Plus de retours de bottés de reprise dans la NFL?

Blair Walsh des Vikings observe le ballon après... (Photo John Froschauer, archives AP)

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Blair Walsh des Vikings observe le ballon après avoir effectué un botté, le 18 août.

Photo John Froschauer, archives AP

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Brett Martel
Associated Press
NOUVELLE-ORLÉANS

L'entraîneur-chef des Saints de La Nouvelle-Orléans, Sean Payton, prévoit que les retours de bottés de reprise seront plus fréquents dans la Ligue nationale de football (NFL) en 2016, et il n'est pas le seul.

Ce changement de philosophie résulterait de la décision de la NFL d'avancer de cinq verges, jusqu'à la ligne de 25, la remise en jeu après les bottés d'envoi non retournés.

L'objectif de cette nouvelle mesure était d'inciter les spécialistes de ne pas essayer de retourner le ballon. Toutefois, pendant les matchs préparatoires, des équipes ont tenté de botter plus haut et moins loin, de façon à ce que le ballon termine sa trajectoire tout juste devant la ligne des buts.

« En fait, le changement de règlement va avoir l'effet contraire de celui escompté, observe Payton plus tôt pendant le calendrier préparatoire. Nous verrons plus de retours de bottés, parce que la plupart des équipes se croient capables d'arrêter l'adversaire à l'intérieur de 25 verges. »

Payton a largement profité des matchs hors-concours pour tester son hypothèse, et un seul des 15 bottés de reprise des Saints n'a pas été retourné.

« Il y a une différence entre une remise en jeu à la ligne de 25 et à la ligne de 20, soutient-il. Je peux vous garantir que nous ne sommes pas la seule formation à travailler sur cet aspect du jeu. »

Un écart de seulement quelques verges importe aux entraîneurs-chefs de la NFL, qui recherchent le moindre avantage dans une ligue où les matchs se décident souvent durant les derniers moments.

« Donnez le ballon à Aaron Rodgers [le quart des Packers de Green Bay] à la ligne de 25 au lieu du 20, du 19 ou du 18, et je pense que la différence est importante », affirme Mike Priefer, coordonnateur des unités spéciales chez les Vikings du Minnesota.

« De plus, s'il reste 47 secondes à jouer et que vous forcez l'adversaire à retourner le ballon, vous écoulez sept, huit ou neuf secondes au cadran. Ce sont des détails auxquels nous pensons et qui me gardent éveillé toute la nuit. »

En diminuant le nombre de retours de bottés de reprise, les dirigeants de la NFL visent à améliorer l'aspect relié à la sécurité des joueurs. Des études ont démontré que les collisions à haute vitesse lors des bottés de reprise accentuent le risque de blessures, incluant les commotions cérébrales.

Dean Blandino, vice-président de l'arbitrage dans la NFL, a fait remarquer que la décision des autorités de la ligue sera à l'essai pendant une saison, pour l'instant, afin d'en analyser les conséquences.

Selon des statistiques fournies par la NFL, 57,9 % des bottés de reprise ont été retournés pendant les matchs hors-concours de 2016, comparativement à 56,6 % pour la même période en 2015.

De ce nombre, 38,8 % des retours ont eu lieu à la suite de bottés qui n'ont pas atteint la zone des buts, au lieu de 22,1 % l'an dernier. Il s'agit là d'une indication que les botteurs cherchent davantage à faire tomber le ballon entre la ligne des buts et celle de 5 verges.

« Je ne pense pas que ç'a été bien planifié, note le botteur Blair Walsh, des Vikings. Les botteurs vont commencer à faire en sorte que le ballon n'atteigne pas la ligne des buts, ce qui forcera des retours. »

Selon Payton, si la ligue veut accentuer la sécurité, elle peut le faire en empêchant les joueurs de l'équipe qui botte de courir avant que le ballon ne se retrouve dans les airs.

« En d'autres termes, il faut forcer les joueurs à prendre le départ de la ligne de botté d'envoi. C'est simple », a résumé Payton.

Blandino a indiqué qu'il s'agit d'une des solutions à l'étude.

En 2011, la NFL a déplacé les bottés de reprise de la ligne de 30 au 35, rendant la tâche plus facile aux botteurs d'expédier le ballon au-delà de la zone des buts et empêcher les longs retours.

Mais plusieurs botteurs sont maintenant capables de modifier l'arc de leur jambe et, du coup, la trajectoire du ballon dans les airs. Ils comparent cet aspect de leur travail à des bâtons de golf ; un bois-1 pour empêcher tout retour de botté, ou peut-être un fer-7 pour faire en sorte que le ballon aboutisse entre les lignes de deux et de cinq verges.

« Vous pouvez faire tout ce que vous voulez avec un ballon de football », argue Graham Gano, des Panthers de la Caroline.

« Lorsque je suis arrivé dans la ligue, mon instructeur des unités spéciales m'a dit " 'Tu as une jambe puissante, mais tu dois être capable d'ajouter des bâtons dans ton sac "' ».

Tout dépendra de la température, du talent du retourneur, du score et du temps à écouler, note Josh Brown, des Giants de New York.

« Certains matchs, nous devrons botter de toutes nos forces, aussi, et laisser la défensive faire son travail. »

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