CYCLISME GRAND PRIX DE QUÉBEC

Grand Prix cycliste de Québec: Robert Gesnik le combattant

Robert Gesink lors de sa victoire au Grand Prix... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE)

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Robert Gesink lors de sa victoire au Grand Prix de Québec, en 2013

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

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(Québec) Le départ du sixième Grand Prix de Québec sera donné aujourd'hui à 11h sur la Grande Allée. Absent l'an dernier, le Néerlandais Robert Gesink, vainqueur en 2013, est de retour. Avec une perspective différente sur la vie.

Les journalistes s'agglutinaient autour de Ryder Hesjedal et de Philippe Gilbert lorsque Robert Gesink s'est glissé vers la porte de sortie. Le Néerlandais n'a pas le pouvoir d'attraction du Canadien ni le charisme de l'ancien champion mondial. Son palmarès sur les épreuves World Tour canadiennes est pourtant enviable.

Après sa victoire lors du Grand Prix de Montréal inaugural en 2010, Gesink s'est imposé trois ans plus tard à Québec, où il est monté deux autres fois sur le podium. Seul l'Australien Simon Gerrans, auteur d'un doublé l'an dernier, mais absent cette année, a fait mieux.

Des collègues européens m'avaient prévenu : le représentant de Lotto NL-Jumbo est peu bavard. Il s'est cependant montré affable et terre à terre lorsque je l'ai accosté, me tirant une chaise pour un entretien qui a duré une quinzaine de minutes, mercredi.

Absent l'an dernier alors qu'il participait à la Vuelta, Gesink prend son retour au sérieux. Il a posé ses valises au Château Frontenac samedi, quatre jours avant tout le monde. Hugo Houle a vendu la mèche en l'apercevant par hasard sur son vélo. Le Québécois lui a offert de se joindre à lui pour une sortie le lendemain, mais l'invitation sur les réseaux sociaux est restée lettre morte.

Gesink avait déjà un ami comme partenaire d'entraînement. Les deux Néerlandais se sont mis à l'épreuve dans la côte du mont Bélair et ont fait le tour de l'île d'Orléans à deux reprises.

« Les dernières fois que j'étais venu ici, j'arrivais du tour de l'Alberta, de la Californie ou du Colorado, a-t-il souligné. J'ai toujours été dans le coin et fait quelque chose de spécial avant ces courses. Dans cet esprit, je voulais encore faire quelque chose de spécial. Le voyage est long... et j'ai deux enfants qui passent la journée à la maison. C'est très, très occupé ! Ces quelques jours de repos supplémentaires ne feront pas de tort. »

«Surpris»

Âgée de 21 mois à l'époque, sa fille aînée Anna reposait dans le porte-bébé de sa maman lorsque Gesink a triomphé sur la Grande Allée en 2013. L'allumette néerlandaise venait de démontrer que le parcours du Vieux-Québec pouvait aussi sourire au grimpeur.

« J'étais aussi assez surpris, a admis l'athlète de 29 ans. Québec, c'est vraiment dur toute la journée. À la fin, tout le monde est tellement fatigué. Ça revient à celui qui est capable de puiser au plus profond de soi-même. Ce n'est plus aussi explosif à la fin que ça peut l'être au début. »

« Il n'y a presque pas de moments de récupération entre les courtes montées. Ça ressemble donc à une longue montée où ta fréquence cardiaque atteint son maximum. »

Malgré ses trois podiums dans la capitale, sa victoire à Montréal garde un cachet particulier. Son visage émacié s'illumine à l'évocation de son attaque décisive sur la voie Camilien-Houde. Il n'a jamais regardé derrière durant la poursuite débridée qui a suivi.

« Quand j'ai vu la reprise, ouf ! Je peux imaginer à quel point ça a pu être excitant à regarder. Si les gars derrière avaient travaillé un peu plus ensemble, le résultat aurait pu être différent. C'est la beauté de ce parcours : oui, tu dois pouvoir grimper, mais la course peut aller dans toutes les directions. »

Cette première victoire dans une course d'un jour a été suivie d'une autre, un mois plus tard, au Giro dell'Emilia. Le lendemain, son père a subi un grave accident lors d'un marathon de vélo de montagne aux Pays-Bas. Il devait succomber à ses blessures deux semaines plus tard.

« Mon père était mon plus grand partisan, souligne Gesink. Ça a pris du temps avant de surmonter ça, de retrouver le plaisir dans le cyclisme. »

Deuxième derrière Gilbert un an plus tard à Québec, Gesink s'est fracturé la jambe à quatre endroits en tombant durant un entraînement. En 2012, une autre chute l'a contraint à l'abandon au Tour de France. Il n'a pu y participer l'an dernier après une opération pour soigner un problème d'arythmie cardiaque. À son retour sur la Vuelta, il occupait le septième rang lorsqu'il a dû s'arrêter pour aller au chevet de sa femme, tombée malade durant sa grossesse.

« Plusieurs choses arrivent dans la vie de tout un chacun, constate-t-il. Mais quand ça s'accumule sur une courte période de temps, ça devient difficile. »

Bram, un garçon en pleine santé, est né au début de l'année. Son papa a rebondi avec une sixième place au dernier Tour. Comme en 2010. « Je suis toujours revenu au sommet pour me battre, dit Gesink. Me voilà encore après un bon Tour. Je me sens bien, frais. J'espère que ça va encore bien se passer pour moi ici. »

Les favoris

Presque toutes les équipes peuvent compter sur un ou deux prétendants à la victoire au Grand Prix de Québec. «Si on réfléchit quelques minutes, on va en trouver facilement une dizaine», a noté le Belge Philippe Gilbert, gagnant en 2011. Voici trois favoris.

GREG VAN AVERMAET 

  • Belgique
  • Équipe: BMC
  • Participation au GP de Québec: 4e (2e en 2012, 3e en 2013, 5e en 2014)
Le Belge de 30 ans connaît la meilleure saison de sa carrière avec une victoire d'étape (devant Peter Sagan) au Tour de France et une première place au classement général du Tour de Belgique. L'éternel attaquant a été privé d'un autre succès à la Clásica San Sebastián, début août, quand une moto l'a fauché. À l'aise dans les sprints en faux plat montant comme sur la Grande Allée, il compte sur une équipe très puissante, avec dans ses rangs Philippe Gilbert.

  • Cote: 4 sur 5
JULIAN ALAPHILIPPE 

  • France
  • Équipe: Etixx-Quick-Step
  • Participation au GP de Québec: 2e (28e en 2014)
Le Français de 23 ans devait disputer son premier grand tour à la Vuelta, mais son équipe a préféré le réorienter vers le Québec. Déjà prometteur l'an dernier, le puncheur a émergé en 2015 en terminant deuxième à La Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège, les grandes classiques ardennaises dont le profil convient aux protagonistes habituels de Québec et Montréal. Les options d'Etixx-Quick-Step sont multiples avec le champion mondial Michal Kwiatkowski et le Belge Tom Boonen, en pleine lancée vers les Mondiaux.

  • Cote: 3 sur 5
Tom-Jelte Slagter 

  • Pays-Bas
  • Équipe: Cannondale-Garmin
  • Participation au GP de Québec: 4e (5e en 2012)
En trois présences, le Néerlandais de 26 ans n'a jamais fini plus loin que 11e. Il vient de remporter deux étapes coup sur coup au Tour de l'Alberta. Une arrivée en petit groupe favoriserait le coéquipier de Ryder Hesjedal.

  • Cote: 2 sur 5

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