Merci, A.C.

Anthony Calvillo a fait un clin d'oeil à... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE)

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Anthony Calvillo a fait un clin d'oeil à plusieurs coéquipiers et à plusieurs anciens au cours de sa conférence de presse, mardi.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

Matthieu Proulx

collaboration spéciale

La Presse

Mon premier souvenir d'Anthony Calvillo remonte à 1998. C'est ma dernière année au secondaire et je n'ai alors jamais porté un casque et des épaulettes sur un terrain de football. Anthony commence tranquillement à se faire une place au sein de l'organisation montréalaise sous la tutelle de Tracy Ham.

Je ne comprends pas grand-chose au football, mais je sais qu'il est encore loin d'être la vedette du club. Alors que j'entame ma carrière de footballeur amateur en 1999, mon amour de la LCF progresse au même rythme que la carrière fulgurante d'Anthony.

> La carrière d'Anthony Calvillo en images

À distance, je vois ce chétif quart d'origine latino-américaine, peu mobile, prendre de plus en plus d'assurance et s'imposer comme l'un des meilleurs de sa profession. Au fil des ans, je le vois récolter les honneurs et soulever sa première Coupe Grey en 2002.

En 2005, les Alouettes me choisissent lors du repêchage amateur. Je m'en vais rejoindre les Calvillo, Cahoon et compagnie, des joueurs que j'admire depuis des années. Calvillo est au sommet de son art, il vient de réussir sa saison de 6000 verges par la passe.

Je vis un dur apprentissage à leurs côtés. Pas question d'y aller doucement avec le petit maraudeur recrue. Alors qu'il s'agit généralement d'un jeu d'échecs entre le maraudeur et le quart-arrière, il n'en est rien entre Calvillo et moi. Il s'amuse à mes dépens. Il regarde à ma gauche, attire mon attention, et, sans dévier le regard, lance une prise à ma droite. Il taille en pièces notre propre unité défensive durant les entraînements. Heureusement pour nous, il le fait aussi contre les autres formations.

J'admirais le joueur depuis plusieurs années. J'en suis venu à admirer le professionnel dès mon entrée au sein du club. Tous les athlètes d'élite disent la même chose: pour réussir, il faut travailler très fort. Calvillo en est le parfait exemple. Durant mes six saisons à ses côtés, je constate que ses succès ne doivent rien au hasard. Il est le premier arrivé au stade chaque jour et le dernier à partir.

Calvillo 2.0

En 2007, sa vie bascule. Il apprend que son épouse, Alexia, est frappée par le cancer. Un membre de notre «famille» vit un moment difficile. Calvillo quitte l'équipe pour être au chevet de sa conjointe. Chaque membre de l'organisation soutient cette décision et le laisse traverser ces pénibles moments en famille.

À son retour en 2008, nous retrouvons un Calvillo transformé. Assurément, cette épreuve a remis les choses en perspective pour lui et sa famille. Le football demeure important dans sa vie, mais il en a une approche plus détachée. Il semble davantage apprécier le quotidien et la routine. Évidemment, il s'agit d'un tournant dans la vie de l'homme, mais aussi d'un événement marquant dans la carrière du joueur.

Sans surprise, sa santé est désormais au centre de ses priorités. Il comprend que son corps vieillit, mais qu'il sera en mesure d'ajouter quelques exploits à son curriculum déjà bien étoffé avec une préparation adéquate. Il s'adjoint des services d'une équipe complète pour mettre en place une structure d'entraînement et d'alimentation optimale. Il change son régime alimentaire de façon considérable en éliminant le gluten.

Justement, je me souviens d'un voyage à Edmonton au cours duquel Anthony cherchait désespérément un restaurant capable de répondre à ses exigences alimentaires. Il m'a accroché dans le lobby de l'hôtel et m'a dit: «Proulx, tu vas m'aider à trouver une place pour manger des pâtes sans gluten et tu m'accompagnes, c'est moi qui paye!» Inutile de préciser que j'ai suivi les «ordres» de mon quart-arrière.

Le leader

Quoique réservé, Anthony est aujourd'hui quelqu'un de plus volubile et de moins renfermé sur lui-même. Il n'est pas du genre à se mêler aux discussions quotidiennes dans le vestiaire ou à prendre la parole avant chaque match. Il lui arrive à l'occasion de le faire, et il choisit toujours bien ces moments.

À cet égard, l'arrêt à la mi-temps de la Coupe Grey 2009 me revient régulièrement à la mémoire. Comme on tirait de l'arrière 17-3 face aux Roughriders, la panique s'était installée dans le vestiaire. Certains joueurs lançaient leur casque, et le ton montait. Calvillo, à ma grande surprise, s'est levé pour parler. D'un calme désarmant, il a souligné le potentiel de notre équipe et notre capacité à combler un tel déficit.

Il a demandé à l'unité défensive de stopper l'attaque adverse dès la première séquence et assuré qu'il inscrirait des points sur la séquence suivante. C'est exactement ce qui s'est produit et nous l'avons finalement remporté in extremis 28-27. Grâce à Anthony Calvillo et à son leadership, nous avons remporté la Coupe Grey en 2009 et en 2010. Je lui en serai toujours reconnaissant.

Merci, A.C., et bon succès pour la suite!




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