Porte-drapeau: Charles Hamelin passera encore son tour

À PyeongChang, Charles Hamelin vivra ses quatrièmes et... (Photo André Pichette, Archives La Presse)

Agrandir

À PyeongChang, Charles Hamelin vivra ses quatrièmes et derniers Jeux olympiques.

Photo André Pichette, Archives La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Pressenti par plusieurs collègues, Charles Hamelin ne sera pas le porte-drapeau du Canada à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de PyeongChang, le 9 février. Pour une question d'horaire, le triple champion olympique en patinage de vitesse a préféré que sa candidature ne soit pas soumise au Comité olympique canadien (COC).

Le 10 février, Hamelin doit disputer sa première épreuve, le 1500 m, moins de 24 heures après le début de la cérémonie d'ouverture. La cinquantaine de kilomètres séparant le Stade olympique de PyeongChang, en montagne, du village des athlètes, sur le littoral de Gangneung, où se dérouleront les compétitions de patinage de vitesse courte piste, fait en sorte que le vétéran de 33 ans n'assistera pas à la cérémonie pour la première fois de sa carrière.

«Ce seront mes quatrièmes et derniers Jeux. J'aurais aimé vivre la cérémonie d'ouverture et dire que je voulais porter le drapeau. Mais la montagne est à 1 h 45 min du village où on sera. Avec l'aller-retour, le temps d'attente là-bas, ce sera mieux pour ma performance personnelle de rester en bas sur la côte et de regarder ça à la télévision», a précisé Hamelin hier midi après un entraînement à l'aréna Maurice-Richard, à Montréal.

Même si l'horaire et la localisation étaient plus favorables aux derniers JO de Sotchi, le patineur avait aussi refusé que sa fédération propose son nom en 2014. «Quand tu es porte-drapeau, tu as une pression supplémentaire, a-t-il expliqué. Tu dois faire des activités à l'extérieur de tes entraînements. Ça n'aurait peut-être pas bien fonctionné, parce que la courte piste est un sport où on s'entraîne beaucoup pendant les Jeux.»

Erik Guay?

Dans un sondage informel mené auprès d'une dizaine d'athlètes québécois ces derniers jours, le nom de Hamelin est sorti le plus souvent. Les champions mondiaux Alex Harvey et Erik Guay en faisaient leur favori. «Il a un très grand palmarès en tant qu'olympien», a souligné le fondeur. «Peut-être qu'il pourrait le porter avec Marianne [St-Gelais], les deux ensemble», a ajouté le descendeur.

Les patineurs de vitesse Kim Boutin, qui voit en Hamelin «un monstre au potentiel incroyable», et Samuel Girard, qui relève son «vécu», penchaient également en faveur de leur coéquipier. Même son de cloche de la part du bosseur Mikaël Kingsbury: «J'aimerais que ce soit Charles Hamelin. Je le connais bien, j'ai beaucoup de respect pour lui, il a eu beaucoup de succès.»

Le vice-champion olympique en ski acrobatique, qui serait le choix de la spécialiste du slopestyle Anouk Purnelle-Faniel, a aussi proposé la hockeyeuse Marie-Philip Poulin, double médaillée d'or et auteure des buts gagnants en finale à Vancouver et à Sotchi. Charles Hamelin voit également en l'athlète de Beauceville «une candidate de choix».

«Comme la hockeyeuse Hayley Wickenheiser l'a déjà été [porte-drapeau] à Sotchi, c'est peu probable», a cependant jugé Kingsbury.

Erik Guay, en quête d'une première médaille olympique, obtient la faveur de quelques collègues, dont Marianne St-Gelais. «Je voudrais que ce soit quelqu'un comme lui, qui est mature et qui a de l'expérience, a indiqué la patineuse. Un peu comme Clara Hughes à Vancouver, qui était smooth et sereine. C'était la meilleure meneuse qu'on pouvait avoir.»

