Charle Cournoyer: les yeux tournés vers 2018

Charle Cournoyer ne s'est pas mesuré à ses... (Photo Robert Skinner, archives La Presse)

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Charle Cournoyer ne s'est pas mesuré à ses compatriotes depuis les sélections olympiques de l'été 2013. Il participera aux Championnats canadiens en fin de semaine à l'aréna Maurice-Richard.

Photo Robert Skinner, archives La Presse

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En août 2013, Charle Cournoyer a réalisé une forme d'exploit en se classant dans l'équipe olympique canadienne de patinage de vitesse courte piste. Seule recrue d'un groupe masculin particulièrement aguerri, il a confirmé son talent quelques mois plus tard à Sotchi en enlevant l'une des deux seules médailles individuelles, le bronze au 500 mètres.

Évoluant dans l'ombre du triple champion olympique Charles Hamelin, Cournoyer n'est pas devenu une vedette instantanée. Il arrive parfois que quelqu'un pense l'avoir déjà rencontré, sans plus.

Le médaillé olympique partage son temps entre l'aréna, la résidence familiale de Boucherville et les bancs d'école de l'Université du Québec à Montréal, où il poursuit un baccalauréat en informatique et génie logiciel. «J'avouerai qu'à l'école, je suis le dernier dans la classe et le premier parti», s'amuse l'athlète de 23 ans, qui apprécie cet anonymat relatif.

Inscrit à quatre cours pour la session d'hiver, il veut s'avancer le plus possible en prévision des trois prochaines années, qui s'annoncent chargées. Ses pensées sont déjà tournées vers les JO de Pyeongchang de 2018, où il souhaite arriver avec un meilleur bagage et plus d'assurance qu'en Russie. Les Championnats canadiens seniors, présentés aujourd'hui jusqu'à dimanche à l'aréna Maurice-Richard de Montréal, représentent une première étape en ce sens.

«Je vois la compétition de cette fin de semaine comme une autre préparation pour les Olympiques dans trois ans, avance-t-il. Je veux être prêt pour vrai cette fois-ci.»

Redoutant l'émergence de plusieurs jeunes et respectant le calibre des vétérans toujours en lice, Cournoyer s'attend à devoir batailler ferme pour décrocher sa sélection pour les deux dernières Coupes du monde de la saison et, surtout, les Championnats du monde de Moscou (13-15 mars).

«Les jeunes ont vraiment beaucoup progressé cet été et sont excessivement forts en ce moment, juge-t-il. Le niveau de compétition est très élevé encore.»

Cournoyer ne s'est pas mesuré à ses compatriotes depuis les sélections olympiques de l'été 2013, où il avait pris le troisième rang du classement général derrière Hamelin et Olivier Jean. Au lendemain des derniers Mondiaux de Montréal, en mars, il a en effet été opéré à une épaule pour régler un problème récurrent de luxations. Quatre mois plus tard, l'autre épaule y est passée, si bien qu'il a été dispensé des sélections automnales.

De retour sur la glace en septembre, il préparait sa participation aux Coupes du monde de Salt Lake City et de Montréal quand une nouvelle tuile lui est tombée dessus: fracture du cinquième métatarse du pied droit. Comment a-t-il fait son compte? «En m'échauffant, mais en faisant des niaiseries sûrement aussi, je vais l'avouer!» lâche-t-il en riant.

Cet accident a retardé sa remise en forme d'un autre trois semaines. Souhaitant le replonger dans le bain de la compétition pour la première fois en huit mois, les entraîneurs l'ont néanmoins invité à prendre part aux dernières Coupes du monde en Asie. À Shanghai, il s'est arrêté en quarts de finale aux deux 500 m. À Séoul, il a atteint les demi-finales sur 1500 m et la finale sur 3000 m (6e).

«Ce sont d'excellents résultats pour la forme que j'avais», fait valoir Cournoyer, estimant qu'il patinait alors à «70%» de ses capacités. «Mais c'était surtout dû à mon expérience et à la manière dont je courais. J'ai bien couru et c'était le côté positif de mes Coupes du monde.»

Depuis son retour, avant Noël, il a enfin pu reprendre l'entraînement à plein régime. À l'aube des Championnats canadiens, il sent poindre sa condition physique maximale. Pour l'entraîneur-chef de l'équipe masculine, le défi de Cournoyer sera avant tout stratégique. «Dans le passé, il a toujours démontré qu'il savait se démarquer dans les courses importantes, souligne Derrick Campbell. Avec la profondeur du plateau, il devra être fort tactiquement.»

Même Hamelin, dont Cournoyer admire la constance sur toutes les distances, ne prend pas cette compétition à la légère. Le vétéran pense néanmoins que son jeune coéquipier est prêt à relever le défi. «Charle a vraiment fait de la bonne job pour réussir à se mettre dans la forme qui va lui permettre de se classer pour le Mondial.» Une phrase à se repasser si jamais Cournoyer sent le doute l'assaillir.

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Les Nationaux avant les Mondiaux

Les Championnats canadiens seniors regroupent les 48 meilleurs patineurs au pays. Les quatre premiers au classement cumulatif, chez les femmes et chez les hommes, seront sélectionnés pour les Coupes du monde de Dresde et d'Erzurum (Turquie) et les Mondiaux de Moscou. Les entraîneurs et le comité haute performance choisiront un cinquième athlète qui devra avoir terminé entre les 5e et 12e rangs. L'entrée à l'aréna Maurice-Richard est de 5$ par jour ou de 10$ pour la fin de semaine.

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Horaire

> Aujourd'hui, de 18h25 à 20h37: 1500 m

> Demain, de 14h40 à 17h15: 500 m

> Dimanche, de 11h10 à 16h06: 1000 m, 3000 m et relais

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