David Veilleux quitte sans regret

Malgré ses abandons à Québec et à Montréal... (PHOTO RYAN REMIORZ, PC)

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Malgré ses abandons à Québec et à Montréal au cours du week-end, David Veilleux dit avoir apprécié les moments qu'il a passés sur les tracés du Vieux-Québec et du Mont-Royal.

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Marc Tougas
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

David Veilleux le cycliste est peut-être maintenant à la retraite, mais David Veilleux l'étudiant en génie mécanique commence ses cours à temps plein... dès lundi.

Et il le fera sans regret. Avec le sourire même, comme celui qui éclairait son visage, dimanche, malgré son abandon à quatre tours de la fin au Grand Prix cycliste de Montréal.

«Ce ne sera peut-être pas ma dernière course, mais ce sera certainement la dernière à ce niveau. Je vais peut-être courir au Québec pour le plaisir, a-t-il dit de la dernière course de sa carrière au sein du circuit WorldTour de l'UCI, disputée sur le mont Royal. J'aime encore le vélo, je vais continuer à m'entraîner, mais pour le plaisir et différemment. Je vais consacrer les deux prochaines années à terminer mon baccalauréat, et après je vais voir ce que je vais faire. Mais c'est sûr que je veux continuer à faire du vélo et à m'impliquer dans le milieu.

«Je me sens bien avec ma décision, a-t-il ajouté. Je suis content de l'avoir prise. C'est sûr que ça n'a pas été facile dernièrement, j'y ai pensé beaucoup depuis le Tour de France, mais l'avenir ne me fait pas peur.»

Malgré ses abandons à Québec et à Montréal au cours du week-end - attribuables à une cadence d'entraînement moins soutenue depuis le Tour de France - le Carougeois de 25 ans dit avoir apprécié les moments qu'il a passés sur les tracés du Vieux-Québec et du Mont-Royal.

«J'ai profité de ces moments parce que 90 à 95 % de ma saison se passe en Europe, loin de ma famille, qui n'a habituellement pas la chance de me voir courir. Revenir ici et de vivre ça avec eux, ça fait chaud au coeur, a-t-il déclaré. Je ne pensais pas que j'aurais le temps (de saluer les gens) ou que les gens prendraient le temps de le faire, mais je suis content que ça se soit passé comme ça.

«Je me sentais un peu fatigué cette fin de semaine, mais je pense que c'est normal, a-t-il ajouté. Quand tu arrives ici un peu juste (au niveau de la forme physique), ça ne pardonne pas.»

En raison de sa victoire au Dauphiné et de sa présence historique au Tour de France, Veilleux a permis au cyclisme québécois de connaître une année faste en 2013. Mais il s'est également avéré l'arbre qui a caché le reste de la forêt puisque plusieurs autres Québécois ont connu une bonne saison.

C'est ainsi que Guillaume Boivin (Cannondale) a participé au Tour d'Espagne avant d'abandonner à la 10e étape. Hugo Houle, qui vient de signer un nouveau contrat de deux ans chez AG2R, a disputé le Tour de Flandres ainsi que les épreuves de Milan-San Remo et Paris-Roubaix. François Parisien (Argos-Shimano) a participé au Critérium du Dauphiné et remporté une étape au Tour de Catalogne, tandis que Dominique Rollin (FDJ) a réussi son meilleur résultat en carrière dans un grand tour, avec sa 75e place au Giro d'Italie.

Sans oublier que la présence de cinq Québécois au sein d'équipes du circuit WorldTour, comme ç'a été le cas en 2013, est inédite en soi.

«On a parlé à juste titre des performances de David, mais François a été le premier athlète (québécois) à gagner une épreuve du WorldTour quand il a gagné au Tour de Catalogne, a souligné Louis Barbeau, directeur général de la Fédération québécoise des sports cyclistes, lors d'un entretien avec La Presse Canadienne pendant la course de dimanche. C'est un exploit phénoménal.

«Dominique a quant à lui fait le Tour d'Italie et a été amené à remplacer un coureur au pied levé - et non seulement il l'a fait, mais il a complété la compétition, a souligné Barbeau. Et évidemment, ce que David a fait est sans précédent. Tout ça permet aux jeunes qui s'en viennent de réaliser que c'est maintenant possible de bien faire au plus haut niveau.»

«On commence à faire notre place, à se faire reconnaître, a affirmé Rollin après son abandon en fin de course, dimanche. C'est bien de voir qu'il y a de plus en plus de coureurs québécois (en Europe), et de plus en plus de gens d'ici qui s'intéressent au cyclisme.

«On verra ce que ça donnera l'année prochaine. C'est un peu dommage que David prenne sa retraite, mais il a vécu son rêve», a ajouté Rollin, qui a reconnu qu'il y a plusieurs coureurs prêts à prendre la relève de Veilleux... y compris certains que le grand public ne connaît pas encore.

Selon Barbeau, même si Veilleux prend une retraite hâtive, ses exploits vont avoir un effet d'entraînement dans les prochaines années.

«C'est sûr que d'un point de vue purement égoïste, ç'aurait été le fun qu'il continue parce qu'à 25 ans, il avait encore plusieurs belles années devant lui, a dit Barbeau. Mais l'effet va être là quand même. Il a marqué l'imaginaire de beaucoup de cyclistes.»

Rollin, de son côté, travaille présentement à assurer son avenir avec FDJ. Il négocie dans l'espoir d'obtenir une prolongation de contrat, une situation qui n'est pas facile puisque l'UCI étudie la possibilité de réduire le nombre d'équipes en WorldTour.

«Ç'a un impact sur tout le peloton. Même les équipes qui savent qu'elles vont continuer attendent avant de rembaucher certains coureurs, parce qu'ils essaient toujours d'avoir les meilleurs coureurs pour moins cher, a expliqué Rollin. Je négocie quand même en ce moment et ça augure bien.»

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