Tokyo 2020 stoppe l'utilisation de son logo controversé

Le logo officiel des Jeux olympiques de 2020... (Photo Thomas Peter, archives Reuters)

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Le logo officiel des Jeux olympiques de 2020 de Tokyo était entaché de soupçons de plagiat.

Photo Thomas Peter, archives Reuters

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Karyn Nishimura-Poupee, Philippe Siuberski
Agence France-Presse
Tokyo

Le comité d'organisation des Jeux olympiques 2020 de Tokyo, déjà contraint de renoncer à son projet initial de stade, a décidé mardi de ne plus utiliser le logo officiel, entaché depuis des semaines de soupçons de plagiat.

«La situation est devenue difficile à comprendre pour les citoyens, même si du point de vue des experts du monde du design le logo de Tokyo 2020 est une création originale», a déclaré lors d'une conférence de presse le directeur général du comité, Toshiro Muto, assurant que cette décision n'était pas liée aux accusations de plagiat lancées en juillet par le designer du symbole graphique du théâtre de Liège (Belgique), Olivier Debie.

Le comité d'organisation japonais «tourne autour du pot» en retirant le logo «pour des raisons obscures», a jugé mardi M. Debie. «La plainte reste d'actualité» tant que le Comité international olympique (CIO) «ne reconnaît pas qu'il y a eu plagiat», a-t-il assuré à l'AFP.

Une audience préliminaire aura lieu le 22 septembre devant le tribunal civil de Liège mais les plaidoiries devraient avoir lieu «fin décembre ou début janvier», selon l'avocat de M. Debie, Philippe Mottard.

«Nous réclamerons que le logo ne soit plus utilisé, ce qui semble acquis. Mais nous voulons aussi que le jugement reconnaissant le plagiat soit publié dans des quotidiens d'importance mondiale», a expliqué Me Mottard.

Le designer japonais Kenjiro Sano, créateur de ce logo controversé, a jugé difficile de continuer: «M. Sano a lui-même demandé le retrait du logo, comprenant sans doute sa responsabilité», a expliqué à Tokyo le directeur général du comité d'organisation des JO.

La décision finale d'abandonner le logo controversé a été prise lors d'une réunion extraordinaire du comité organisateur mardi, alors que des personnalités étaient montées au créneau et qu'une pétition pour le changement de logo a réuni 22 000 signatures.

Limiers du net

De récentes révélations sur internet ont contribué à décrédibiliser le graphiste. Des internautes ont débusqué plusieurs photos qui ont été utilisées par M. Sano sans autorisation, y compris dans le cadre de la campagne du logo de Tokyo 2020. Il a notamment employé un visuel d'un aéroport japonais repris sur internet, selon la chaîne NHK.

Par ailleurs, d'autres illustrations auraient inspiré le designer pour créer son logo. «Sont apparues en fin de semaine dernière des révélations sur internet qui ont nécessité d'interroger M. Sano», a indiqué M. Muto, faisant référence à la découverte d'une affiche présentant le typographe Jan Tschichold où sautent aux yeux les ressemblances avec l'esthétique du logo des JO.

Les «limiers du net» - qui sont nombreux au Japon et font assez souvent parler d'eux - ont entraîné la défection de M. Sano au terme d'une véritable campagne d'investigation lancée dès l'apparition des premiers doutes en juillet. Ces enquêteurs amateurs ont mis au jour des similitudes troublantes dans le cas de la campagne du groupe brassicole Suntory, ce qui a conduit le designer à présenter des excuses et à retirer ces graphismes problématiques.

Le logo après le stade

M. Sano a cependant tenté de prouver sa bonne foi avec des diagrammes et d'autres documents décrivant le cheminement de la conception du logo Tokyo-2020.

Le comité d'organisation des JO de la capitale japonaise avait jusqu'à présent soutenu le designer et laissé libres les sponsors d'utiliser le logo.

Désormais, cette même instance s'apprête à préparer une deuxième compétition pour la réalisation d'un nouvel emblème. «Des journalistes japonais m'ont demandé si j'allais concourir. Je n'y avais pas pensé, mais ça serait amusant», a réagi M. Debie.

Ce scandale du logo survient après celui du stade olympique: en raison de protestations sur le coût jugé exorbitant du premier projet sélectionné, le gouvernement a décidé de tout reprendre à zéro. Initialement, la facture s'élevait à 162 milliards de yens (1,77 milliard $ CAN), mais le total est monté à 252 milliards (2,75 milliards $ CAN).

Tokyo va lancer rapidement un nouvel appel d'offres, auquel le CIO souhaite être associé. De nouveaux plans sont espérés avant fin 2015, mais il sera désormais difficile de livrer l'enceinte en janvier 2020, comme l'exige le CIO.

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