Subventions: le Marathon plus profitable que la F1

Selon un document fourni par les organisateurs du... (Photo Robert Skinner, archives La Presse)

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Selon un document fourni par les organisateurs du Marathon, l'événement montréalais a entraîné 13,4 millions de retombées l'année dernière. Ces retombées ont été obtenues avec 200 000 $ d'argent public, des subventions provenant en grande partie de divers ministères québécois et de Tourisme Montréal.

Photo Robert Skinner, archives La Presse

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L'argent public fait davantage de chemin à pied qu'en voiture, si l'on en croit des données récentes qui démontrent que les subventions accordées au Marathon de Montréal sont beaucoup plus profitables que celles versées chaque année à la Formule 1.

L'écart est important. Le dollar d'argent public investi dans le Marathon récolte dix fois plus de retombées économiques que celui injecté dans le Grand Prix de F1, selon les calculs de La Presse.

Quelque 32 000 coureurs vont participer à la course de dimanche, un nombre record pour le marathon montréalais. «Ce chiffre place désormais le Marathon de Montréal parmi les 10 plus importants en Amérique du Nord», selon Scott Dickey, PDG de Competitor Group, la société américaine qui a acquis l'événement de ses fondateurs locaux il y a deux ans.

Selon un document fourni par les organisateurs du Marathon, l'événement montréalais a entraîné 13,4 millions de retombées l'année dernière. Il a par ailleurs attiré 29 551 visiteurs étrangers, si l'on tient compte des coureurs venus de l'extérieur de la ville avec leur famille.

Ces retombées ont été obtenues avec 200 000$ d'argent public, des subventions provenant en grande partie de divers ministères québécois et de Tourisme Montréal. La Ville offre quant à elle un soutien logistique qu'elle n'a pas été en mesure de chiffrer. Il s'agit d'un rendement de 67$ de retombées pour chaque dollar d'argent public investi.

En guise de comparaison, le Grand Prix de F1 du Canada reçoit chaque année 15 millions en deniers publics. Les retombées sont de l'ordre de 89,3 millions, selon une étude contestée du ministère québécois des Finances, pour un rendement d'un peu moins de 6 dollars pour chaque dollar public investi.

«On espère attirer encore plus de coureurs à Montréal l'année prochaine et faire grandir l'événement. Dès cette année, on pense dépasser la barre des 15 millions de retombées, note Scott Dickey. On veut faire grandir l'événement.»

Competitor Group a acheté le Marathon des mains de Bernard Arsenault il y a deux ans. La société à but lucratif est la propriété du fonds d'investissement Calera Capital et gère une quarantaine de courses à travers le monde.

Dès le départ, l'entreprise américaine a annoncé son intention de faire bondir le nombre de coureurs; il est passé de 24 000 participants en 2011 à 32 000 cette année. Competitor Group affirme avoir beaucoup augmenté la publicité en Amérique du Nord et en Europe afin d'attirer les athlètes du dimanche.

Mais l'entreprise américaine a-t-elle besoin d'argent public pour organiser un marathon profitable, selon toute vraisemblance? «C'est un partenariat public-privé. Le gouvernement investit de l'argent public seulement s'il pense récolter des retombées suffisantes. Que les subventions aillent à une entreprise sans but lucratif ou à but lucratif, ça ne change rien. Dans ce cas-ci, c'est une entreprise à but lucratif qui va rapporter au gouvernement des retombées plus grandes que jamais», fait valoir le patron de Competitor Group.

Les études sur les retombées économiques suscitent la méfiance. Celle sur le Grand Prix du Canada est régulièrement mise à mal, certains observateurs estimant qu'elle gonfle les retombées pour Montréal. Elle n'a par ailleurs jamais été rendue publique.

Celle sur le Marathon de Montréal tient sur six pages. Elle a été réalisée par le directeur du programme d'administration des affaires (MBA) du sport de l'Université de San Diego. Se basant sur un sondage mené auprès de 6036 répondants qui ont participé au marathon en 2012, elle conclut à des retombées de 13,4 millions, à la présence de 29 551 visiteurs en ville qui ont acheté 6571 nuitées en hôtel. Le rapport indique des dépenses touristiques directes de 8,5 millions.

En chiffres

4000

Nombre de participants sur la distance de 42,2 km. Ils seront aussi 14 000 au demi-marathon (21 km), 7000 au 10 km et 3000 au 5 km. Le P'tit Marathon va quant à lui aligner des coureurs de 12 ans et moins sur une distance de 1 km.

32 000

Le Marathon de Montréal va compter 32 000 participants, un record. Il y en avait 24 000 il y a deux ans.

10 X

Chaque dollar d'argent public investi dans le Marathon de Montréal entraîne 10 fois plus de retombées économiques qu'un dollar investi dans le Grand Prix de Formule 1, selon nos calculs.

Un triathlon de plus en ville?

Competitor Group se dit pleinement satisfaite de l'acquisition du Marathon. Tellement que l'entreprise américaine ne cache pas son désir de s'impliquer davantage à Montréal, notamment en triathlon.

«On aimerait être plus présents à Montréal. Le triathlon est au coeur de notre expansion. Ça fait partie de nos discussions à l'interne, même si on n'a pas encore eu de discussions formelles avec la Ville», note le PDG de Competitor Group, Scott Dickey.

Le gestionnaire n'a pas voulu en dire davantage. Il s'est contenté de préciser qu'il savait que la métropole comptait déjà un triathlon, à l'automne.

En entrevue, Scott Dickey n'est d'ailleurs pas revenu sur la décision de Competitor de réduire l'aide qu'elle offrait aux coureurs d'élite. L'entreprise a choisi, il y a un mois, d'éliminer les bourses de présence qu'elle offrait aux meilleurs coureurs afin qu'ils participent à ses courses en Amérique du Nord.

La décision a fâché certains observateurs, qui estiment que les grandes courses populaires ont un rôle à jouer dans le soutien des athlètes d'élite et de l'athlétisme. Certains blogues ont appelé au boycottage de l'entreprise et de ses courses.

Scott Dickey explique que le choix d'éliminer ces bourses - qui s'élevaient parfois à 20 000$ par coureur pour les plus rapides d'entre eux - est stratégique. L'entreprise espère ainsi épargner plus d'un million qu'elle entend redistribuer à tous les coureurs, peu importe leur temps de course.

«C'était vraiment difficile de voir l'effet qu'avaient les coureurs d'élite sur nos courses, explique M. Dickey. Souvent, ces coureurs ne parlent ni anglais ni français, ne s'adressent pas aux médias, n'ont aucune influence sur les commanditaires, n'ont aucune influence sur le nombre de billets vendus.»

La décision prise il y a un mois n'aura pas d'effet sur le Marathon de Montréal, puisque celui-ci n'avait pas la tradition d'offrir des bourses de présence.

Un dollar par coureur à la Fédé

Pour la première fois cette année, l'organisation du Marathon de Montréal va remettre à la Fédération d'athlétisme du Québec un dollar pour chaque participant. «C'est une grosse affaire pour nous », lance le président de la Fédération, Laurent Godbout.

La Fédération tente de mieux encadrer les courses populaires dans la province, qui n'ont cessé de se multiplier ces dernières années. Dans une entrevue récente avec La Presse, Godbout déplorait que certaines de ces courses, comme le Marathon des Deux-Rives, à Québec, s'organisent en marge des structures de la Fédération. Il disait rêver qu'un jour les organisateurs remettent un dollar par coureur à son organisme.

«L'appui du Marathon de Montréal nous a permis d'engager quelqu'un à mi-temps pour s'occuper des courses», note Godbout. Le rôle de la Fédération d'athlétisme dans les courses populaires est sujet à débat. Certains organisateurs estiment qu'elle n'apporte rien. D'autres croient qu'elle est la seule entité capable de mettre de l'ordre dans un milieu à la croissance «anarchique», d'assurer des courses sécuritaires et une qualité minimale.

Cinq livres sur la course

Les livres sur la course à pied prolifèrent au Québec depuis quelques années. La Presse en a recensé quelques-uns.

Pas, Chroniques et récits d'un coureur - Yves Boisvert

Dans un style très personnel et avec un humour raffiné, le chroniqueur de La Presse fait le récit de ses aventures de course à pied. L'auteur entame son oeuvre en s'excusant: «Je n'ai aucune compétence athlétique, ni technique, ni sportive, pour m'autoriser à écrire sur la course à pied.» Le ton est donné! La préface est signée Marc Labrèche.

Gérard Côté, 192 000 kilomètres de course - Paul Foisy

Gérard Côté est le plus grand marathonien canadien, comme en font foi ses quatre victoires au mythique Marathon de Boston. La victoire d'un Canadien français au Marathon de Boston en 1940 déclenche une importante réaction médiatique au Québec. Chercheur en histoire du sport et membre du comité de sélection du Panthéon des sports du Québec, Paul Foisy fait le portrait de ce grand athlète québécois.

La course à pied au féminin - Sophie Allard

La course à pied au féminin s'adresse à toutes les coureuses, aussi bien la débutante que la marathonienne confirmée. Elle-même coureuse, Sophie Allard fait le tour des questions qui préoccupent les adeptes: entraînement et équipement, bienfaits de la course à pied, sécurité, prévention des blessures, trucs pour les coureuses débordées et conseils pour courir durant l'adolescence, la grossesse et la ménopause.

Courir au bon rythme - Jean-Yves Cloutier et Michel Gauthier

Après avoir vendu 20 000 exemplaires de Courir au bon rythme, du débutant à l'expert, les auteurs ont récidivé avec leur guide d'entraînement pour les coureurs confirmés. Dans le premier livre, les auteurs présentent un programme en 10 niveaux et dans le second, des programmes et des conseils poussés s'adressant à ceux qui ont au moins deux ans d'expérience.

Course à pied, le guide d'entraînement et de nutrition - Richard Chouinard et Natalie Lacombe

Ouvrage vivant et original qui allie programmes d'entraînement, plans nutritionnels, conseils pour optimiser sa récupération, solutions aux blessures, crampes, perte de poids, anémie, recommandations pour les enfants, femmes enceintes, adolescents et... 35 recettes simples et rapides à cuisiner!




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