Québécois et succès ne vont pas de pair

Le Canadien avait un visage très québécois lors... (Photo: Robert Mailloux, archives La Presse)

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Le Canadien avait un visage très québécois lors de sa dernière conquête de la Coupe Stanley, sa 24e, en 1993.

Photo: Robert Mailloux, archives La Presse

Pour avoir du succès, le Canadien doit-il absolument miser sur un maximum de joueurs québécois? Selon un chercheur de la Société internationale de recherche sur le hockey, la réponse est non.

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Jean-Patrice Martel, vice-président-directeur de la SIRH, s'est penché sur le sujet. Selon le document Combien faut-il de Québécois pour faire un bon Canadien?, qu'il doit présenter au prochain congrès de la SIRH, samedi au Centre Bell et que La Presse a obtenu, un nombre élevé de joueurs québécois au sein du Canadien n'est pas nécessairement un gage de succès.

«On ne voit pas une importante relation de cause à effet entre le nombre de joueurs québécois et les succès de l'équipe, estime Jean-Patrice Martel. Au cours des 30 dernières années, c'est encore plus évident. Les gens s'accrochent souvent à la conquête de 1993, mais c'est la preuve par l'exemple.»

En 1993, en effet, le Canadien avait un visage très québécois. Au moment de gagner la Coupe Stanley pour la 24e fois, le CH alignait des joueurs québécois qui avaient disputé 50,7% des matchs de l'équipe cette saison-là. Mené par les Patrick Roy, Vincent Damphousse et Éric Desjardins, le Canadien avait battu les Kings de Los Angeles en grande finale.

Lors de la conquête précédente, cependant, le Canadien avait un visage résolument moins québécois. En 1985-1986, les joueurs du Québec avaient disputé seulement 26,5% des matchs de la formation, ce qui n'avait pas empêché le CH d'obtenir la Coupe Stanley pour la 23e fois cette saison-là, avec un triomphe en grande finale aux dépens des Flames de Calgary.

«Quand les gens pensent aux Québécois avec le Canadien, c'est souvent la nostalgie d'une époque bien définie, ajoute Jean-Patrice Martel. En général, les gens retiennent ce qui fait leur affaire. C'est le cas pour 1993. C'est la dernière cvonquête de la Coupe Stanley, et les gens s'accrochent à ça.»

Le document Combien faut-il de Québécois pour faire un bon Canadien? vient nous rappeler que la formation aux maillots tricolores a tout de même connu ses meilleurs jours au moment où elle misait sur un maximum de joueurs d'ici dans sa formation.

Ainsi, lors de la dynastie des années 50, le club gagnait avec des Québécois. En 1955-1956 par exemple, le CH avait remporté la Coupe Stanley avec 77,3% des matchs disputés par des patineurs de la Belle province.

Pour Jean-Patrice Martel, il y a une explication toute simple à cela.

«À l'époque, le Canadien misait beaucoup sur les joueurs québécois. Alors, quand ces joueurs étaient parmi l'élite, l'équipe avait du succès, précise-t-il. Quand les joueurs québécois étaient moins bons par contre, ça allait moins bien...»

Puisque le Canadien des années 50 détenait un monopole sur les joueurs québécois - notamment grâce aux clubs amateurs et juniors qu'il parrainait -, ces derniers se retrouvaient presque toujours avec un chandail bleu, blanc et rouge sur le dos. Quand la récolte était bonne, c'est évidemment le Canadien qui en profitait.

«Avant de jouer dans la LNH, Jean Béliveau avait été courtisé par un dépisteur des Maple Leafs de Toronto, mais son père l'avait convaincu d'attendre un peu et de se joindre au Canadien plus tard, raconte Jean-Patrice Martel. Il faut savoir qu'à l'époque, le Canadien commanditait des équipes de joueurs juniors ou amateurs dans la province jusqu'au premier repêchage, en 1963. En plus, les jeunes joueurs d'alors rêvaient de se joindre au Canadien. Les choses ont bien changé...»

À quatre reprises, le Canadien s'est retrouvé avec un sommet de 20 joueurs québécois au sein de sa formation régulière, en 1960-1961, 1969-1970, 1990-1991 et 2000-2001. Ces quatre saisons n'ont pas été couronnées de succès, surtout les saisons 1969-1970 et 2000-2001, pendant lesquelles l'équipe a raté les séries. Les partisans se souviennent encore de 2000-2001, mais peut-être pas des joueurs québécois qui faisaient partie du club cette saison-là: Karl Dykhuis, Patrick Poulin, Éric Landry et autres Christian Laflamme, par exemple. Des joueurs québécois qui ne faisaient certes pas partie de l'élite.

Éric Desjardins, l'ancien défenseur qui était de la conquête de 1993, juge qu'il est plutôt difficile de déterminer si le Canadien doit miser sur un maximum de Québécois ou non.

«C'est sûr que quand on vient d'ici, on a tous le CH tatoué sur le coeur, estime-t-il. Pour le Canadien, c'est peut-être plus facile d'obtenir le maximum d'un joueur québécois à chaque soir. Mais en même temps, si on a eu du succès en 1993, c'est parce qu'on avait un entraîneur positif, parce qu'on avait un bon mélange de jeunes et de vétérans, et parce que tout le monde comprenait bien son rôle. Et ça, ce n'est pas une affaire de langue ou de culture.»

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