Le vétéran Jasey-Jay Anderson, qui tentera de se qualifier pour ses sixièmes JO à l'âge de 42 ans, propose également Guay, son concitoyen de Mont-Tremblant. «Il a mangé ses croûtes, il nous représente bien, il parle bien français, bien anglais. C'est un bon jeune homme. Il a de belles valeurs, il a eu de bons résultats évidemment. Il représente bien le Canada.»

Flatté, le champion mondial du super-G n'a pas réfléchi à cette possibilité. «Ouf, c'est compliqué comme question!» a réagi Guay en soirée, en route pour le gala de Ski Québec Alpin. «Être porte-drapeau, c'est tout un honneur. D'un autre côté, tu t'entraînes longtemps pour les Jeux olympiques. Ce serait dommage de gâcher ça parce que tu es fatigué... Il faudrait que j'en discute avec mes proches, mais j'ai l'impression que je n'irai pas.»

Le skieur de 36 ne savait pas précisément à quel moment la descente masculine était programmée ni à quelle distance du Stade olympique se trouverait son logement. En apprenant que l'épreuve aurait lieu le surlendemain de la cérémonie d'ouverture et que le stade se situait dans le pôle de montagne, Guay s'est ravisé: «Je pense que je dirais oui!»

Avis aux dirigeants de Canada Alpin qui, comme les autres fédérations, ont jusqu'au début du mois de janvier pour soumettre un maximum de trois candidatures. Un comité de sélection du COC, auquel siégeront la chef de mission Isabelle Charest et la présidente Tricia Smith, choisira ensuite le porte-drapeau, dont l'identité sera dévoilée à la fin de janvier.

- Avec Sophie Allard, La Presse

___________________________________________________________

D'autres candidats potentiels

Kaillie Humphries (bobsleigh)

Double championne olympique en titre, l'Albertaine de 34 ans a gagné cinq médailles en bobsleigh à deux aux championnats du monde avec quatre partenaires différentes. Avec la freineuse Heather Moyse, elle a porté le drapeau à la cérémonie de clôture des derniers Jeux olympiques de Sotchi. Le kayakiste Adam van Koeverden avait porté le drapeau aux deux cérémonies en 2004 (clôture, Athènes) et 2008 (ouverture, Pékin).

Tessa Virtue et Scott Moir (patinage artistique)

Champions olympiques à Vancouver en 2010, le duo ontarien a vécu une expérience plus difficile à Sotchi, où il a néanmoins remporté l'argent. De retour à l'entraînement à Montréal après une pause de deux ans, ils ont conquis un troisième titre mondial l'hiver dernier. Le Canada n'a jamais été représenté par deux porteurs de drapeau à une cérémonie d'ouverture. Les règlements du Comité international olympique semblent le permettre, puisque deux frères lugeurs l'ont fait pour l'Autriche en 2010.

Justine Dufour-Lapointe (ski acrobatique)

La jeune bosseuse montréalaise a marqué l'histoire et les esprits en montant sur la première marche du podium à l'épreuve des bosses à Sotchi, accompagnée par sa soeur Chloé, médaillée d'argent. Elle a gagné l'or (2015) et le bronze (2017) aux deux derniers Mondiaux.

Denny Morrison (patinage de vitesse)

Quadruple médaillé olympique, dont l'argent et le bronze à Sotchi, le Britanno-Colombien de 32 ans tente de se qualifier pour ses quatrièmes Jeux après avoir subi un horrible accident de moto en 2015 et un accident cérébral vasculaire l'an dernier.

Jasey-Jay Anderson (surf des neiges)

S'il se qualifie pour ses sixièmes JO à 42 ans, le surfeur des neiges de Mont-Tremblant sera probablement l'aîné de l'équipe canadienne. «Pourquoi pas?» s'interroge la patineuse Marianne St-Gelais au sujet d'une candidature du champion olympique de 2010.




publicité

publicité

Les plus populaires : Sports

Tous les plus populaires de la section Sports
sur Lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer