Tour de France: incontestable Nibali

L'Italien Vincenzo Nibali (au centre) est le sixième... (Photo Kenzo Tribouillard, AFP)

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L'Italien Vincenzo Nibali (au centre) est le sixième cycliste à gagner les trois grandes courses de sa discipline: le Tour de France, le Giro d'Italie et la Vuelta d'Espagne. Les Français Jean-Christophe Péraud (à gauche) et Thibaut Pinot (à droite) l'ont accompagné sur le podium.

Photo Kenzo Tribouillard, AFP

(Paris) Il n'y a qu'un vainqueur du Tour de France. Incontestable comme meneur tout au long de la Grande Boucle, l'Italien Vincenzo Nibali (Astana) a tout de même dû partager son triomphe, dimanche, sur les Champs-Élysées. Avec Jean-Christophe Péraud (AG2R La Mondiale) et Thibaut Pinot (La Française des Jeux) sur le podium, mais surtout avec le cyclisme français.

Il s'agit du premier podium français au classement général du Tour de France depuis la deuxième position de Richard Virenque en 1997. Les Français n'avaient pas mis deux coureurs sur le podium depuis 30 ans - et deux coureurs on ne peut plus différents.

Jean-Christophe Péraud, 37 ans, est un spécialiste du vélo de montagne et un ingénieur nucléaire qui a commencé à rouler sur route professionnellement à 32 ans. Thibaut Pinot, 24 ans, est l'un des plus beaux espoirs de cette «nouvelle génération sans complexe» (selon ses propres mots), qui tente de couronner un premier Français au Tour de France depuis Bernard Hinault en 1985.

Le renouveau du cyclisme français

«Deux coureurs français sur le podium, c'est énorme, a dit Thibaut Pinot. Ça signifie le renouveau (du cyclisme français) depuis quelques années maintenant, Jean-Christophe (Péraud) est cinquième mondial, il le mérite. Moi, je suis un peu plus la surprise.»

Trop heureux de monter sur le podium sur les Champs-Élysées, Thibaut Pinot ne pense pas pour l'instant à la possibilité d'y revenir en jaune. «Un podium sur les Champs, c'est quelque chose d'unique, a-t-il indiqué. Je veux savourer le podium et on verra ça (la possibilité de gagner le Tour) plus tard.»

Il n'y a qu'un vainqueur du Tour de... (Photo JEAN-PAUL PELISSIER, REUTERS) - image 2.0

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Photo JEAN-PAUL PELISSIER, REUTERS

Cette année, le maillot jaune a été l'affaire de l'Italien Vincenzo Nibali, qui a outrageusement dominé le Tour de France. Son avance de 7 min 37 s sur la deuxième position est la plus importante depuis celle de Jan Ullrich (9 min 9 s) en 1997.

L'Italien devient seulement le sixième cycliste à remporter les trois plus grandes courses au monde au cours de sa carrière (le Tour de France, le Giro d'Italie et la Vuelta d'Espagne). «C'est fantastique, fabuleux, inimaginable», a-t-il dit à propos de sa victoire à ce Tour de France marqué par les chutes du vainqueur de l'an dernier Chris Froome et d'Alberto Contador.

La France a placé 4 coureurs dans les 11 premiers du classement général, dont Romain Bardet (AG2R La Mondiale), 6e à 23 ans, et Pierre Rolland (Europcar), 11e à 27 ans. Tony Gallopin (Lotto-Belisol), 26 ans, a terminé au 29e rang, mais a réussi à enlever le maillot jaune à Vincenzo Nibali au terme de la neuvième étape (en plus de gagner la 11e étape).

Autre raison de se réjouir pour le cyclisme français: c'est une équipe française, AG2R La Mondiale, qui a terminé au premier rang du classement par équipe.

«Si vous regardez le Tour de France, on peut penser qu'il y a un renouveau du cyclisme français. Mais si vous regardez la saison dans son ensemble, et pas seulement le Tour de France, le cyclisme français se bagarre déjà avec le plus haut niveau depuis (quelque temps)», analyse Thomas Voeckler, cycliste français de 35 ans qui a été le meilleur de sa génération, du moins au Tour de France. Cette année, il a terminé au 42e rang, mais il a porté le maillot jaune durant 10 jours en 2004, puis en 2011, l'année où il a pris le quatrième rang du classement général.

L'ancien cycliste et homme d'affaires québécois Louis Garneau croit aussi qu'il s'agit d'un Tour de France «intéressant» pour le cyclisme français. «La relève est là», assure-t-il.

