Écrasement en Argentine: Camille Muffat, la discrète

Camille Muffat a remporté tois médailes aux JO... (PHOTO AFP)

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Camille Muffat a remporté tois médailes aux JO de Londres, en 2012.

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Sabine COLPART
Agence France-Presse
Paris

Longue chevelure blonde, physique d'amazone et tempérament discret, Camille Muffat, décédée lundi à 25 ans dans un accident d'hélicoptère en Argentine, a été l'une des plus grandes championnes de l'histoire de la natation française, couronnée par l'or olympique en 2012.

«Je suis très timide, je n'ai jamais aimé être mise en avant», avait-elle confié à l'AFP en 2012 avant les JO de Londres.

Cette championne discrète avait pourtant créé la stupéfaction en juin 2014, en annonçant sa retraite sportive à l'âge de 24 ans seulement, lassée par les longues heures d'entraînement dans les bassins.

Et c'est aussi un coup d'éclat tonitruant qui l'avait révélée. Spécialiste du 4 nages à ses débuts, elle frappe un grand coup en 2005, alors qu'elle n'a que 15 ans en battant la star incontestée des Bleus, Laure Manaudou. Une aubaine qui deviendra un fardeau pendant deux ans.

«Je n'étais pas du tout prête à ça. Du fait que c'était Laure, tous les médias se sont emballés. C'était difficile d'être comparée tout le temps à elle. On la montait contre moi, j'avais trois ans de moins, je me disais qu'un jour elle allait m'insulter!», s'était-elle souvenue en 2012.

En 2010, Camille Muffat fait le choix de se mettre au crawl et là tout s'emballe. En 2012, aux jeux Olympiques de Londres, elle remporte le 400 m libre, l'argent sur 200 m libre et le bronze sur le relais 4x200 m libre.

Les médailles affluent, la confiance grandit mais le tempérament reste le même. Cette timide s'amusait d'ailleurs de l'image froide qu'elle renvoyait.

«C'est vrai que je peux faire peur. C'est ce qu'on me dit, ce n'est pas ce que je veux: le fait de ne pas être forcément démonstrative, être assez fermée et paraître froide quand je suis concentrée... Et d'être aussi un peu imposante. Mais j'en joue parfois aussi!», assurait-elle.

«Une vie normale» 

Quand on lui demandait à quoi ressemblait sa vie, elle répondait: «Rien de bien intéressant».

«J'ai une vie bien plus normale que la plupart des gens, glissait-elle dans un sourire. Je suis très gamine, j'adore mon chat, j'en suis gaga. Le week-end, j'aime faire les magasins, aller au resto avec mon copain, aller voir mes parents le dimanche, voir mon frère et ma soeur, mes grands-parents... Et j'aime faire des puzzles. Ouais et alors?»

Son histoire avec la natation a commencé à Nice. C'est là que Camille Muffat est née, a grandi et a découvert la natation à l'âge de 7 ans. Durant toute sa carrière, elle n'a jamais quitté l'Olympique Nice Natation et celui qui l'a prise sous sa coupe alors qu'elle avait 15 ans, Fabrice Pellerin. Elle avait cependant avoué l'an passé qu'un différend avec Pellerin avait été l'un des éléments déclencheurs de sa retraite.

Au plus haut niveau, sa taille (1,83 m) a été un atout. Elle n'a pourtant pas été facile à assumer à l'adolescence. «Ce n'est pas facile d'être grande quand tu es au collège, que tu fais deux têtes de plus que tout le monde», avait-elle raconté à l'AFP.

Après sa retraite, elle avait dit vouloir profiter de sa vie de couple avec son compagnon, un ancien nageur passé au golf.

Egérie d'un grand coiffeur, Camille Muffat n'avait pas envisagé sa reconversion mais ne cela ne la souciait guère: «Je ne sais pas ce que je veux faire mais je pense pouvoir me débrouiller après pour faire quelque chose qui me plaît.»

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