Poutine ordonne une enquête sur le dopage

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«La lutte sportive n'est attrayante que lorsqu'elle est honnête», a estimé Vladimir Poutine, qui a loué «le bon niveau» de la préparation des équipes nationales russes.

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Maria PANINA, Frédéric BOURIGAULT
Agence France-Presse
Moscou et Paris

L'heure fatidique approche pour la Russie: plus qu'une journée avant la réunion de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) qui pourrait décider vendredi de suspendre le pays de toute compétition d'athlétisme en raison du «dopage organisé» qu'il est accusé de pratiquer.

La Russie a joué l'apaisement mercredi, Vladimir Poutine ordonnant une enquête sur les accusations de «dopage organisé» dans l'athlétisme russe tout en estimant que seuls les coupables, et non l'ensemble des sportifs russes, devaient être sanctionnés.

A moins de deux jours de la réunion cruciale de l'IAAF qui devra décider d'une éventuelle suspension de la Russie de toute compétition, dont les JO-2016 de Rio, le président russe prenait la parole pour la première fois depuis le début du scandale de dopage et de corruption dans l'athlétisme russe.

M. Poutine, qui a fait du sport une de ses priorités stratégiques pour le rayonnement de la Russie à l'étranger, a résumé son credo: faire la lumière sur les accusations de système généralisé de dopage et de corruption des athlètes russes, protéger les sportifs du dopage et sanctionner les seuls responsables, pas l'ensemble des athlètes.

«Nous devons tout faire en Russie pour nous débarrasser de ce problème» et «il faut effectuer notre propre enquête, a déclaré M. Poutine à la télévision russe, appelant les responsables sportifs russes à la «coopération la plus ouverte, la plus professionnelle avec les structures internationales antidopage».

«Ce problème n'existe pas qu'en Russie, mais si nos collègues étrangers ont des questions, il faut y répondre pour qu'ils n'en aient plus», a dit le président.

«Si quelqu'un viole les règles en vigueur dans le domaine antidopage, la responsabilité doit être individuelle», a déclaré M. Poutine. «Les athlètes qui n'ont jamais touché au dopage ne doivent pas pâtir pour ceux qui enfreignent quelque chose», a-t-il insisté.

Mesures antidopage 

Le ministre russe des Sports, Vitali Moutko, n'a pas exclu que la Russie puisse notamment «réfléchir à l'introduction de poursuites pénales» contre les athlètes contrôlés positivement pour dopage.

«Nous sommes (...) prêts si nécessaire à nommer un spécialiste étranger à la tête du laboratoire antidopage de Moscou», a par ailleurs indiqué le ministre à l'agence de presse R-Sport, alors que ce laboratoire est au coeur des critiques.

L'ancien directeur du laboratoire moscovite qui est au centre des soupçons, Grigori Rodtchenkov, vient de démissionner. Dans son rapport publié lundi, qui a déclenché le séisme, l'Agence mondiale antidopage (AMA) l'accusait d'être au coeur d'un système généralisé de dopage qui incluait la destruction des tests positifs.

Malgré ces gestes d'ouverture, la Russie entend rester ferme. L'exclure des JO-2016 en athlétisme viserait à se débarrasser d'un «concurrent important» et à «souiller l'image» du pays, a protesté mercredi M. Moutko.

Cet énorme scandale rappelle le dopage institutionnalisé mis en place du temps du bloc soviétique, notamment en RDA.

Dans son rapport, l'AMA a affirmé que le système de dopage identifié n'avait pas pu exister «sans l'approbation tacite ou explicite des autorités gouvernementales russes».

D'autres pays, d'autres sports 

La question de l'implication d'autres pays et d'autres sports dans des scandales de dopage est ouverte. «La Russie n'est pas le seul pays, ni l'athlétisme le seul sport, à faire face au problème du dopage organisé», a rappelé l'AMA dans son rapport.

«C'est injuste de se concentrer uniquement sur la Russie. Il devrait y avoir la même enquête sur des pays comme le Kenya et l'Éthiopie», a déclaré mercredi le lanceur d'alerte russe Andrey Baranov au journal britannique The Guardian. La Chine est aussi régulièrement pointée du doigt par des experts.

Au-delà de la seule question du dopage, le scandale actuel est aussi marqué par des soupçons de corruption. Le Sénégalais Lamine Diack, 82 ans, qui a quitté en août son poste de président de l'IAAF après 15 ans de règne, est accusé d'avoir couvert le dopage d'athlètes russes moyennant finances.

Le numéro un du Comité international olympique (CIO), Thomas Bach, a déclaré avoir «confiance» dans le nouveau président de l'IAAF, Sebastian Coe, pour «nettoyer» l'institution.

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