«Les meilleurs cuissards»

Son entreprise Louis Garneau commandite justement une équipe française, Europcar, qui a terminé au cinquième rang par équipe au Tour de France. Une commandite de plusieurs centaines de milliers de dollars par année, en vertu de laquelle Louis Garneau habille les cyclistes d'Europcar de la tête aux pieds.

«C'est une relation d'affaires, mais on développe aussi des liens d'amitié, dit Louis Garneau, qui est arrivé en France pour la fin du Tour, jeudi dernier. Ils veulent avoir ce qu'il y a de mieux. Les gens de l'équipe m'ont dit que c'est la première fois que les coureurs n'ont rien à redire sur les cuissards. Thomas Voeckler m'a dit qu'on faisait les meilleurs cuissards au monde.»

Une autre entreprise québécoise rejoindra Louis Garneau sur le Tour de France l'an prochain: le fabricant québécois de vélos Argon 18 annoncera demain avec quelle équipe du Tour il a conclu une entente de commandite pour les trois prochaines années.

Le classement final

RangCyclisteTemps
1Vincenzo Nibali89h59:06
2Jean-Christophe Péraud
à 7:37
3Thibaut Pinot
à 8:15
4Alejandro Valverdeà 9:40
5Tejay Van Garderenà 11:24
6Romain Bardetà 11:26
7Leopold Königà 14:32
8Haimar Zubeldiaà 17:57
9Laurens Ten Dam
à 18:11
10Bauke Mollemaà 21:15

Une Canadienne troisième sur les Champs-Élysées

Pour la première fois depuis 1989, le Tour de France présentait dimanche une épreuve féminine sur les Champs-Élysées. Au sprint final, la Canadienne Leah Kirchmann a pris le troisième rang, derrière la championne mondiale Marianne Vos et sa compatriote néerlandaise Kirsten Wild. «J'ai vu (Kirsten) Wild s'en venir très rapidement, et comme je savais qu'elle était l'une des favorites, je me suis placée dans sa roue. Je suis très contente d'avoir participé à cette course historique», a dit l'athlète de Winnipeg, âgée de 24 ans, sur le site web de son équipe, Optum Pro Cycling.

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Propre, le Tour?

Ancien coureur international et commanditaire de l'équipe Europcar, Louis Garneau est «encouragé» et croit que le Tour de 2014 ne sera pas rattrapé ultérieurement par des histoires de dopage. «Nibali a monté la dernière épreuve des Pyrénées d'une à deux minutes moins vite qu'Ullrich et Armstrong à l'époque, a-t-il souligné. Ça m'encourage. On revient à un Tour plus humain, plus ouvert. On voit des gens qui ont des défaillances dans les dernières étapes difficiles. Y a-t-il du dopage? Je ne peux pas le jurer, mais tout ça est bon signe.»

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Les vainqueurs d'étapes

1re étape (Harrogate): Marcel Kittel (GER/Giant)

2e étape (Sheffield): Vincenzo Nibali (ITA/Astana)

3e étape (Londres): Marcel Kittel

4e étape (Lille): Marcel Kittel

5e étape (Arenberg Porte du Hainaut): Lars Boom (NED/Belkin)

6e étape (Reims): Andre Greipel (GER/Lotto)

7e étape (Nancy): Matteo Trentin (ITA/Omega Pharma)

8e étape (Gérardmer La Mauselaine): Blel Kadri (FRA/AG2R La Mondiale)

9e étape (Mulhouse): Tony Martin (GER/Omega Pharma)

10e étape (La Planche des Belles Filles): Vincenzo Nibali

11e étape (Oyonnax): Tony Gallopin (FRA/Lotto)

12e étape (Saint-Etienne): Alexander Kristoff (NOR/Katusha)

13e étape (Chamrousse): Vincenzo Nibali

14e étape (Risoul): Rafal Majka (POL/Tinkoff)

15e étape (Nîmes): Alexander Kristoff

16e étape (Bagnères-de-Luchon): Michael Rogers (AUS/Tinkoff)

17e étape (Saint-Lary Pla d'Adet): Rafal Majka

18e étape (Hautacam): Vincenzo Nibali

19e étape (Bergerac): Ramunas Navardauskas (LTU/Garmin)

20e étape (Périgueux, c.l.m.): Tony Martin

21e étape (Paris Champs-Elysées): Marcel Kittel




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