La confirmation de Valérie Maltais

Valérie Maltais  a mis la main sur des... (Photo Paul Chiasson, PC)

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Valérie Maltais  a mis la main sur des médailles de bronze au 1000 mètres et au classement cumulatif féminin, dimanche, avant d'aider l'équipe canadienne de relais à remporter la médaille d'argent.

Photo Paul Chiasson, PC

Valérie Maltais se demandait si elle porterait des talons hauts au banquet clôturant les Mondiaux de Montréal, dimanche soir. Pas parce que les trois médailles qu'elle venait de remporter étaient trop lourdes. À peine plus grosses qu'un huard, la pièce d'argent et les deux de bronze étaient même plutôt modestes. Ce sont les efforts déployés pour les remporter qui ont sapé les forces de la patineuse de 23 ans.

«En ce moment, j'ai mal aux pattes, mettons!», a dit Maltais, large sourire aux lèvres, au terme d'une dernière journée de compétition exténuante, où elle a démontré pourquoi il fallait la considérer comme la figure de proue de l'équipe canadienne féminine de patinage de vitesse courte piste.

Septième du classement cumulatif en matinée, Maltais a démontré une résistance à toute épreuve et un rare aplomb quand la situation se corsait pour remonter jusqu'au troisième rang à l'issue de la superfinale de 3000 m. Elle a ensuite joué un rôle plus important que prévu dans le relais pour permettre au Canada de gagner l'argent après une disqualification, comme aux derniers Jeux olympiques de Sotchi.

«Je suis très contente de la façon dont j'ai gardé ma concentration tout au long des trois journées de compétition», a relevé l'athlète originaire de La Baie, au Saguenay. «Même si j'ai fini quatrième (au 1500 m) ou neuvième au 500 m, c'est la constance qui paye aux Championnats du monde.»

Maltais l'avait déjà prouvé aux Mondiaux 2012, alors qu'elle était remontée de la 13e à la 2e place du classement général grâce à une journée ultime faste, couronnée par une victoire au 3000 m. Après une première expérience olympique douloureuse à Vancouver, où elle a été ignorée pour le relais, Maltais avait l'occasion d'éclore à Sotchi. Sa chute dans le dernier virage en demi-finale du 1000 m, après qu'elle eut établi une nouvelle marque olympique sur la distance, est cependant ce qui a marqué les esprits. La principale intéressée avait plutôt retenu sa constance - 9e au 500, 6e au 1000 et 6e au 1500 m - au fil d'une compétition dont elle est «fière».

Deux courses difficiles

Dimanche, elle s'est brillamment battue en demi-finale du 1000 m pour contourner le blocus établi par deux adversaires coréennes. «Je suis vraiment contente de cette course-là. C'était relevé et je suis passée à travers.» Même chose en finale, où son dépassement contre la Britannique Elise Christie lui a permis de filer vers le bronze, sa première médaille individuelle à des Mondiaux.

Au 3000 m, elle s'est défaite de Christie dès le début de la course pour assurer sa troisième place au classement cumulatif. Elle a quitté la glace exténuée, ne profitant que d'une quarantaine de minutes pour retrouver son souffle en vue du relais 3000 m. Pour ajouter à sa peine, il a fallu qu'elle effectue quelques tours supplémentaires, dont les trois derniers, ce qui n'était pas prévu au programme, en raison de la chute de sa coéquipière Jessica Hewitt au premier échange.

Maltais, Hewitt, Marianne St-Gelais, Jessica Gregg et Marie-Ève Drolet, qui a patiné en demi-finale, ont profité de la disqualification des Coréennes pour gagner l'argent derrière les Chinoises. Les Italiennes de l'entraîneur québécois Éric Bédard ont obtenu le bronze.

Maltais a offert cette réponse à un collègue qui lui demandait si elle était dorénavant la véritable meneuse de l'équipe canadienne: «C'est dur de s'attribuer des titres, mais chaque jour à l'entraînement, je me concentre, je me satisfais rarement de ce que je fais sur la glace. Je veux toujours plus tant que je ne suis pas la première.»

Ce deuxième cycle olympique terminé, elle envisage les quatre prochaines années avec confiance. Dans sa ligne de mire: un titre olympique et mondial. À en juger par sa progression et son comportement aux Mondiaux de Montréal, elle a les moyens de ses ambitions.

