Shea Emry: persévérance et domination

Le secondeur Shea Emry, des Alouettes, a été... (Photo: Reuters)

Agrandir

Le secondeur Shea Emry, des Alouettes, a été proclamé le joueur canadien et le joueur défensif par excellence de la semaine dans la Ligue canadienne.

Photo: Reuters

Partager

Matthieu Proulx, collaboration spéciale
La Presse

Mardi, Shea Emry a été nommé joueur canadien et joueur défensif de la semaine à la suite de sa performance contre les Argonauts de Toronto, dimanche. Un exploit qu'un seul autre joueur de la Ligue canadienne de football n'a accompli au cours des cinq dernières années.

Dominant depuis le début de la saison, il prouve lors de chaque rencontre qu'il est l'un des meilleurs joueurs défensifs de la ligue et un leader incontesté au sein du club des Alouettes.

Ce n'est pas le fruit du hasard si Emry est doté de telles habiletés athlétiques. Né à Vancouver et élevé dans un milieu sportif, il a passé sa jeunesse à améliorer sa vitesse, son explosion et son endurance. Sa mère, une entraîneuse en athlétisme, et son père, un espoir au décathlon pour les Jeux olympiques de Montréal en 1976, l'ont initié à une multitude de disciplines. Deux fois champion provincial de décathlon au secondaire, Emry excellait également sur le terrain de football.

Après son école secondaire, il a quitté le fameux Vancouver College, véritable pépinière de footballeurs professionnels, pour joindre les rangs des Eagles d'Eastern Washington aux États-Unis. Joueur partant en défense à sa dernière saison, il se sentait loin de sa famille, de sa copine de l'époque et de son milieu. Emry trouvait les temps difficiles et a souffert de dépression. Il considère aujourd'hui sa maladie comme un tournant dans sa vie. C'est alors qu'il décide de rentrer à la maison et de s'aligner avec les Thunderbirds de l'Université de la Colombie-Britannique.

Grâce aux succès qu'il a connus sur le terrain et à son entourage, il a repris confiance en lui et sa passion profonde pour le football s'est confirmée.

En 2008, les Alouettes en ont surpris plusieurs, moi également, en faisant d'Emry leur premier choix au repêchage alors qu'il venait tout juste d'avoir 22 ans. Mais Emry a prouvé rapidement pourquoi il avait été sélectionné si tôt, en s'établissant comme un joueur d'exception dans les unités spéciales. Il a gravi les échelons comme il se doit et obtenu un poste de partant dès sa deuxième saison.

Joueur intense et enthousiaste, il intimide ses adversaires à chacune de ses présences sur le terrain. Il m'a déjà intimidé, moi, son propre coéquipier! Après un plaqué percutant sur un adversaire, je l'avais félicité, sous le coup de l'émotion, avec une solide tape sur le casque comme les joueurs le font régulièrement. Il s'est retourné vers moi et m'a fixé avec un air sérieux et stoïque en me disant: «Ça, ce n'était vraiment pas nécessaire!» Je n'ai jamais retapé Shea sur le casque.

La saison dernière, il a raté les 12 derniers matchs en raison d'une commotion cérébrale et de malaises persistants. Durant cette période, il lui était interdit de faire de l'activité physique, et Emry a de nouveau plongé dans la dépression. Ne pouvant plus s'entraîner, ce qui de son propre aveu assure son équilibre mental, il s'est isolé de plus en plus. Après quelques mois de déprime, il a repris l'entraînement sans jamais se retourner en arrière. Il s'est entouré encore une fois de gens qui l'aideront à passer à travers cette situation difficile. Il a décidé de solliciter ses neurones et d'exercer ses fonctions cognitives sur une base plus régulière. Il s'inscrit à des cours de français, s'exerce à des jeux de mémoire quotidiennement et commence à lire des livres comme il ne l'avait jamais fait auparavant.

Cette semaine, Shea m'a avoué qu'avoir perdu momentanément ce qui lui était le plus cher lui fait apprécier encore plus chaque moment dans l'uniforme des Alouettes. Et lorsqu'on observe Emry sur le terrain, on le croit. Sur chaque séance de jeu, sa vitesse et son intensité font l'envie de plus d'un joueur. Ses performances l'ont conduit à créer sa propre petite danse de célébration après ses beaux jeux. Il s'agit d'une espèce de saut où il se cogne les talons et donne un coup de poing dans le vide. Il l'explique comme étant un hommage à ses racines irlandaises. Billy Parker s'en moque amicalement en soulignant que cette danse fait mal paraître toute l'équipe! Quant à moi, que ce soit une danse irlandaise ou un pas de deux, je pense plutôt que Shea Emry fait, la plupart du temps, briller l'équipe!

Félicitations mon ami, ce fut un honneur de jouer à tes côtés.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

Les plus populaires : Sports

Tous les plus populaires de la section Sports
sur Lapresse.ca
»

publicité

la boite:1600166:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer