• Accueil > 
  • Sports 
  • > Tension raciales: Subban derrière Kaepernick 

Tension raciales: Subban derrière Kaepernick

« À notre époque, il y a beaucoup d'enjeux... (PHOTO MARK HUMPHREYS, AP)

Agrandir

« À notre époque, il y a beaucoup d'enjeux et les gens choisissent le meilleur moyen pour communiquer leur opinion », a expliqué P.K. Subban.

PHOTO MARK HUMPHREYS, AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(NASHVILLE) Il y a eu Colin Kaepernick, puis d'autres ont suivi. Des athlètes ont profité de l'hymne national américain pour dénoncer la mort d'Afro-Américains sous les balles de la police.

Ça a commencé au football. Mais bien vite, des joueurs de basketball et de soccer ont aussi tenu à s'agenouiller durant le Star-Spangled Banner. Alors que la saison va commencer dans la LNH, la question se pose : verra-t-on des joueurs de hockey suivre les pas de Kaepernick ?

« Je ne sais pas. C'est dur à dire tant que ce n'est pas arrivé, a répondu P.K. Subban quand La Presse lui a posé la question vendredi à Nashville. Et si ça arrive, je pense qu'il y aura beaucoup de questions. »

Subban a étoffé un peu sa réponse. Manifestement, il savait que cette question viendrait. Oui, il est Canadien. Mais il est de loin le plus reconnu des joueurs noirs dans la LNH. Il arrive par ailleurs à Nashville, une ville où le paysage racial n'a rien à voir avec ce qu'il a connu à Toronto et à Montréal.

Kaepernick et les autres ont été sévèrement critiqués par la droite américaine. Ils auraient manqué de respect envers le drapeau et l'armée. 

« Ce que [Kaepernick] a fait est une chose terrible. Peut-être qu'il devrait trouver un pays qui lui convienne mieux. »

- Donald Trump, candidat républicain à la présidence

C'est dans ce contexte tendu que Subban a donc répondu. Il a pesé ses mots. Mais en clair, ce qu'il pense, c'est que Kaepernick est dans son droit.

« À notre époque, il y a beaucoup d'enjeux et les gens choisissent le meilleur moyen pour communiquer leur opinion, a dit Subban. Et c'est ça, être un citoyen américain : respecter la liberté d'expression et avoir le droit de se tenir debout pour ses convictions. Il a choisi d'exercer ce droit. »

LA LNH, UN MONDE À PART

On aurait aimé en savoir plus sur sa vision. Malheureusement, aucun des journalistes américains présents n'a relancé le sujet. Dans la NFL, la NBA et ailleurs, les reporters ne cessent de questionner les joueurs sur ce mouvement qui prend de l'ampleur. Pas au hockey, semble-t-il.

L'entraîneur John Tortorella, qui a mené l'équipe américaine à la Coupe du monde, s'est fait poser la question il y a quelques jours. « Si un de mes joueurs reste assis durant l'hymne, il va rester assis tout le match », a répondu Tortorella.

Serait-il plus difficile pour les joueurs de prendre position dans la LNH ? Au baseball, plusieurs athlètes ont dit dans les derniers jours sentir que les répercussions seraient plus graves pour eux s'ils imitaient Kaepernick. « Il y a moins de Noirs au baseball. Alors il y a naturellement une forme de peur », a dit le joueur des Cubs Jason Heyward, lui-même afro-américain.

Au baseball, seulement 8 % des joueurs sont noirs, contre 67 % dans la NFL et 77 % dans la NBA. C'est pourquoi, selon Hayward, on ne voit pas de joueurs de baseball suivre le mouvement.

Dans la LNH, les Noirs ne représentent que 3 % de tous les joueurs.

UN NOUVEAU CONTEXTE

La pasteure Judy D. Cummings est l'une des voix les plus respectées de la communauté afro-américaine de Nashville. Son église est au coeur du quartier le plus défavorisé en ville.

Elle explique que Nashville, où 27 % de la population est afro-américaine, est en pleine croissance. Mais cette croissance se fait aux dépens des populations plus pauvres, souvent noires. L'embourgeoisement les déplace « aux limites de la ville, où les écoles sont moins bonnes, les transports sont moins bons », déplore-t-elle.

« On n'a pas eu de cas récent où un policier a tiré sur une personne désarmée à Nashville. Mais selon moi, c'est quelque chose qui va se produire. Je dis ça parce que je sais comment la police fonctionne ici. »

- Judy D. Cummings, pasteure à Nashville

C'est dans ce nouveau contexte que va maintenant évoluer P.K. Subban. Cet été, le défenseur a paru faire allusion à ce débat de société qui secoue les États-Unis.

Le 5 juillet, Alton Sterling, un père de famille de 37 ans, est tué par des policiers à Baton Rouge, en Louisiane. Trois jours plus tard, P.K. Subban met en ligne une image sur sa page Instagram, avec cette citation de Martin Luther King : « Nos vies commencent à finir le jour où on reste silencieux quant aux choses qui importent. »

Il est clair que Subban respecte le droit de tous ces athlètes qui, comme Kaepernick, refusent de rester silencieux. Sera-t-il l'un d'eux ? La LNH verra-t-elle cette saison un joueur un genou au sol durant l'hymne national américain ? Ça reste à voir.

Blessé au haut du corps

Les dirigeants des Predators de Nashville avaient hâte de voir à l'oeuvre leur nouveau défenseur-vedette. Ils devront patienter encore : l'équipe a annoncé vendredi que Subban était blessé au haut du corps. Le joueur de 27 ans va manquer les premiers jours du camp d'entraînement, qui commence officiellement aujourd'hui. Il va aussi rater le premier match hors concours de sa nouvelle équipe. Subban sera réévalué par son équipe mardi. Le joueur a patiné quelques fois dans les derniers jours à Nashville. Mais il a dit en entrevue à La Presse s'être senti « un peu courbaturé, c'est tout ». L'équipe et le joueur n'ont pas voulu en dire davantage. Lors de la dernière saison, Subban avait raté les 14 derniers matchs de la saison à cause d'une blessure au cou.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Sports

Tous les plus populaires de la section Sports
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer