L'échange de Cédrick Desjardins: logique

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L'échange de Cédrick Desjardins au Lightning permettra au... (Photo: Ivanoh Demers, La Presse)

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L'échange de Cédrick Desjardins au Lightning permettra au Canadien de laisser mûrir les gardiens Karri Ramo et Robert Mayer.

Photo: Ivanoh Demers, La Presse

Mathias Brunet
La Presse

Fallait-il que l'été soit tranquille, ou encore que certains fans aient l'épiderme sensible après le départ de Jaroslav Halak, pour que l'échange du gardien du Canadien dans la Ligue américaine, Cédrick Desjardins, à la mi-août, provoque autant de réactions?

Permettez que je profite de ce retour de vacances pour revenir sur cette transaction somme toute mineure et remette les choses dans leur perspective?

Quelques faits ont été occultés dans cette histoire. J'aime bien Desjardins, un francophone du Nouveau-Brunswick. C'est un athlète qui a fait son chemin grâce à un talent, mais surtout une détermination à toute épreuve. Un jeune homme qui a gagné à tous les niveaux. Peut-être atteindra-t-il la LNH. Mais il y a une marge à en faire un rival de taille pour Carey Price après une bonne saison dans la Ligue américaine.

Il est d'ailleurs ironique que Price, à 23 ans depuis quelques jours, soit perçu par certains comme un flop avec une fiche en carrière dans la LNH de 60-48-18, une moyenne de buts alloués de 2,73 et un taux d'arrêts de 91,2%, alors que le départ de Desjardins, qui aura 25 ans dans un mois, et qui n'a aucun match d'expérience dans la Ligue nationale, en a fait pleurer plusieurs.

Parlant d'âge, Karri Ramo, obtenu du Lightning en retour de Desjardins, vient d'avoir 24 ans. Il a donc un an de moins que Desjardins. Les détracteurs de cet échange n'ont pas manqué de rappeler les statistiques ordinaires de Ramo à ses débuts dans la LNH avec le Lightning, mais omis de parler de la brillante saison qu'il vient de connaître en KHL, comme en fait foi sa fiche de 21-17-4, sa moyenne de 2,11 et son taux d'arrêts de 91,3%. La KHL n'est pas la Ligue nationale, évidemment, mais demeure un circuit compétitif qui a servi de tremplin à des gardiens comme Ray Emery et Martin Gerber, qui vient de s'entendre avec les Oilers d'Edmonton.

Le collègue Jean-François Chaumont, de Radio-Canada, a fait ses devoirs dans les jours qui ont suivi l'échange et il a rejoint Ramo pour nous apprendre que celui-ci visait un retour dans la LNH l'année prochaine et qu'il a volontairement quitté Tampa à cause du climat qui y régnait. Le Tricolore pourra ainsi compter sur le gardien finlandais de 6'2 - le troisième espoir de l'organisation du Lightning selon le Hockey News - dans un an.

Mais aussi, le départ de Desjardins libère une place dans la Ligue américaine pour Robert Mayer, 20 ans, un ancien des Sea Dogs de Saint John, qui vient de faire sensation dans la Ligue de la côte Est en séries éliminatoires avec les Cyclones de Cincinnati le printemps dernier en remportant six victoires en six décisions, avec une étincelante moyenne de buts alloués de 1,54 et un taux d'arrêts tout aussi spectaculaire de 93,8%. Mayer a aussi obtenu trois blanchissages, remporté le titre de joueur par excellence des séries pour permettre à son club de combler un déficit de trois matchs à zéro en finale et remporter le championnat.

Peut-être Cédrick Desjardins deviendra-t-il un bon gardien dans la Ligue nationale. Mais pour l'instant, son départ, qu'il réclamait lui-même, soit dit en passant, permet au CH de laisser mûrir deux gardiens au sein de son organisation pour le prix d'un, puisque Ramo n'a pas à être sous contrat et ne bloque pas de place dans la Ligue américaine. Cette transaction de Pierre Gauthier est donc parfaitement logique.

D'autant que Desjardins a connu des séries éliminatoires difficiles avec les Bulldogs de Hamilton, au point de céder son poste au vétéran Curtis Sanford dans les derniers matchs.

***

Certes, Cédrick Desjardins est un autre francophone de l'organisation à plier bagage. Et on peut comprendre les partisans de souhaiter voir plus de francophones auxquels ils peuvent s'identifier davantage.

Sauf qu'il se produit un phénomène plutôt paradoxal à Montréal. On se plaint de l'exode des francophones mais on n'hésite pas à faire la vie dure à ceux qui portent l'uniforme du CH.

Prenez Guillaume Latendresse, à qui on reprochait sa paresse et qui était le centre d'attention dans les émissions de fin de soirée. Ou Mike Ribeiro. Ou Patrice Brisebois, qu'on a hué copieusement pendant des années. Ou José Théodore, qui avait son lot de dénigreurs même après avoir remporté les trophées Hart et Vézina.

Les joueurs de soutien qui offraient un effort maximum - les Steve Bégin, Maxim Lapierre et Francis Bouillon -, pas de problème. Mais les joueurs de premier plan qui avaient le malheur de connaître la moindre léthargie, attention.

D'ailleurs, la plupart de ces joueurs ont quitté Montréal le sourire aux lèvres et produit davantage ailleurs.

Une question maintenant. Se pourrait-il que la direction du Canadien hésite désormais avant d'embaucher des Québécois, par crainte que les attentes ne soient démesurées?

Poser la question, c'est presque y répondre.

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