Jeux de Sotchi: un hiver 2012-2013 qui sert de longue préparation

Ken Read, directeur des sports d'hiver au sein... (PHOTO ARCHIVES PC)

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Ken Read, directeur des sports d'hiver au sein du programme À nous le podium.

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Lori Ewing
La Presse Canadienne

À un peu plus d'un an des Jeux olympiques de Sotchi, les athlètes canadiens de pointe oeuvrant dans différents sports d'hiver chercheront déjà à ajuster et à peaufiner leur art.

Mais ils devront le faire avec moins d'argent qu'il y a quatre ans.

Le Canada a décroché 26 médailles aux JO de 2010 à Vancouver, dont 14 d'or, un record des Jeux d'hiver.

Il sera difficile de répéter l'exploit à Sotchi étant donné que les revenus provenant de commandites ont fondu comme neige au soleil, une fois terminés ces Jeux disputés en sol canadien.

«Nous devrons avoir une approche beaucoup plus stratégique parce que les ressources disponibles ont assurément diminué», a commenté Ken Read, directeur des sports d'hiver au sein du programme À nous le podium (ANP).

Read et ses collègues d'ANP surveillent de près les athlètes susceptibles de rafler des médailles aux Jeux de Sotchi, dans l'espoir de pouvoir leur fournir tous les outils possibles pour leur faciliter la tâche dans leur quête de réussir des prestations de premier plan en Russie.

«Nous nous assurons de fournir tout ce qu'il est possible de fournir, que tout soit mûrement réfléchi au chapitre de la préparation, puis de la transition vers Sotchi», a dit Read, un des membres des Crazy Canucks de l'équipe canadienne de ski alpin dans les années 1970 et 1980.

Fournir le même encadrement qu'à l'approche des JO 2010 sera toutefois un défi redoutable, étant donné que les commandites ne sont plus autant au rendez-vous.

«Tout le monde a perdu de l'argent après (les Jeux de 2010), y compris plusieurs des associations nationales», a noté Jon Kolb, directeur d'ANP pour la science du sport, la médecine et l'innovation.

«L'histoire nous dit que c'est toujours ce qui arrive quand tu es l'hôte de Jeux olympiques. Il y a un influx incroyable au niveau financier à l'approche des Jeux et puis après, la source se tarit.»

Kolb a dirigé le secteur «top secret» d'ANP à l'approche des Jeux de Vancouver. Celui-ci devait fournir des munitions supplémentaires à certains athlètes afin de leur donner un avantage inattendu.

ANP a dépensé 2,2 millions $ par année sur 50 projets secrets prioritaires à l'approche des Jeux de Vancouver, a indiqué Kolb. C'était dans une large mesure grâce à Bell Canada, qui a investi 2 millions $ par année dans les quatre années menant jusqu'à 2010.

Après 2010, cette somme a chuté à 1 million $ par année. Et au lieu de la diviser entre 18 sports d'hiver, il a fallu commencer à la partager entre 49 disciplines d'hiver et d'été.

«Il y a moins de projets, mais les projets choisis ont encore un impact direct, a noté Kolb. Nous ciblons mieux nos efforts parce que nous avons moins d'argent.»

Le Comité olympique canadien a annoncé le mois dernier qu'il allait doubler son soutien financier, qui passera à 100 millions $. Il n'a toutefois pas encore précisé comment cette somme sera répartie.

«Ces fonds nous aideront à bien cibler notre préparation en vue de Sotchi, a dit Read. Par contre, les associations nationales ont eu de la difficulté à trouver de nouveaux commanditaires. Il faut jongler avec ce qu'on a.»

La saison d'hiver 2012-2013 sera cruciale pour nos futurs olympiens, selon Kolb. Les skieurs devront tester l'aérodynamisme de leur combinaison, les patineurs de vitesse devront ajuster leurs lames et les fondeurs continueront de tester différentes cires dans différentes conditions climatiques.

«Cette saison sera un vrai test en vue du plan d'action de 2014, a souligné Kolb. Ce que tout le monde fait, c'est essayer de mettre à l'épreuve leur nouvel équipement, ou encore leur nouvelle approche découlant des recherches qui ont été faites au cours des trois ou quatre dernières années, afin que cela fasse partie intégrante de leur routine au moment d'amorcer la saison prochaine.

«Cette année il s'agit de peaufiner tout ça, afin que tout soit bien établi l'an prochain.»

Parmi les compétitions à surveiller au cours des prochains mois, il y aura les championnats du monde de surf des neiges, du 17 au 27 janvier à Stoneham, au Québec; les championnats du monde de ski alpin, du 5 au 17 février à Schladming, en Autriche; les championnats mondiaux de ski de fond, du 20 février au 3 mars à Val di Fiemme, en Italie; ceux de ski acrobatique, du 5 au 10 mars à Voss et Oslo, en Norvège; les Mondiaux de patinage artistique, du 11 au 17 mars à London, en Ontario; et le championnat du monde de hockey féminin, du 2 au 9 avril à Ottawa.

Read se réjouit du fait que désormais, tout le monde, des instances gouvernementales jusqu'au public, ait le succès de nos Olympiens à coeur. Mais il faudra continuer à investir massivement pour que les athlètes canadiens demeurent au sommet, a-t-il prévenu.

«Plus nous nous éloignerons de 2010 sans recommencer à investir, plus nous devrons recommencer à nous fier à l'ancienne façon de faire», a-t-il dit.

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