Propos racistes du proprio des Clippers: la NBA enquête

Donald Sterling est dans la tourmente depuis que... (Archives AP)

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Donald Sterling est dans la tourmente depuis que l'enregistrement d'une conversation avec une jeune femme, V. Stiviano (à gauche sur cette photo datant d'octobre 20013) a été rendu public samedi. Lors de cette conversation, il reproche à la jeune femme qui serait une ancienne maîtresse «de se montrer aux côtés de noirs».

Archives AP

Antonio Gonzalez
Associated Press
San Francisco

Colère, frustration et demandes de mesures concrètes ont retenti dans tous les coins de la NBA samedi après le dévoilement d'un enregistrement audio venant d'un homme, identifié comme étant Donald Sterling, le propriétaire des Clippers de Los Angeles, et dans lequel l'homme en question demande à une femme de ne pas être accompagnée par des gens de race noire aux matchs de l'équipe.

Tout le monde semblait avoir une réplique aux controversés propos, sauf le propriétaire des Clippers, qui était la cible d'attaques tous azimuts et qui a déjà été accusé de discrimination et de comportement abusif dans le passé.

Les dirigeants de la ligue ont annoncé qu'ils menaient une enquête sur cet enregistrement, affiché sur le site internet de TMZ, qualifiant les commentaires de «préoccupants et offensants».

L'ancienne grande vedette des Lakers de Los Angeles Magic Johnson, directement visé dans l'enregistrement, a réagi sur Twitter en annonçant qu'il n'assisterait à aucun match des Clippers tant que Sterling sera le propriétaire de l'équipe.

LeBron James, joueur étoile du Heat de Miami, a demandé au nouveau commissaire Adam Silver d'adopter des mesures énergiques, ajoutant qu'il «n'y a pas de place pour Donald Sterling dans la ligue».

Silver s'est exprimé samedi soir à Memphis, avant le match des Grizzlies face à Oklahoma City, répétant que la NBA considérait que l'enregistrement était «préoccupant et offensant». Il a ajouté que Sterling avait accepté de ne pas assister à la rencontre des Clippers, dimanche, à Golden State.

«Tous les membres de la famille de la NBA devraient avoir le droit de bénéficier d'une procédure équitable et d'une opportunité juste de présenter leur version dans toute controverse, ce qui explique pourquoi je ne suis pas prêt à discuter de sanctions potentielles contre Donald Sterling, a déclaré le commissaire. Cependant, nous allons bouger extrêmement rapidement dans notre enquête.»

Silver a précisé que la NBA doit confirmer l'authenticité de l'enregistrement audio et mener des entrevues avec Sterling et la femme dont la voix y est entendue. Les Clippers seront de retour à Los Angeles en vue du cinquième match de leur série, mardi soir.

«Nous souhaitons avoir terminé le tout au cours des prochains jours», a fait savoir Silver.

L'entraîneur-chef des Clippers, Doc Rivers, a confié que les joueurs avaient discuté de la possibilité de boycotter le quatrième match de leur série de premier tour, lors d'un meeting d'équipe d'une durée de 45 minutes, mais ont rapidement décidé de rejeter l'idée.

«Je pense que la meilleure déclaration que nous pouvons faire en tant qu'hommes, pas hommes de race noire mais en tant qu'hommes, est de faire preuve de solidarité et de montrer à quel point ce groupe est fort, a confié Rivers. Ne pas se séparer. Ne pas quitter. C'est facile de protester. La protestation viendra de notre jeu.»

Dans une déclaration officielle, le président des Clippers, Andy Roeser, a fait savoir que l'équipe ignorait si l'enregistrement était véridique ou s'il avait été trafiqué. Il a ajouté que la femme entendue dans l'enregistrement, identifiée par TMZ comme étant V. Stiviano, «est la défenderesse dans une poursuite déposée par la famille Sterling prétendant qu'elle a détourné plus de 1,8 million $, qui aurait dit à M. Sterling qu'elle aurait «sa revanche'».

Roeser a aussi affirmé que l'enregistrement ne correspond pas aux croyances de Sterling. Il a ajouté que Sterling est «bouleversé et présente ses excuses à la suite de sentiments qui lui sont attribués» au sujet de Johnson, qu'il a qualifié d'ami de Sterling.

Dans l'enregistrement affiché sur TMZ, l'homme remet en question les liens de la femme avec des gens issus des «minorités». TMZ a rapporté que Stiviano, qui est d'origine noire et mexicaine, avait affiché sur Instagram une photo d'elle-même avec Johnson - qui a depuis été retirée.

L'homme a demandé à Stiviano de ne pas publiciser son association avec des gens de race noire ou de ne pas être accompagnée de gens de race noire aux matchs. L'homme fait une allusion particulière à Johnson dans l'enregistrement, disant de ne pas l'amener aux matchs de l'équipe.

Sterling, un propriétaire foncier, a acheté les Clippers en 1981. Après le décès de Jerry Buss des Lakers de Los Angeles, l'année dernière, il est devenu le propriétaire possédant le plus d'ancienneté dans la ligue.

Sterling s'est retrouvé au coeur de quelques poursuites au fil des ans, dont certaines l'accusaient de faire preuve de discrimination.

En novembre 2009, il a accepté de verser 2,73 millions $ après avoir été soupçonné par le gouvernement de refuser de louer des appartements à des citoyens d'origine hispanique et de race noire, ainsi qu'à des familles avec des enfants. En mars 2011, Sterling a gagné sa cause contre l'ancien directeur général Elgin Baylor, lorsqu'un jury a rejeté les accusations de harcèlement et de discrimination selon l'âge de la part de l'ancienne vedette de la NBA.

Baylor, qui était âgé de 76 ans à l'époque, réclamait environ 2 millions $ après avoir affirmé qu'il avait été forcé de quitter des fonctions qu'il occupait depuis 22 ans. Les Clippers ont affirmé que Baylor avait quitté de son propre chef et le jury ne lui a rien accordé.

La NAACP veut retirer ses prix à Sterling

La NAACP, l'une des principales associations de défense des droits civiques aux États-Unis, a annoncé qu'elle ne remettrait pas, comme initialement prévu, un prix pour l'ensemble de ses réalisations à Donald Sterling.

«Que cela soit bien clair, la NAACP ne remettra pas de prix à M. Sterling à Los Angeles et a demandé à son association de Los Angeles de prendre toutes les mesures pour annuler les distinctions qui lui ont été attribuées par le passé», a indiqué Lorraine C. Miller, la présidente par interim de la NAACP (National Association for the Advancement of Colored People, en français : Association nationale pour la promotion des gens de couleur) qui fut en première ligne dans la lutte contre la ségrégation.

«Les remarques attribuées à M. Sterling sont outrageantes et nous ont rappelé que le racisme était encore bien présent dans notre société à tous les niveaux socio-économiques (...) Si on se refére à l'adage "Qui ne dit mot consent", la pire chose que pourrait faire notre pays devant une telle ignorance serait de rester muet. Il faut se lever, parler et attirer l'attention sur un véritable problème», a-t-elle ajouté.

Sterling est dans la tourmente depuis que l'enregistrement d'une conversation avec une jeune femme a été rendu public samedi. Lors de cette conversation, il reproche à la jeune femme qui serait une ancienne maîtresse «de se montrer aux côtés de noirs».

La NBA a ouvert une enquête, plusieurs anciens joueurs ont espéré que Sterling soit suspendu à vie et le président Barcak Obama lui-même a dénoncé ces propos.

«Lorsque des personnes ignorantes se vantent de leur ignorance, il n'y a pas grand chose à faire sinon de les laisser parler», a déclaré le premier président noir-américain des États-Unis.

- Avec Agence France-Presse




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