Gatineau juge trop cher un nouvel aréna de 75 millions

Les Olympiques évoluent dans le plus vieil aréna... (PHOTO PATRICK WOODBURY, ARCHIVES LE DROIT)

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Les Olympiques évoluent dans le plus vieil aréna de la LHJMQ, le centre Robert-Guertin, construit il y a 57 ans dans le coeur de l'ancienne ville de Hull et voué à la démolition au terme de la saison 2017-2018.

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Quarante-trois ans d'histoire, sept championnats de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), une conquête de la Coupe Memorial. Les Olympiques de Gatineau sont une des plus illustres équipes de la LHJMQ. Ça n'empêche pas leur survie d'être menacée après l'abandon définitif, cette semaine, d'un projet de nouvel amphithéâtre.

Les Olympiques évoluent dans un des plus vieux arénas de la LHJMQ, le centre Robert-Guertin, construit il y a 57 ans dans le coeur de l'ancienne ville de Hull et voué à la démolition au terme de la saison 2017-2018. «L'aréna est fini. L'hiver, on doit pratiquement pelleter la neige en temps réel pour éviter que le toit ne s'effondre», dit le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin.

Depuis 10 ans, un projet de centre multifonctionnel permettant d'accueillir autant des matchs de hockey que des spectacles cheminait à l'hôtel de ville de la métropole de l'Outaouais. À pas de tortue: dès 2011, le vérificateur général de Gatineau soulignait que n'eût été «l'indécision, l'absence de lignes directrices [et] la difficulté d'obtenir un consensus», les Olympiques joueraient depuis longtemps dans un aréna rénové ou nouvellement construit.

Depuis, deux appels d'offres ont été lancés pour la construction d'un successeur au «Vieux Bob», comme on surnomme l'aréna actuel. Mais les prix les plus bas étaient largement supérieurs au budget de 63,5 millions prévu par la Ville, indique le maire Pedneaud-Jobin, élu en novembre 2013. La dernière offre signifiait qu'il en aurait coûté près de 75 millions pour un amphithéâtre de 4000 places à la rentabilité incertaine.

Mardi, le conseil municipal a décidé, à 15 voix contre 3, d'arrêter les frais. Il a enterré le projet, pour lequel Québec avait promis une subvention de 26,5 millions. 

«Pour moi, c'était trop cher. Et si on juge que le projet est trop cher, que l'argent vienne de la Ville ou de la province, je vais voter contre. Ça reste de l'argent public.», explique Maxime Pedneaud-Jobin.

La décision n'est pas sans conséquence. La Ville souhaiterait désormais utiliser l'aide financière de Québec pour la réfection de ses autres arénas municipaux, qui ont aussi besoin d'un sérieux coup de pinceau. Le cabinet du ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, a toutefois indiqué que la subvention n'était plus garantie maintenant que le projet de centre multifonctionnel a été mis au rancart.

«La subvention n'était pas dédiée à Gatineau, mais au projet», rappelle la députée libérale de Hull, Maryse Gaudreault.

Une institution menacée?

La décision laisse planer le doute sur l'avenir à moyen terme des Olympiques. L'équipe, qui ne le cède qu'aux Cataractes de Shawinigan en matière d'ancienneté dans la LHJMQ, est la plus titrée de l'histoire du circuit Courteau. Wayne Gretzky en a été le propriétaire pendant sept ans et des vedettes de la Ligue nationale de hockey ont porté ses couleurs, dont Luc Robitaille, Martin Gélinas, Michael Ryder et Maxime Talbot. Trois entraîneurs du Canadien de Montréal - Pat Burns, Alain Vigneault et Claude Julien - l'ont dirigée avant d'atteindre la LNH.

«C'est une institution qu'on ne veut pas perdre», dit M. Pedneaud-Jobin, tout en reconnaissant qu'il y a «un risque réel» de voir l'équipe déménager. 

«Les Olympiques, c'est beaucoup de visibilité. Le sport fait partie de notre identité. Mais il faut se demander jusqu'où on est prêt à payer.» 

Pour le maire, la solution aux problèmes de l'équipe doit venir du secteur privé.

Les Olympiques ont chargé leur gouverneur, l'ancien député libéral et ex-ministre responsable de l'Outaouais Norm MacMillan, de trouver une solution qui assurerait la pérennité de l'équipe. «C'est l'histoire de la ville de Gatineau, on ne peut pas laisser tomber ça», a-t-il dit en entrevue avec La Presse.

Sa priorité sera de discuter avec ses collègues de l'Armada de Blainville-Boisbriand et des Cataractes. Les arénas de l'Armada et des Cataractes, financés par des fonds publics au cours de la dernière décennie, ont coûté beaucoup moins cher que le centre multifonctionnel qu'on envisageait à Gatineau. «On va regarder toutes les solutions possibles au cours des prochains 30 ou 40 jours. Je veux sauver les Olympiques», a dit M. MacMillan.

Le scénario d'un centre multiglaces ou même multisports construit par un organisme à but non lucratif (OBNL) semble le plus probable. «Le ministre va retirer les 26,5 millions, mais il dit aussi que si un autre projet d'infrastructure sportive impliquant un OBNL est présenté, il va écouter», souligne la députée Gaudreault.

À défaut de s'impliquer financièrement dans la construction, la Ville de Gatineau est prête à garantir 1,2 million en revenus de location d'heures de glace si un nouvel amphithéâtre voit le jour.

Même s'il ne reste que trois ans avant la démolition du centre Guertin, tout n'est pas perdu, estime la députée Gaudreault. «C'est faisable, dit-elle. Avec un groupe de gens qui veulent collaborer et mus par un même objectif, ça peut aller vite.»

28
millions
Coût de construction du centre Gervais Auto de Shawinigan. 4000 places.
20,1
millions
Coût de construction du Centre d'excellence sur glace Sports Rousseau de Blainville-Boisbriand. 3100 places et 5 glaces complémentaires.

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