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Vingt-cinq millions de personnes par an meurent dans des souffrances évitables

«Les inégalités d'accès aux antidouleurs pour les soins... (PHOTO PASCAL RATTHÉ, ARCHIVES Le Soleil)

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«Les inégalités d'accès aux antidouleurs pour les soins palliatifs sont l'une des injustices les plus criantes au monde», affirme l'une des auteurs de l'étude, le professeur Felicia Knaul, de l'Université de Miami.

PHOTO PASCAL RATTHÉ, ARCHIVES Le Soleil

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Agence France-Presse
PARIS

Quelque 25 millions de personnes, dont 2,5 millions d'enfants, meurent chaque année dans des souffrances qui auraient pu être allégées grâce à la morphine, selon une étude publiée vendredi.

Cela représente près de la moitié des décès qui ont lieu dans le monde chaque année, estiment les auteurs de cette étude publiée dans la revue The Lancet.

Selon eux, la majorité des patients qui sont privés d'antidouleurs vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire, qui reçoivent moins de 4% des 299 tonnes de morphine distribuées dans le monde.

«Les inégalités d'accès aux antidouleurs pour les soins palliatifs sont l'une des injustices les plus criantes au monde», affirme l'une des auteurs de l'étude, le professeur Felicia Knaul, de l'Université de Miami.

«Le monde fait face à une lamentable crise de la douleur: un accès limité voir nul à la morphine pour des dizaines de millions d'adultes et d'enfants qui vivent et meurent dans des souffrances horribles et évitables», ajoute-t-elle.

Les auteurs de l'étude pointent l'écart entre le manque dans les pays pauvres d'opioïdes destinés à soulager les douleurs et l'abus de ces substances dans les pays riches.

En Amérique du Nord, un nombre croissant de gens deviennent dépendants à de puissants médicaments antidouleur délivrés sur ordonnance avant, parfois, de se tourner vers l'héroïne, souvent mélangée à des substances de synthèse.

Au niveau mondial, les auteurs de l'étude plaident pour des «politiques globales plus équilibrées, afin de faciliter l'accès aux analgésiques opiacés répondant à un besoin médical».

«L'exemple de plusieurs pays, dont l'Autriche, l'Allemagne, la Suisse, le Royaume-Uni ou l'Ouganda, ainsi que l'État du Kerala en Inde montre qu'on peut tout à fait augmenter l'accès (à ces substances) dans un but médical sans pour autant aggraver le risque d'un usage non médical», assurent-ils.

«Nous ne devons pas laisser «l'opiophobie» priver de ces médicaments peu chers et essentiels des patients de pays pauvres qui agonisent alors qu'ils se battent contre des maladies comme le cancer ou le sida», selon le professeur Knaul.

Les auteurs de l'étude estiment que le fait de fournir aux pays pauvres la morphine ou les traitements équivalents dont ils manquent ne coûterait que 145 millions de dollars US par an si on appliquait les tarifs bas dont bénéficient les pays riches.




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