LHJMQ: la moitié des équipes déficitaires

Les profits sont si rares dans la LHJMQ... (Photo Erick Labbé, archives Le Soleil)

Agrandir

Les profits sont si rares dans la LHJMQ qu'au cours des quatre dernières années, une seule équipe a pu verser des dividendes à ses propriétaires.

Photo Erick Labbé, archives Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

La moitié des 18 équipes de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) perdent de l'argent année après année, selon une déclaration sous serment faite par le commissaire Gilles Courteau. Les profits sont si rares qu'au cours des quatre dernières années, une seule équipe a pu verser des dividendes à ses propriétaires.

Ces derniers jours, Courteau a répété dans les médias que les propriétaires d'équipe ne roulaient pas sur l'or. Il a fait ces déclarations alors que le débat sur le salaire minimum pour les joueurs a refait surface.

Il est de notoriété publique que des équipes perdent de l'argent dans les petits marchés de la LHJMQ. Les équipes relativement riches, comme les Remparts de Québec et les Mooseheads d'Halifax, y sont l'exception plutôt que la norme.

Dans les coulisses, on répète depuis des années la règle du tiers : un tiers des équipes sont profitables, un tiers font leurs frais et le dernier tiers perd de l'argent. Mais selon des documents judiciaires obtenus par La Presse, la situation est pire. Ce n'est pas le tiers des équipes qui perdent de l'argent, c'est la moitié.

«Il est allégué dans la demande d'autorisation que les équipes de la LHJMQ font des profits importants chaque saison, ce qui est faux. Chaque année, environ la moitié des équipes de la LHJMQ perdent de l'argent et leur déficit peut atteindre jusqu'à 330 000 $ une année donnée», affirme Courteau, dans une déclaration sous serment déposée devant la cour.

La déclaration sous serment de M. Courteau a été faite dans le cadre de la demande de recours collectif déposée par un ancien joueur de la LHJMQ, Lukas Walter. Dans sa déclaration, M. Courteau insiste pour rappeler les nombreux avantages accordés aux athlètes de la LHJMQ qui font des études. Il souligne aussi à grands traits la santé économique fragile de sa ligue.

«Même lorsque l'équipe est rentable, les profits sont dans la très grande majorité des cas peu élevés et sont réinvestis au bénéfice des joueurs, assure Courteau. Au cours des quatre dernières années, seule une équipe de la LHJMQ a versé des dividendes à ses propriétaires.»

Une épée de Damoclès

Mardi, le gouvernement du Québec a tiré une épine du pied à Gilles Courteau. La ministre du Travail Dominique Vien a annoncé qu'elle entendait modifier la loi pour préciser que les joueurs de hockey junior majeur ne sont pas tenus de recevoir le salaire minimum.

Mais la LHJMQ n'est pas au bout de ses peines. La demande de recours collectif déposée à l'automne 2014 devant la Cour supérieure du Québec est une épée de Damoclès pour la Ligue. Lukas Walter prétend que les joueurs du junior majeur sont des employés, mais qu'ils n'ont pas été payés au salaire minimum.

Les recours collectifs, avant d'être jugés sur le fond, doivent en premier lieu être autorisés par la Cour. Celle-ci devrait trancher d'ici le début 2017 au plus tard. Mais dans sa déclaration, Gilles Courteau explique que la Ligue serait durement frappée si la demande de recours était acceptée, avant même qu'un jugement sur le fond ne soit rendu. Des équipes pourraient même fermer.

«Si la demande d'autorisation d'exercer un recours collectif était accordée, les équipes de la LHJMQ devraient réexaminer et réduire les avantages offerts aux jeunes, et ce, dès la saison prochaine, afin de planifier leurs finances de façon responsable en raison du passif éventuel pour des paiements rétroactifs et futurs aux joueurs s'ils devaient être considérés comme des employés», dit-il.

«[Un recours collectif] entraînerait la perte de plusieurs de nos équipes. La taille de la LHJMQ serait moins grande, tous comme les opportunités offertes aux jeunes hockeyeurs.»

S'agit-il de bluff ou d'un état des lieux fidèle? Hier, il a été impossible de parler à Gilles Courteau.

Des propriétaires d'équipe contactés par La Presse confirment toutefois que sans être catastrophique, la situation économique de leur ligue n'est pas rose. Faut-il bonifier le partage des revenus dans la LHJMQ?

Selon eux, il faut plutôt s'attaquer aux baisses d'assistance. Depuis 10 ans, le nombre moyen de spectateurs par match ne cesse de baisser dans la LHJMQ.

«Je pense vraiment qu'on doit s'asseoir et trouver des solutions», dit un propriétaire d'équipe.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Sports

Tous les plus populaires de la section Sports
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer