Le lock-out pourrait laisser des traces en Californie

Quelques joueurs des Ducks d'Anaheim s'entraînent en attendant... (Photo: Robert Skinner, La Presse)

Agrandir

Quelques joueurs des Ducks d'Anaheim s'entraînent en attendant la fin du lock-out.

Photo: Robert Skinner, La Presse

Partager

(Los Angeles) Quelque part en banlieue de Los Angeles, les Kings partagent le même aréna d'entraînement que les Lakers. Plusieurs fois par semaine, les deux clubs s'entraînent au même endroit, mais on dirait plutôt qu'ils sont dans des univers différents.

En ce petit matin ensoleillé, l'entraînement des Lakers attire des dizaines de caméras et de partisans, qui veulent voir ces stars du basket. À l'autre bout du bâtiment, où une dizaine de Kings patinent, on compte exactement deux personnes près des gradins. Ça inclut le père d'un des joueurs.

Dans ce coin de la Californie, le lock-out de la Ligue nationale de hockey peut se résumer en un seul mot: indifférence. Dans une ville qui carbure au basket de la NBA et au football universitaire, la chicane entre joueurs et propriétaires n'intéresse personne. Ou presque.

«Les fans vont être de retour, estime le défenseur Sheldon Souray, qui a signé cet été un contrat de trois ans avec les Ducks d'Anaheim. Mais je crois qu'il y aura des liens à réparer, du travail de relations publiques à faire.»

Selon ESPN, aucun des trois clubs de hockey basés en Californie n'a pu se classer dans le top 10 au chapitre des assistances de la Ligue nationale la saison dernière. Les chiffres du réseau américain indiquent que les Kings, champions de la Coupe Stanley, ont été les meilleurs aux guichets californiens, arrivant en 15e place du circuit avec une moyenne de 17 920 fans par match au Staples Center. Les Sharks de San Jose ont conclu au 18e rang, et à Anaheim, les Ducks ont eu du mal avec leur moyenne de 14 760 spectateurs par match, récoltant le 26e rang à ce classement.

«On a un bon noyau de fans, croit François Beauchemin, défenseur des Ducks qui en sera à sa septième saison avec l'équipe. Je dirais qu'il y a une moyenne de 9000 ou 10 000 partisans qui vont toujours être là. Ce sont les 5000 ou 6000 autres qu'on doit tenter de convaincre.»

«Pas nous aider»

Beauchemin ne sait pas si ces partisans seront de retour une fois le lock-out terminé.

«Ce conflit-là ne va pas nous aider, c'est sûr. Au printemps, les médias d'ici parlaient beaucoup des Kings. Mais le hockey, c'est le dernier sport en Californie. Ce qui se passe, ce n'est pas très bon pour nous.»

Luc Robitaille est aujourd'hui président affaires des Kings... (Photo: Robert Skinner, La Presse) - image 2.0

Agrandir

Luc Robitaille est aujourd'hui président affaires des Kings de Los Angeles, qui ont remporté la Coupe Stanley en juin dernier.

Photo: Robert Skinner, La Presse

Les Kings, eux, ont remporté en juin leur première Coupe Stanley depuis la naissance de l'équipe, en 1967. Il y avait certes une occasion de stimuler la popularité du club dans un marché qui a toujours été difficile à conquérir. Mais le présent conflit de travail a un peu changé la donne en coupant les ailes à une équipe qui commençait à prendre son envol dans le paysage sportif local.

«On a notre bassin de fans, ça ne changera pas, souligne Luc Robitaille, ancien joueur devenu président affaires chez les Kings. Mais à cause du lock-out, on rate une occasion d'aller chercher encore plus de monde. Ça nous coupe les ailes un peu. Il faut attendre que ça se règle, et on ne peut pas avancer pendant ce temps-là.»

À Los Angeles, on attend encore que la bannière des champions soit hissée au plafond du Staples Center. Les joueurs, eux, n'ont toujours pas reçu leurs bagues de la Coupe Stanley. Et les Kings doivent trouver des façons de faire parler d'eux dans une ville qui oublie vite.

«On a des idées, on va donner 16 000 répliques de bagues de la Coupe Stanley à nos partisans, explique Robitaille. Le contexte n'est pas facile. On organise environ un événement par semaine pour nous rapprocher des fans. On va dans les petits arénas, on organise des cliniques de hockey... Il faut travailler fort.»

«Ils veulent juste que ça recommence»

Selon Robitaille, les Kings ne perdront pas aux guichets à cause du lock-out. «Je dirais qu'environ 1% ou 2% de nos abonnés ont décidé de ne pas revenir, répond-il. Les autres vont être là. Ils veulent juste que ça recommence.»

En 2005-2006, le retour du lock-out n'avait pas été si désastreux pour les Kings, qui s'étaient classés au 12e rang des assistances de la LNH cette saison-là. Leurs voisins d'Anaheim s'étaient placés au 24e rang.

Cette fois, les fans de la Californie vont-ils répondre présent lorsque la LNH se remettra d'un deuxième lock-out en huit ans?

«Ça m'inquiète, admet Souray. Si on pense que ça ne va pas affecter la popularité du hockey en Californie, on se trompe. Il y a des tas de choses à faire par ici; il y a les Lakers, il y a la plage... Le lock-out n'a perturbé la vie de personne à Los Angeles. Au Canada, les fans seront de retour, enfin je l'espère. Mais la ligue avait déjà des problèmes ici avant ce lock-out. Elle va en avoir aussi quand on va se remettre à jouer.»

____________________________________________________

AUX GUICHETS?

Les trois équipes de la Californie vont-elles souffrir du lock-out aux guichets? Difficile à dire, mais la dernière fois, le lock-out de 2004-2005 n'avait pas trop fait mal aux Kings, aux Sharks et aux Ducks; même que les deux derniers clubs avaient connu une hausse aux guichets lors de la saison du grand retour, en 2005-2006.

Moyenne d'assistances 2003-2004

> Kings de Los Angeles: 17 889

> Sharks de San Jose: 15 835

> Ducks d'Anaheim: 14 987

Moyenne d'assistances 2005-2006

> Kings de Los Angeles: 17 839

> Sharks de San Jose: 16 831

> Ducks d'Anaheim: 15 131

Source: ESPN

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Sports

Tous les plus populaires de la section Sports
sur Lapresse.ca
»

publicité

la boite:2500684:box

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer