Propos racistes: Donald Sterling banni à vie de la NBA

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Le propriétaire des Clippers de Los Angeles, Donald Sterling, a tenu des propos racistes lors d'une conversation privée avec son ex-conjointe.

Photo Kirby Lee, USA Today

Moins de deux mois après être devenu le commissaire de la NBA, Adam Silver a assuré mardi sa place dans l'histoire du circuit en démontrant un rare leadership dans une grave situation de crise.

Confronté à un boycott probable du match éliminatoire de mardi soir par les joueurs des Clippers de Los Angeles, Silver a annoncé que le propriétaire de l'équipe, Donald Sterling, était banni à vie de la NBA et de toutes ses activités, en plus de devoir payer une amende de 2,5 millions, le maximum prévu. Silver a aussi indiqué qu'il entendait forcer Sterling à vendre les Clippers, une mesure qui devra obtenir l'appui de 75% des autres propriétaires.

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Sterling, 81 ans, a tenu des propos racistes lors d'une conversation privée avec son ex-conjointe V. Stiviano, enregistrée et diffusée samedi par des réseaux américains. Une enquête de la NBA, complétée tard lundi, a permis de confirmer qu'il était bien l'auteur des propos tenus en septembre dernier. Après avoir consulté d'autres propriétaires, plusieurs joueurs et leurs représentants, Silver a rendu les sanctions les plus sévères qu'il était en droit de rendre.



D'origine juive - comme Sterling - le commissaire a déclaré: «J'ai rendu ma décision en tant qu'être humain. Des propos comme ceux tenus par M. Sterling sont extrêmement offensants et blessants. Je suis très fier des valeurs de respect, d'inclusion et de diversité de notre ligue et ne laisserai pas les positions intolérantes d'un seul individu définir ce que nous sommes. Nous sommes unis dans cette condamnation des positions de M. Sterling. Elles n'ont pas leur place dans la NBA.»

Un appui unanime

La décision de Silver, très attendue dans une société américaine encore profondément divisée sur les questions raciales, a obtenu un appui unanime des membres du circuit dont plus de 75% des joueurs sont afro-américains.

Magic Johnson, l'ancienne vedette des Lakers de Los Angeles, qui était mentionné dans l'enregistrement audio, a salué le leadership du commissaire sur Twitter, et a ajouté: «Les joueurs de la NBA, anciens et actuels, sont très heureux et satisfaits du jugement.»

Le Canadien Steve Nash, des Lakers, a souligné: «C'est une situation extraordinaire. Après la colère, la déception et la tristesse, nous vivons enfin aujourd'hui un moment de fierté. Je félicite le commissaire pour sa décision rapide, précise et sans équivoque.

«Si le racisme est un comportement acquis, combien de temps le tolérerons-nous encore? En tant que père de trois enfants, j'espère que nous saisirons l'occasion d'éduquer et de prendre des mesures pour éliminer le racisme de nos communautés.»

Le maire de Sacramento, Kevin Johnson, un ancien joueur étoile de la NBA qui agissait comme représentant des joueurs dans ce dossier, a pour sa part déclaré: «Adam Silver n'est pas seulement le commissaire des propriétaires, il est aussi celui des joueurs! Les joueurs ont parlé, ils ont manifesté et, aujourd'hui, ils ont été entendus.»

Chassé de la ligue

La décision de Silver est pratiquement sans précédent. Dans l'ère moderne, seule Marge Schott, ancienne propriétaire des Reds de Cincinnati au baseball majeur, avait été suspendue plusieurs fois dans les années 90 pour des propos racistes et des allusions positives aux politiques d'Adolf Hitler. Elle n'avait toutefois jamais été forcée de vendre ses parts dans l'équipe.

Ce dernier point est d'ailleurs le seul qui reste en suspens dans le dossier Sterling. Le commissaire Silver a clairement indiqué que le bannissement et l'amende étaient irrévocables. Quant à la vente de l'équipe, il a déclaré: «Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour l'obtenir. Je n'ai pas fait un sondage, mais j'ai consulté plusieurs propriétaires et je suis certain d'obtenir leur appui sur cette question.»

Silver a aussi précisé qu'un comité de propriétaires avait déjà été saisi de la question et que le dossier allait évoluer rapidement. Mark Cuban, qui possède les Mavericks de Dallas et avait émis de doutes sur la possibilité de forcer un propriétaire à se départir de son équipe, a assuré Silver de son appui entier après avoir pris connaissance de sa décision.

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Donald Sterling... (Photo Danny Moloshok, archives Reuters) - image 6.0

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Donald Sterling

Photo Danny Moloshok, archives Reuters

Un personnage controversé

Donald Sterling (né Tokowitz) a fait fortune comme avocat, puis dans l'immobilier, et sa fortune est estimée à 1,9 milliard. Il a fait l'acquisition des Clippers de Los Angeles en 1981, pour la somme de 12,5 millions. La franchise était estimée à 575 millions au début de l'année par le magazine Forbes.

Les Clippers sont pourtant l'une des pires équipes de l'histoire de la NBA et ce n'est que depuis quelques saisons, avec l'arrivée des joueurs Blake Griffin et Chris Paul, qu'ils peuvent rivaliser et même devancer les Lakers, leurs colocataires à Los Angeles.

Plus vieux propriétaire sur le plan de l'ancienneté, Sterling n'avait jamais été sanctionné par la NBA, même s'il a souvent été impliqué dans des «affaires» en raison de son racisme. Il a notamment réglé à l'amiable - pour près de 7,5 millions au total - une poursuite pour discrimination raciale dans des bâtiments locatifs, évitant ainsi un jugement de culpabilité.

Un ancien dirigeant des Clippers, l'ancien joueur étoile Elgin Baylor, l'a aussi poursuivi en 2009 pour discrimination à l'emploi basée sur l'âge et la race. Baylor, a déclaré en cour que Sterling lui avait dit: «Je veux que mon équipe soit formée de pauvres garçons noirs du Sud avec un entraîneur blanc.» Le juge a toutefois débouté Baylor et Sterling a encore échappé aux sanctions de la NBA.

Ce sont finalement des déclarations à une ex-conjointe, enregistrées et diffusées dans les médias, qui ont eu raison de lui. La dame, connue sous le nom de V. Stiviano, a collaboré à l'enquête de la NBA, tout comme une autre femme qui a été témoin de la fameuse discussion et qui est soupçonnée d'être à l'origine de la fuite dans les médias.




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