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Les baseballeurs cubains plus nombreux à tenter l'aventure américaine

Il y avait 74 Cubains dans le baseball... (Photo Koji Sasahara, archives AP)

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Il y avait 74 Cubains dans le baseball professionnel lors de la première journée d'activités du Baseball majeur, 11 de plus qu'à pareille date l'an dernier.

Photo Koji Sasahara, archives AP

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Ricardo Zuniga
Associated Press
Scottsdale, Arizona

Yasmany Tomas a pris ses derniers élans, a ramassé ses bâtons et s'est dirigé vers le vestiaire après l'entraînement. En route, une dizaine de partisans l'attendaient, lui tendant balles et gants dans l'espoir d'obtenir son autographe ou de prendre une photo avec lui.

Soudainement mal à l'aise devant la petite commotion que sa présence causait, Tomas s'est mis à la recherche de son interprète. Quand il a réalisé que son compatriote n'était pas dans les parages au complexe d'entraînement des Diamondbacks de l'Arizona, il s'est dirigé seul vers le groupe. Il a pris la balle d'une jeune fille, l'a signée et la lui a remise, avant de s'éclipser.

«Gracias», lui a-t-elle dit.

Pour Tomas et des dizaines d'autres Cubains qui arrivent dans les Majeures, même les moments les plus anodins peuvent constituer de difficiles périodes d'ajustement. Apprendre l'anglais. Trouver son chemin dans un nouveau pays. Gérer la pression du sport professionnel et celle d'être séparé de sa famille pour la première fois.

Tomas a fait l'un des trois choix qui s'offrent aux baseballeurs cubains: demeurer à Cuba et espérer toucher au mieux l'équivalent de 2500 $ US par mois si vous êtes un joueur étoile; jouer dans un autre pays comme le Japon avec l'assentiment du gouvernement et espérer toucher environ 1 million $; ou abandonner votre famille et votre vie à Cuba dans l'espoir de toucher le gros lot dans le Baseball majeur, où le salaire moyen est de 4 millions $.

Depuis que les États-Unis et Cuba se sont rapprochés sur le plan diplomatique, les joueurs et leur famille naviguent maintenant au travers ces choix dans des eaux politiques encore inexplorées.

L'optimisme dans les deux pays et la demande de la part des formations américaines augmentent malgré le contexte politique difficile. Les deux gouvernements ont procédé à quelques changements qui pourraient avoir d'important effets sur les joueurs, leurs familles et le sport. Le Baseball majeur se montre prudent, ne voulant rien brusquer dans ce dossier.

Il y avait 74 Cubains dans le baseball professionnel lors de la première journée d'activités du Baseball majeur, 11 de plus qu'à pareille date l'an dernier et plus du double que les 29 répertoriés en 2008.

Les joueurs cubains parlent maintenant ouvertement de l'aventure américaine, ce qui était autrefois passible de réprimandes de la part du gouvernement. Un gouvernement qui a récemment fait preuve d'ouverture, laissant des joueurs évoluer librement dans d'autres pays.

«C'est certain que je voudrais jouer là où on pratique le meilleur baseball, a déclaré Yulieski Gourriel, joueur d'avant-champ vedette de l'équipe nationale cubaine, pendant la Série mondiale des Caraïbes, en février dernier. On voudra toujours le faire.»

Gourriel a touché 1 million $ au Japon la saison passée, avant de retourner jouer pour l'une des deux équipes professionnelles de La Havane. Après avoir payé ses impôts au Japon et donné 10% à la fédération cubaine (qui lui a servi d'agent), il a rapporté suffisamment d'argent pour être riche dans ce pays toujours communiste.

Quitter son pays n'est plus aussi dramatique que cela l'a déjà été. La jeune sensation Yoan Moncada, qui a obtenu un boni de signature record de 31,5 millions $ de la part des Red Sox de Boston en mars, a quitté Cuba l'an dernier grâce à une loi promulguée en 2013 qui permet aux citoyens de voyager à l'étranger sans visa de sortie. Pas de traversée de nuit à bord d'une vedette rapide en route vers le Mexique, pas de passeurs douteux. Il a demandé et obtenu sa libération, s'est établi au Guatemala, avant de s'entraîner devant des dépisteurs des Majeures.

Les joueurs libérés par la fédération peuvent voyager légalement, a déclaré Antonio Diaz, un de ses porte-parole. Moncada a été libéré «parce qu'il n'intéressait pas l'équipe nationale», a-t-il précisé.

Mais pour respecter l'embargo américain, ceux qui veulent jouer aux États-Unis doivent signer un document dans lequel ils promettent de ne pas retourner à Cuba. Les contacts avec la famille deviennent alors difficiles. Les lois cubaines permettent aux transfuges de revisiter l'île après huit ans d'exil, mais l'immigration américaine et les règles touristiques n'ont pas changé.

Les clubs ne craignent pas d'allonger d'importantes sommes pour signer les prochaines vedettes du Baseball majeur comme Yasiel Puig ou Jose Abreu. Les Red Sox ont offert 72,5 millions $ sur sept ans à Rusney Castillo et Tomas a signé pour six saisons et 68,5 millions $ avec les D'backs.

«Ils ont prouvé qu'ils sont prêts à jouer presque immédiatement dans les Majeures», a déclaré l'ex-Expos Junior Noboa, maintenant vice-président pour l'Amérique latine chez les Diamondbacks.

Mais de signer un premier contrat après avoir quitté Cuba n'est que la première de plusieurs étapes pour les joueurs et leur famille.

«Ils doivent repartir à zéro et ne savent pas à quoi s'attendre, a déclaré Ariel Pietro, un ex-lanceur des A's d'Oakland embauché pour servir de mentor à Tomas. Ils savent jouer au baseball, mais ils ne connaissent pas les mentalités différentes des équipes américaines.»

Tomas a refusé des offres d'équipes japonaises et a laissé derrière lui sa famille immédiate, dont sa petite fille alors âgée de huit mois pour améliorer leur sort. Il s'évertue à apprendre sa nouvelle vie; signer des autographes, comprendre l'impôt américain et les règles de circulation.

Mais dès qu'il quitte le terrain, ses pensées se tournent immédiatement vers La Havane, où un écran plat et un nouveau réfrigérateur chinois sont quelques-uns des avantages que sa nouvelle richesse procure à sa famille.

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