Hamelin devancé par le Russe An au cumulatif

Charles Hamelin avait eu le meilleur sur Victor An au cours des deux premières journées de compétition aux Championnats du monde de patinage de vitesse courte piste. Mais le Russe avait gardé le meilleur pour la fin, dimanche, en enlevant les honneurs du 1000 mètres et en coiffant Hamelin pour l'obtention du titre de champion du monde.

La disqualification de Hamelin en demi-finales du 1000 mètres a porté un dur coup en ses chances de remporter un premier titre de champion mondial, toutes distances confondues. Le Russe An a saisi l'occasion pour rafler la médaille d'or de la distance, et devancer Hamelin de trois points au cumulatif masculin.

«C'est au 1000 mètres que ça s'est joué, a-t-il avoué, visiblement déçu. Même si je n'avais pas été disqualifié, je n'aurais pas passé en finale parce que j'avais fini troisième. Je n'ai pas fait une très bonne course.»

La lutte a connu son dénouement au cours de la super finale de 3000 mètres - une ultime épreuve hautement stratégique sans médaille à l'enjeu regroupant les huit meilleurs patineurs au classement. Au sprint final, Hamelin n'a pas rattrapé An, étant même victime d'une chute dans le dernier virage. Il a dû se contenter de la huitième et dernière position de la course, et de la médaille de bronze au cumulatif. Pour An, c'est un sixième couronnement en carrière. L'Américain J.R. Celski a raflé la médaille d'argent.

«J'y allais pour la ligne (d'arrivée), a affirmé Hamelin. C'est malheureux que j'aie heurté deux blocs dans le dernier virage. Je n'ai pas pu m'essayer. Ce sera pour la prochaine fois.»

Quand on lui a demandé si le meilleur l'avait emporté, il a tranché laconiquement: «C'est le plus fort. Il a gagné.»

La «locomotive de Sainte-Julie» avait amorcé la journée en tête du classement cumulatif, en vertu de la médaille d'or remportée au 1500 mètres et de celle de bronze acquise au 500 mètres.

Cinquième au classement avant dimanche, An avait auparavant remporté la médaille d'or au 1000 mètres de façon spectaculaire, en 1:25,446. Le Néerlandais Sjinkie Knegt et le Coréen Park Se Yeong avaient pris les deuxième et troisième positions, dans l'ordre.

Hamelin a été écarté de la finale après avoir été pénalisé pour obstruction en demi-finales. On a jugé qu'il avait provoqué la chute du Chinois Jingnan Shi, au moment où il était en tête de la course. Le Chinois s'est retrouvé dans le décor, emmenant avec lui l'Américain Chris Creveling.

«Il n'y a pas eu de contact entre lui et moi, a expliqué Hamelin, mais c'est à la discrétion de l'arbitre dans ce temps-là. Je me suis retrouvé dans la position où on pouvait me pénaliser. J'ai trop tenté de rester à l'intérieur dans la lutte qu'on se livrait. J'aurais dû plutôt aller vers l'extérieur.»

Les deux autres Canadiens en lice au 1000 mètres, Charle Cournoyer et Olivier Jean, ont été éliminés en quarts de finale.

Au cumulatif, le jeune Cournoyer a mieux fait que le vétéran Olivier Jean à sa première participation aux Championnats du monde. Cournoyer, de Boucherville, a fini au 12e rang, quatre places devant son coéquipier de Lachenaie.

«J'ai fait de belles courses, a commenté Cournoyer, âgé de 22 ans. J'ai lutté sur la patinoire avec Victor An et (le Chinois) Tianyu Han. J'ai prouvé que je fais partie des meilleurs patineurs au monde. Il me manque de l'expérience, c'est différent des compétitions nationales. J'estime que j'ai plusieurs belles années devant moi.»

Surprise au relais

An n'a pas pu offrir la médaille d'or à la Russie en finale du relais masculin de 5000 mètres, les Néerlandais créant la surprise dans une fin de course époustouflante. Les Coréens ont fini deuxièmes, devant les Britanniques.

Les Canadiens n'étaient pas de la partie, ayant subi l'élimination en demi-finales la veille. C'était pour eux une deuxième grande déception d'affilée, après avoir failli à la tâche aux Jeux de Sotchi.




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