj préfère se montrer discret.

«C'est correct, les choses vont très bien comme elles sont...»

Les choses vont particulièrement bien avec Carey Price, avec qui il a développé des liens étroits depuis deux ans.

«C'est crucial d'avoir une bonne relation avec son substitut, rappelle Price. Il faut qu'on puisse se parler. Après tout, c'est la seule personne qui comprenne vraiment ce qu'on vit.

«J'ai toujours eu de bonnes relations avec mes partenaires, mais Buds est un individu extraordinaire.»

Gardien de la foi

Depuis son arrivée dans la LNH, Budaj a toujours arboré l'image de Ned Flanders sur chacun de ses masques. C'est un membre du personnel de l'Avalanche qui, à l'origine, avait établi un lien entre Budaj et ce personnage des Simpsons reconnu pour sa joie de vivre et son optimisme débordant.

Mais il n'y a pas que cela. À l'instar de Ned Flanders, Budaj accorde à la foi une place prépondérante dans sa vie.

«Je ne suis pas du genre à prêcher et je n'essaierai pas de forcer quiconque à croire en ce que je crois, précise-t-il. J'essaie juste de vivre selon la manière qui me semble droite. Je rends grâce à Dieu d'être en santé et de pouvoir jouer au hockey, de pouvoir réaliser le rêve que j'avais quand j'étais enfant. Au milieu de notre quotidien, on peut parfois oublier à quel point on est privilégiés de faire ce qu'on fait. On a des fans et des gens qui nous admirent.

«En même temps, on a des responsabilités car les tous les yeux sont sur nous. Ça ne nous empêchera pas de faire des erreurs, mais j'ai un Dieu parce que je suis un pécheur, et non parce que je suis un saint. Autrement, je n'en aurais pas besoin !»

Dans la NFL ou encore dans le baseball majeur, les athlètes sont très expansifs à l'égard de la religion. Les joueurs de hockey, eux, se font beaucoup plus discrets. Mais ça ne veut pas dire qu'ils sont moins nombreux.

«Nous n'avons pas de prière d'équipe, mais il y a les ministères de hockey un peu partout à travers la ligue qui sont établis à Montréal. Un homme vient nous voir et organise des chapelles et des petites rencontres de 10 ou 15 minutes avant les séances d'entraînement. Ça arrive une fois de temps en temps.

«Ce n'est pas facile de maintenir ces convictions-là dans le monde dans lequel on vit aujourd'hui. Tout est très technologique, très scientifique, et beaucoup de gens ont tendance à ne pas croire ce qu'ils ne voient pas.

«Alors c'est bon de voir des gars parler ouvertement de leur foi. Et là, je ne parle pas de religion, car la religion et la foi sont deux choses complètement différentes. Les religions sont pleines de fanatiques...»

Peter Budaj en trois sujets

«J'ai eu l'occasion de parler abondamment de Montréal avec Jaroslav Halak et José Théodore. Lorsqu'il était arrivé au Colorado, José m'avait dit que c'était difficile et que la pression était encore plus forte sur les joueurs locaux. Jaro, lui, m'a parlé de Carey, du reste de l'équipe et de ce que c'était que de ne pas jouer souvent. Mais il y a toujours une marge entre en parler et le vivre...»

«Personne ne veut être un substitut, tout le monde veut jouer abondamment et être l'homme de confiance. Mais en 2010-2011, nous n'avions pas eu une bonne saison au Colorado, moimême j'avais été assez moyen et je cherchais à relancer ma carrière. Or, en venant ici, surtout à la suite de l'échange de Halak, c'était clair que c'était l'équipe de Carey. Je savais à quoi m'attendre.»

«J'ai grandi avec le soccer. J'aime sa technique et son jeu de passes. [...] Mais au soccer comme au hockey, on voit de plus en plus d'équipes jouer pour ne pas perdre. Il y a une grosse différence entre jouer pour gagner et jouer pour ne pas perdre. Quand on joue pour ne pas perdre, on n'a pas besoin de créer quoi que ce soit. C'est une tendance dans plusieurs sports de se concentrer à ne pas perdre. Ce n'est pas pour rien qu'on entend que les défenses gagnent des championnats.»

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