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«Chaque été, je revoyais le même gars, mais le gardien était sans cesse meilleur»

Jonas Hiller... (Photo: AP)

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Jonas Hiller

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Les Ducks d'Anaheim avaient une décision à prendre avant leur série contre les Sharks de San Jose: opter pour un gardien inexpérimenté, le Suisse Jonas Hiller, 69 matchs derrière la cravate en saison régulière à titre d'auxiliaire, aucun en séries, mais très solide en fin de saison, ou encore pour le vétéran auréolé, Jean-Sébastien Giguère, néanmoins moins efficace cette saison.

Pour l'entraîneur des gardiens chez les Ducks, François Allaire, qui a participé au processus décisionnel, le choix était clair.

«C'était logique d'y aller avec Jonas, a confié Allaire, samedi, au bout du fil depuis sa chambre d'hôtel à San Jose. Il a offert de très bonnes performances dans le dernier droit et il a bien fait en saison régulière contre San Jose. «

Les Ducks mènent la série trois matchs à deux et Hiller n'a pas déçu contre la meilleure équipe de la LNH. Il se classe au troisième rang de la LNH derrière Roberto Luongo, des Canucks de Vancouver, et Simeon Varlamov, des Capitals de Washington, au chapitre du taux d'arrêts en séries, .953. Hiller a blanchi les Sharks deux fois et présente une moyenne de 1,77.

On verra s'il peut tenir le coup contre les Sharks, qui ont évité l'élimination lors du dernier match, samedi, en l'emportant 3-2 en prolongation après avoir bombardé le jeune homme de 48 tirs.

Allaire affirme ne pas avoir été inquiété par le manque d'expérience de son gardien de 27 ans, qui est arrivé en Amérique du Nord sur le tard.

«Je n'ai jamais eu de contraintes avec un gardien qui n'a pas d'expérience en séries. J'ai obtenu de bons résultats autant avec des vétérans qu'avec des recrues. Je peux remonter à Patrick Roy en 1986. En 2003, Jean-Sébastien (Giguère) n'avait aucun match d'expérience en séries, on s'était rendus en finale et il a gagné le Conn-Smythe. En 2006, on a misé sur Bryzgalov, qui n'avait aucune expérience, et on a atteint la troisième ronde. Ça dépend toujours de l'état d'esprit dans lequel tu finis la saison.»

Allaire l'a vu grandir

Hiller commence à peine à se faire un nom dans la LNH. Allaire, lui, l'a vu grandir.

«Il s'était présenté à l'un de mes camps en Suisse, il y a une dizaine d'années. Il devait avoir 17 ans. Il avait un gabarit intéressant, mais beaucoup de carences techniques. D'ailleurs, ce n'est pas un gardien qui a fait les sélections nationales au début. Il n'a pas participé au Championnat mondial des moins de 18 ans, ni des moins de 20 ans. Puis, il s'est trouvé une place en Ligue nationale A comme auxiliaire; il est devenu numéro un l'année suivante, il a gagné le Championnat un an plus tard et la saison d'après, il participait au Championnat du monde.

«Chaque été, je revoyais le même gars, a poursuivi Allaire, mais le gardien était sans cesse meilleur. Il y a beaucoup de gardiens qui t'impressionnent, étant jeunes, mais ils ne progressent pas. Quand tu te développes entre 18 et 21 ans, ça veut dire qu'il y a encore beaucoup de potentiel à exploiter.»

Malgré ses succès en Suisse, entre 22 et 25 ans, Hiller n'a jamais été repêché. Allaire l'avait pourtant hautement recommandé aux Ducks, mais ceux-ci ont utilisé leurs choix au repêchage autrement. Après un deuxième championnat à Davos, en 2006-2007, Hiller a décidé d'offrir ses services aux équipes de la LNH. Allaire a répété à ses patrons qu'ils ne pouvaient se permettre de le laisser filer.

«Quatorze équipes lui ont fait une offre, mais on a été chanceux, il a signé avec nous, a raconté Allaire. Il se sentait à l'aise avec ma manière de travailler et il ne voulait pas avoir de surprise en arrivant. Quand tu changes de continent, de ligue, tu veux au moins avoir des repères.»

Les Ducks lui doivent leur participation aux séries éliminatoires cette année. «Ses capacités athlétiques sont très bonnes. Il est en très bonne condition physique. Sa vitesse de réaction est impressionnante. Son équilibre est supérieur à la moyenne. Il est très calme. C'est le tempérament suisse-allemand. Il ne parle pas beaucoup, mais il écoute. Il aime travailler. C'est devenu presque impossible aujourd'hui de se fier uniquement à son talent parce que les standards sont tellement élevés. Tu donnes deux buts, c'est un bon match, tu en donnes trois, ce n'est pas un bon match.»

Et à Montréal?

Difficile de ne pas parler à Allaire de la situation à Montréal. Quand on lui demande si c'est possible pour un jeune gardien de réussir une belle carrière à Montréal à cette époque-ci, sa réponse est sans équivoque. «C'est possible. C'est l'athlète qui décide du type de carrière qu'il veut connaître. Il y a des gars qui décident de se donner à leur sport à 100 pour cent. Le plus bel exemple est Sidney Crosby. Il a décidé que sa mission, c'était le hockey. C'est sa décision.»

Et qu'est-ce qui attend l'ancien mentor de Patrick Roy à Montréal ces prochaines saisons? «Mon contrat se termine à la fin de l'année et il n'y a pas encore eu de négociations avec les Ducks, a mentionné Allaire. Ils attendent probablement la fin de la saison et moi aussi, je préfère attendre. Dans ce milieu, tu essaies de faire le meilleur boulot pour ton organisation, et le plus longtemps possible. Il y a des fois où tu sens que l'intérêt est moins là, ou encore c'est toi qui as d'autres préoccupations, et la situation n'est plus favorable. Comme ce fut le cas à Montréal à l'époque.»

L'éloignement géographique commence-t-il à peser lourd? «C'est sûr que ce n'est pas tout le temps évident. Mais je ne suis pas le seul. Rares sont ceux qui travaillent dans leur ville d'origine. J'ai été chanceux de travailler à Montréal durant 12 ans.»

Et si l'occasion s'offrait de nouveau à Montréal? Il ricane au bout du fil. «Je ne peux pas parler de ça. Tu sais que je suis encore sous contrat jusqu'au 1er juillet?»

Et pour l'instant, toutes ses pensées vont à Jonas Hiller et aux Ducks...

 




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