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Commotions cérébrales: un rapport sur les tablettes

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Des dizaines de jeunes sportifs québécois sont aux prises avec les symptômes d'une commotion cérébrale.

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Dave Ellemberg est un spécialiste des commotions cérébrales. Il est l'un des auteurs d'un document montrant comment encadrer ces commotions. Il est déçu que ce protocole soit tenu secret, sur le bureau du ministre libéral responsable du Sport, François Blais.

Chaque semaine, de jeunes sportifs québécois subissent une commotion cérébrale. Chaque semaine, des bénévoles, des parents, des adultes souvent sans formation se demandent: comment les aider?

Ils rêveraient d'avoir un protocole clair établi par des spécialistes pour savoir comment encadrer les commotions cérébrales. Mais voilà que ce document existe, qu'il a été produit avec des fonds publics et qu'il est gardé loin des regards, sur le bureau du ministre libéral responsable du Sport, François Blais.

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Le Dr Dave Ellemberg, chercheur et neuropsychologue

Photo Martin Chamberland, La Presse

Cette volonté de garder secret un rapport produit il y a des mois déçoit l'un de ses auteurs, le spécialiste des commotions cérébrales Dave Ellemberg. «Oui, il y a une urgence en ce moment. Et oui, je suis déçu que le rapport n'ait pas encore été rendu public et qu'aucune de ses recommandations n'ait été mise en place, explique le Dr Ellemberg en entrevue. Là, c'est le silence total du côté du gouvernement.»

Le gouvernement du Parti québécois avait créé en janvier 2014 le Groupe de travail sur les commotions cérébrales sous la présidence du neuropsychologue Dave Ellemberg. Quand les libéraux ont pris le pouvoir, le Groupe de travail a été maintenu et le nouveau gouvernement semblait enthousiaste, précise M. Ellemberg. Le rapport a été remis en mars dernier. Depuis, c'est le silence radio.

«Quand on nous avait sondés en 2014, c'était dans l'optique de faire quelque chose de très rapide, raconte Ellemberg. Il y avait un sentiment d'urgence devant le fléau des commotions cérébrales chez les jeunes.»

Le Groupe de travail s'est donc mis au travail. À la fin du mois de mars, il a remis son rapport au ministre. Le document est donc entre les mains du ministre responsable du Loisir et du Sport, François Blais, depuis maintenant six mois. Même s'il contient des pistes de solution qui pourraient aider des dizaines de jeunes Québécois aux prises avec les symptômes d'une commotion cérébrale, le ministre refuse de le dévoiler. Une demande d'accès à l'information faite par La Presse a d'ailleurs été refusée.

Au bureau du ministre François Blais, une porte-parole assure que le rapport sera rendu public «prochainement». «On a toujours dit qu'il serait rendu public, a expliqué Julie White, attachée de presse du ministre. On est en train de travailler là-dessus et ça va se faire prochainement.»

De son côté, le porte-parole de l'opposition officielle en matière de sports déplore les retards. «On ne comprend pas pourquoi le ministre garde ce rapport secret. Il en va de la sécurité de nos jeunes, dit Sylvain Pagé, député du Parti québécois. Chaque semaine, on entend parler de cas de commotions cérébrales. Les gens font comme ils peuvent sans protocole formel et, pendant ce temps-là, le rapport d'experts est là sur le bureau du ministre.»

Un protocole

Sans attendre le gouvernement, Ellemberg a décidé d'agir. Il publie aujourd'hui le premier protocole complet pour les cas de commotion cérébrale au Québec. Une ressource similaire est contenue dans le rapport, mais le chercheur estime qu'on ne pouvait plus attendre.

Le document d'une trentaine de pages vient d'être mis en ligne. «Je donne souvent des conférences dans le milieu sportif et c'est assez marquant de voir à quel point les intervenants du sport sont désemparés quand ils sont aux prises avec une commotion cérébrale», dit-il.

Ellemberg remarque que, souvent, des enfants sont remis au jeu après avoir subi un coup à la tête simplement parce qu'ils ne présentent pas de symptômes de commotion. Selon le spécialiste, il s'agit d'une erreur; dans le doute, il faut s'abstenir.

«Pour un jeune sur quatre, les symptômes de commotion se manifestent seulement après 24 à 48 heures, explique le chercheur. On peut donc avoir un jeune qui ne présente pas de symptômes mais qui a souffert d'une commotion. Si on voit un mauvais coup, il ne faut pas prendre de risque.»

Le protocole propose aussi que chaque école et chaque équipe sportive nomment un responsable des commotions cérébrales. Trop souvent, constate le chercheur, il n'y a aucune personne ressource pour prendre le relais en cas de commotion. «Des fois, des enfants subissent une commotion et leurs parents ne sont même pas mis au courant, explique M. Ellemberg. Ça peut paraître évident de prévenir les parents, mais souvent ce n'est pas fait.»

Le chercheur espère que les intervenants du sport se serviront de l'outil mis en ligne. Il recommande également l'application CerveauSport, offerte gratuitement pour les produits Apple, qui sert à planifier le retour au jeu des sportifs blessés à la tête.

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