Alcool et dépression: les confidences de Michael Phelps

À la suite de son arrestation pour conduite... (Photo Frederic J. Brown, archives AFP)

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À la suite de son arrestation pour conduite en état d'ébriété en septembre 2014, Michael Phelps est resté cloîtré chez lui pendant cinq jours, la plupart du temps en pleurs et prostré sur lui-même.

Photo Frederic J. Brown, archives AFP

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Jérôme Rasetti
Agence France-Presse
Los Angeles

Avant de redevenir, espère-t-il, la terreur des bassins et l'un des favoris des Jeux olympiques de 2016 de Rio, l'ogre de la natation Michael Phelps a traversé à la fin de 2014 la période la plus sombre de sa vie, a-t-il confié au magazine Sports Illustrated.

À lire ses confidences publiées mardi sur le site internet du prestigieux hebdomadaire américain à paraître lundi, le 29 septembre 2014 est peut-être la date la plus importante dans la carrière de Phelps, le nageur aux 18 titres olympiques.

Elle ne correspond pourtant pas à une compétition, mais à son arrestation pour conduite en état d'ébriété après une soirée arrosée dans un casino de Baltimore.

À la suite de cette arrestation - la deuxième pour des faits similaires avec celle à 19 ans en 2004 après les Jeux d'Athènes - l'athlète le plus titré de l'histoire olympique est resté cloîtré chez lui pendant cinq jours, la plupart du temps en pleurs et prostré sur lui-même.

«J'étais dans un endroit particulièrement sombre, je ne voulais même plus vivre», explique-t-il à Sports Illustrated.

Quelques mois plus tôt, Phelps, alors âgé de 29 ans, avait décidé de reprendre, à la surprise générale, sa glorieuse carrière qu'il avait stoppée après les Jeux de Londres où il avait porté son palmarès olympique à 22 médailles.

«La plus grande peur de ma vie»

Ses premières apparitions en compétition sont encourageantes, mais Phelps qui a replongé dans les bassins sous la direction de Bob Bowman, son entraîneur de toujours, conserve son mode de vie de «retraité»: sorties, alcool et jeux d'argent qui ne font pas bon ménage avec la vie d'athlète de haut niveau.

L'arrestation pour conduite en état d'ébriété est un électrochoc pour sa famille, son omniprésente mère Debbie en tête, et ses proches: «Qu'est ce que tu fous de ta vie?», lui lance l'ancien joueur de football Ray Lewis, l'un de ses meilleurs amis.

Poussé par son clan, Phelps décide de suivre un traitement pour soigner ses problèmes d'alcoolisme dans une clinique privée en Arizona.

«C'est sans doute le moment où j'ai ressenti la plus grande peur de ma vie», admet le nageur aux 26 titres mondiaux et 36 records du monde.

Durant son séjour, il apprend que la Fédération américaine le prive, en plus de sa suspension de six mois, des Championnats du monde de 2015, qui devaient être son premier grand rendez-vous sur la route de Rio.

Réconciliation avec son père

Après 50 jours dans cette clinique, Phelps est transformé: il a fait une croix sur l'alcool - pas la moindre goutte d'ici Rio -, il s'est réconcilié avec son père, Fred, qui a quitté sa mère lorsqu'il était enfant («Je me suis senti abandonné»), et il a surtout fait la paix avec lui-même.

«J'ai découvert beaucoup de choses sur moi-même que je savais déjà mais que je ne voulais pas gérer, en particulier le fait que je me voyais constamment comme un athlète et jamais comme un être humain», explique-t-il.

Depuis son séjour dans cette clinique Phelps continue de consulter et participe à des réunions des Alcooliques anonymes. Mais il est un homme apaisé qui épousera l'été prochain, après plusieurs ruptures, la Miss Californie 2010 Nicole Johnson.

Dans les bassins, il a retrouvé la motivation: alors que se déroulaient sans lui les Mondiaux de 2015 à Kazan (Russie), il participait aux Championnats des États-Unis où il signait trois meilleures performances mondiales de l'année (200 m 4 nages, 200 m papillon et 100 m papillon). Il signalait ainsi aux champions du monde de 2015 tout frais sacrés qu'il faudrait compter sur lui à Rio.

«S'il continue à s'entraîner comme cela jusqu'en août, il sera au top, il nagera des chronos proches de ses temps en combinaison», prévient même Bowman en référence aux combinaisons de nage désormais interdites qui amélioraient la flottaison et donc les performances.

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