Un entraîneur du club CAMO contraint de quitter le pays

L'entraîneur Argenis Alvarez risque de devoir retourner en... (Photo Olivier Pontbriand, La Presse)

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L'entraîneur Argenis Alvarez risque de devoir retourner en République dominicaine.

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Si rien ne bouge sur le front d'Immigration Canada d'ici le 3 décembre, le club de plongeon CAMO devra se passer de l'un des entraîneurs les plus qualifiés et prometteurs au Canada. À cette date, Argenis Alvarez, qui travaille au club depuis 2015, risque de devoir retourner en République dominicaine malgré les efforts déployés par la direction du club.

«Après trois ans, je me sens vraiment établi au Québec avec les études, le sport, le plongeon. J'ai tout fait mes affaires de la bonne façon pour respecter la loi d'immigration, raconte Alvarez, très affecté par la situation. Après, on attend, on ne reçoit pas de réponse. C'est très difficile de continuer et de rester motivé dans ces conditions. Je n'arrive plus à plonger, j'ai beaucoup de préoccupations avec cette situation.»

Alvarez n'est pas isolé dans cette course contre le temps, qui a réellement débuté lorsque son parrain s'est retiré du processus de parrainage. Sans succès, il a d'abord tenté d'obtenir le rétablissement de son statut. Il a ensuite présenté une demande pour des motifs humanitaires qui a été logiquement refusée. Lorsque une lettre lui demandant de quitter le pays dans les 90 jours a atterri entre ses mains, son employeur est passé à l'action.

Argenis Alvarez s'occupe encore des athlètes du club... (Photo Olivier PontBriand, La Presse) - image 2.0

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Argenis Alvarez s'occupe encore des athlètes du club CAMO à titre de bénévole.

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Le club CAMO, par l'entremise de son président Martin Pelletier, a fait une demande de permis avec dispense de l'étude d'impact sur le marché du travail. Une offre de contrat de trois ans est sur la table.

«Quand on commence le processus le 5 septembre, on se dit que, dans deux semaines, c'est fini. On est une équipe professionnelle avec un athlète professionnel et on pense que ça sera vite réglé, lance le président du club, rencontré au Complexe sportif Claude-Robillard. Mais ça s'est mis à perdurer et perdurer. J'ai envoyé des requêtes téléphoniques et des courriers électroniques, mais le chemin pour se rendre est impossible.»

Joint par La Presse il y a quelques jours, un agent d'Immigration Canada a précisé que les délais de traitement pour ce type de permis s'établissaient à 118 jours. Au moment d'écrire ces lignes, hier, Immigration Canada n'avait cependant pas rappelé La Presse pour discuter spécifiquement du cas d'Alvarez.

Denrée rare

Âgé de 25 ans, Alvarez a disputé un nombre incalculable de compétitions internationales, dont deux championnats du monde en 2009 et 2013. Son expérience, sa capacité à s'exprimer en plusieurs langues et ses certifications - entraîneur de niveau compétition-introduction - font de lui une denrée rare dans le milieu du plongeon canadien. Pelletier le qualifie même d'employé modèle. 

«Des entraîneurs comme lui, ça ne pleut pas. Ils sont 23 au Canada et il est le seul qui connaît l'aspect international. C'est ça qu'on ne comprend pas face à la lourdeur [administrative]. J'ai un employé qui est certifié, qualifié, bon et qui a un travail qui l'attend.»

Depuis le 5 septembre, date de la cessation de son emploi, Alvarez n'a pas pu se résoudre à abandonner ses athlètes. Il s'en occupe encore à titre de bénévole en attendant que la situation évolue. «C'est difficile de ne plus travailler après avoir occupé cet emploi pendant deux ans. C'est comme si j'étais arrivé hier et que j'étais encore un touriste. C'est difficile d'arrêter de travailler quand tu n'as pas de famille [pour t'aider]», regrette le Dominicain.

Si son départ venait à se confirmer, ce serait une lourde perte pour le plus gros club de plongeon au Canada. «Argenis fait partie des entraîneurs qui représentent la relève. Ce sont nos jeunes qui, plus tard, vont prendre la relève de notre club. Pour arriver au haut niveau, il faut des personnages importants comme lui pour faire évoluer les enfants», conclut Pelletier.




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