Toujours le même Peyton Manning

À 37 ans et après une blessure et... (Photo Charlie Riedel, AP)

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À 37 ans et après une blessure et une intervention chirurgicale au cou qui lui ont fait rater une saison complète, Peyton Manning a établi deux records de la NFL cette saison.

Photo Charlie Riedel, AP

(Denver) Peyton Manning a quitté le terrain d'entraînement avec ses coéquipiers, et il s'est amené lentement vers la meute de journalistes. Même visage, même pas décidé, même vivacité d'esprit qu'à ses jours chez les Colts d'Indianapolis. On dirait presque le Peyton de jadis. «Je m'amuse encore», a-t-il commencé par expliquer devant les caméras.

La dernière fois que je l'ai vu, Peyton Manning était le quart vedette des Colts. C'était en Floride, à l'hiver 2010, et il se préparait à prendre part à son deuxième Super Bowl. Il était au sommet de sa profession, et il venait tout juste de s'offrir une saison de 4700 verges de gains par la passe, un sommet pour lui à ce moment précis.

Au premier coup d'oeil, le Manning que l'on peut maintenant voir à Denver est le même. Le maillot a changé, bien sûr, mais les expressions faciales sont les mêmes. Cette gestuelle est la même. Cette franchise est la même, comme cette façon de dodeliner la tête à la moindre réponse.

«Si tu n'aimes plus ce que tu fais, c'est probablement le temps d'aller faire autre chose, a-t-il tenu à rappeler. C'est le plus grand défi quand on vieillit dans cette ligue. Tout le monde aime prendre part à des matchs, mais j'ai entendu parler de joueurs plus vieux qui n'aiment plus la préparation, le temps qu'on doit y mettre. Ces gars-là n'aiment plus toutes les rencontres, la saison morte. Moi, j'aime encore tout ça. Je suis ici avec un nouveau système offensif, de nouveaux coéquipiers... ça me stimule.»

Peyton Manning a maintenant 37 ans. Une victoire de plus et il participera à un autre Super Bowl. Tout ce qu'il doit faire, c'est mener ses Broncos à une victoire sur les Patriots de la Nouvelle-Angleterre, dimanche à Denver, lors de la finale de l'association Américaine.

Par ici, la ville est Manning. Il y a des maillots 18 un peu partout, et pourquoi pas? Malgré tout le respect que nous vouons à Patrick Roy, le roi de Denver, c'est Manning. Après tout, il vient à peine de conclure une saison magique de 5477 verges de gains par la passe. Un sommet pour lui, mais aussi un nouveau record sur la planète NFL.

J'ai demandé à John Fox, l'entraîneur des Broncos, s'il croyait que son quart allait pouvoir faire ça pendant encore longtemps. «Je dirais que son calibre de jeu est assez élevé présentement!», a répondu le coach en éclatant de rire.

On peut en rire aujourd'hui. Mais c'était un peu moins drôle il y a trois ans.

* * *

Il y a trois ans, Manning était dans une chambre d'hôpital à Chicago, après une opération pour une hernie discale. Il a déjà raconté combien il ne pouvait plus sentir son bras droit, ce même bras qui lui avait permis de lancer 49 passes de touché en 2004, un record de la NFL à ce moment-là.

En tout, Manning a dû subir trois opérations au cou. En 2012, les Colts ont choisi de le mettre à la porte, et les rumeurs de retraite ont commencé à circuler. On chuchotait qu'il n'était même plus capable de tenir un ballon, que ses passes tentées dans la cour familiale chutaient faiblement tel un canard avec du plomb dans l'aile.

Mais le vieux quart avec des pièces de métal dans le cou vient de connaître ses meilleurs moments. En plus des 5477 verges, il a ajouté 55 passes de touché en 2013, un autre record au football américain. Le magazine Sports Illustrated l'a sacré Sportif de l'année.

Pas si mal pour un type qui doit se débrouiller avec des vis dans le cou.

«Depuis le début de la saison dernière, je ne me suis jamais attardé à penser au futur, a-t-il expliqué hier. Quand on doit surmonter une blessure aussi importante, quand on vit des changements dans sa carrière, on n'avance vraiment qu'une seule année à la fois. On ne pense pas au futur parce qu'on n'est pas certain de ce qui va se passer. Personne ne peut rien nous promettre pour demain.»

Alors non, Peyton Manning n'a pas trop changé, mis à part cette cicatrice dans la nuque qui nous rappelle le long parcours qu'il a dû emprunter avant d'arriver ici il y a deux ans. Dans le vestiaire des Broncos, en grosses lettres, une phrase vient un peu tout résumer: «C'est mieux de bien faire que de bien dire.»

Cette saison, à n'en point douter, le vieux Manning a bien fait. Et plus personne ne lui parle de retraite.

«Au point où j'en suis dans ma carrière, c'est plus facile de me concentrer seulement sur le présent, a-t-il conclu. Pour moi, c'est la bonne façon de voir les choses...»




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