La résurrection des Browns

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Travis Benjamin (11) marque le touché qui a donné la victoire aux Browns face aux Titans du Tennessee, le 6 octobre.

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Les partisans des Browns de Cleveland n'ont pas été très gâtés au cours des dernières décennies. Au fait, ce sont assurément eux qui ont le plus souffert dans la NFL.

Des exemples? Il y a eu les trois défaites en finale de conférence aux mains de John Elway et des Broncos de Denver (1986, 1987 et 1989). Deux de ces défaites ont été particulièrement cruelles, à un tel point que ces matchs ont des noms bien à eux: «The Drive» et «The Fumble».

Les Browns ne sont plus jamais venus aussi près d'atteindre le Super Bowl, eux qui n'ont toujours pas participé à la grand-messe du football américain. En théorie, du moins. Les Browns ont gagné le Super Bowl en 2000, mais ils jouaient à Baltimore et s'appelaient les Ravens depuis déjà quatre ans.

Le succès des Ravens était déjà suffisant pour faire rager les partisans des Browns. Mais il y a aussi eu celui de Bill Belichick. Les plus jeunes ne le savent peut-être pas, mais avant de devenir l'un des plus grands entraîneurs de l'histoire avec les Patriots de la Nouvelle-Angleterre, Belichick a dirigé les Browns de 1991 à 1995.

D'ailleurs, l'épisode «Cleveland 95» de l'excellente série A Football Life du NFL Network porte sur Belichick et tous les autres jeunes entraîneurs et dépisteurs qui faisaient partie des Browns à cette époque. Nick Saban, Jim Schwartz et Eric Mangini allaient tous devenir des entraîneurs-chefs dans la NFL, alors qu'Ozzie Newsome, Thomas Dimitroff, Scott Pioli et Mike Tannenbaum sont devenus des directeurs généraux. Ils étaient tous des adjoints de Belichick, en 1995.

Mangini a même été l'un des huit entraîneurs-chefs des Browns depuis leur retour dans la NFL, en 1999. C'est donc dire que l'équipe au casque orange a en moyenne changé de pilote tous les deux ans dans leur deuxième vie. Mais cette fois, elle semble enfin avoir trouvé l'entraîneur qui sera capable de les mener à des temps plus heureux.

La combinaison Pettine-Hoyer

Avant d'être nommé au poste d'entraîneur-chef des Browns, en janvier dernier, Mike Pettine a été le coordonnateur défensif des Jets de New York et des Bills de Buffalo. Et c'est alors qu'il était employé des Bills que Pettine a communiqué avec le quart-arrière actuel des Browns, Brian Hoyer, pour la première fois.

Dans un reportage d'ESPN diffusé il y a quelques semaines, on a appris que Pettine avait envoyé une lettre à Hoyer, en octobre 2013, après que celui-ci eut subi une blessure à un genou qui a mis fin à sa saison contre les Bills. En substance, Pettine disait qu'il était déçu de voir Hoyer se blesser alors qu'il venait enfin d'obtenir sa chance comme quart partant. Pettine s'est également dit impressionné par la qualité du jeu de Hoyer après avoir préparé sa défense à l'affronter. Selon l'entraîneur, Hoyer ne recevait pas la reconnaissance et le mérite qui lui revenaient.

Moins d'un an plus tard, Pettine a prouvé que ce n'était pas que du blabla en nommant Hoyer le quart partant des Browns, alors que la plupart des partisans du club et des médias espéraient voir Johnny Manziel aux commandes de l'attaque. Disons qu'Hoyer le fait plutôt bien paraître jusqu'à présent.

Hoyer complète plus de 60 % de ses passes et totalise 7 touchés contre une seule interception. Il est le grand responsable de la fiche de 3-2 des Browns, qui ont écrasé les Steelers de Pittsburgh, leurs plus grands rivaux, 31-10, dimanche dernier.

Même sans son meilleur joueur, le receveur Josh Gordon, l'attaque des Browns réussit à marquer assez de points pour gagner toutes les semaines depuis le début de la saison. Elle en a inscrit 134 en cinq rencontres, une moyenne de presque 27 points par match.

Les séries dès cette année?

Depuis leur retour dans la NFL, les Browns n'ont accédé aux séries qu'à une seule reprise et c'était il y a 12 ans. La dernière fois que Cleveland a pu célébrer une victoire de son équipe en janvier, c'était il y a près de 20 ans.

Pettine et les Browns seront-ils en mesure de poursuivre leur étonnante saison? Peuvent-ils se faufiler en séries dès cette année?

Bien que ce ne soit pas irréaliste comme objectif, ce serait peut-être en demander un peu trop. La suspension de Gordon, qui a été réduite d'une saison complète à 10 matchs, ne prendra fin qu'après la visite des Texans de Houston, le 16 novembre, et les Browns ont perdu un morceau important avec la blessure du centre Alex Mack, la semaine dernière.

Cela étant dit, les Browns n'ont pas été aussi talentueux depuis la fin du règne de Belichick. Ils ont de bons porteurs de ballon (Ben Tate, Terrance West et Isaiah Crowell), une ligne offensive construite autour des piliers Joe Thomas et Mack, et l'un des meilleurs ailiers rapprochés de la ligue en Jordan Cameron. Ajoutez Gordon et Hoyer, et l'attaque des Browns est une unité soudainement très intéressante.

Il y a encore du travail à faire de l'autre côté du ballon, mais la tertiaire possède de bons joueurs en Joe Haden, Donte Whitner, Buster Skrine, Tashaun Gipson et la recrue Justin Gilbert. Barkevious Mingo, Paul Kruger et Jabaal Sheard forment un trio de chasseurs de quart fort respectable, alors la défense devrait continuer de progresser sous les ordres de Pettine.

Et lorsque Hoyer aura démontré qu'il n'est pas un feu de paille, les Browns pourront même échanger Manziel afin d'améliorer leur équipe encore un peu plus.

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