Moins de rejets de greffes du rein chez les hommes, selon une étude

Une étude de l'Université McGill établit un lien entre... (Photo François Roy, Archives La Presse)

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Une étude de l'Université McGill établit un lien entre la présence d'hormones sexuelles chez les femmes et la capacité à accepter une greffe de rein.

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Les femmes sont plus susceptibles que les hommes d'avoir un rejet après une greffe du rein, selon une nouvelle étude montréalaise. Les hormones sexuelles sont probablement en cause, ce qui signifie que le protocole des greffes devrait varier selon l'âge et le sexe du patient.

« Les autres études sur le sujet avaient des patients de tous âges », explique l'auteure principale de l'étude, Bethany Foster de l'Université McGill. « Il semblait y avoir légèrement moins de rejet chez les femmes. Je fais surtout des études en pédiatrie et j'ai vu, dans des études sur d'autres facteurs influençant les greffes, que chez les garçons, le taux de rejet semblait moindre. Nous avons décidé de faire une stratification selon l'âge pour en avoir le coeur net. »

Les chercheurs de McGill ont examiné les dossiers de 160 000 patients ayant eu une greffe de rein entre 1995 et 2013. Durant le suivi d'une médiane de cinq ans, il y a eu 41 % de rejets et 23 % étaient morts.

« Nous nous sommes rendu compte que particulièrement chez les jeunes femmes, le taux de rejet est plus important que chez les hommes, dit la néphrologue pédiatrique. Chez les plus vieux, il n'y a presque pas de différence. Cela suggère que les hormones sexuelles jouent un rôle. »

L'effet est important : au début de l'âge adulte, les femmes ont 40 % plus de risque de rejet que les hommes. À titre de comparaison, les jeunes adultes ont - tous sexes confondus - un taux de rejet deux fois plus élevé que la moyenne. Le taux de rejet supérieur au début de l'âge adulte est lié à une mauvaise prise de médicaments et à un système immunitaire généralement plus actif, selon la Dre Foster.

Les hormones sexuelles féminines joueraient un rôle plus important, notamment parce que leur variation est plus importante. « Des études non liées aux greffes montrent que les hormones sexuelles féminines semblent activer le système immunitaire et que celles des hommes en diminuent l'activité, dit la Dre Foster. Certaines formes de grippe semblent affecter davantage les hommes, qui ont aussi un risque légèrement plus élevé d'infections en général. En contrepartie, les maladies auto-immunes [maladies causées par un système immunitaire trop actif] sont beaucoup plus fréquentes chez les femmes. »

CHEZ LE DONNEUR AUSSI

L'étude a aussi observé un impact de sexe du donneur de rein. « Les cellules des hommes contiennent une protéine dont sont dépourvues celles des femmes, l'antigène HY, dit la Dre Foster. Il est possible que le système immunitaire des femmes qui reçoivent le rein d'un homme puisse reconnaître l'antigène HY et le considérer comme étranger. » En revanche, poursuit-elle, les cellules des femmes ne contiennent pas de protéine qui déclenche une telle réaction immunitaire chez les greffés du rein de sexe masculin.

Quel est l'impact clinique de cette découverte ? « Il nous faut traiter les hommes et les femmes différemment et aussi tenir compte de l'âge », dit la Dre Foster, qui veut maintenant voir si les greffes stimulent différemment les systèmes immunitaires des hommes et des femmes. « Nous voulons aussi voir si le corps des hommes et des femmes réagit différemment aux médicaments antirejet. Le cycle menstruel pourrait aussi changer le métabolisme de ces médicaments et les rendre moins efficaces. »




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