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Advil, Motrin et autres antidouleurs: risques de crise cardiaque dès la 1re semaine d'utilisation

Les résultats d'une méta-analyse dirigée par l'Université de... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE)

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Les résultats d'une méta-analyse dirigée par l'Université de Montréal montrent que tous les anti-inflammatoires étudiés, notamment l'ibuprofène (Advil, Motrin), font augmenter le risque de crise cardiaque, dès leur première semaine d'utilisation.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

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Plusieurs médicaments fréquemment consommés, dont l'ibuprofène (Advil, Motrin) et la naproxène (Aleve), augmentent le risque de crise cardiaque dès leur première semaine d'utilisation, selon une nouvelle étude québécoise. Mais attendez avant de jeter vos pilules : le risque absolu demeure faible, et les auteurs invitent à comparer les risques et bénéfices avant de commencer ou interrompre un traitement. Le point en cinq questions.

EST-CE LA PREMIÈRE FOIS QUE DES RISQUES DE CRISE CARDIAQUE SONT SOULEVÉS POUR LES MÉDICAMENTS DE CE TYPE ?

Non. Plusieurs études avaient pointé les risques d'infarctus du myocarde entraînés par les médicaments appelés « anti-inflammatoires non stéroïdiens ». En 2015, la FDA américaine et Santé Canada ont renforcé les avertissements sur les étiquettes de plusieurs de ces médicaments, incluant l'ibuprofène. Encore le mois dernier, les auteurs d'une étude danoise recommandaient d'éviter le diclofenac (Voltaren, Arthrotec) et de limiter l'ibuprofène à 1200 mg par jour (soit six comprimés d'Advil par jour, la moitié de la dose maximale recommandée au Canada).

QUELLE EST LA NOUVEAUTÉ DE L'ÉTUDE QUÉBÉCOISE ?

La première est sa force statistique. Le travail dirigé par Michèle Bally, du Centre de recherche du centre hospitalier de l'Université de Montréal, porte sur près de 500 000 patients, dont 61 000 ont subi un infarctus. Il s'agit d'une méta-analyse qui regroupe les résultats de quatre études menées au Québec, en Saskatchewan, en Finlande et au Royaume-Uni. L'étude permet de mieux comparer les différents médicaments et précise le moment où le risque apparaît. Elle a été menée en collaboration avec des chercheurs du département d'épidémiologie de l'Université McGill.

DE QUELS MÉDICAMENTS PARLE-T-ON EXACTEMENT ?

L'étude porte sur le célécoxib (Celebrex et génériques), l'ibuprofène (Advil, Motrin), le diclofenac (Voltaren, Arthrotec), la naproxène (Aleve) et le rofécoxib (Vioxx), qui a été retiré du marché en 2004.

QUELLES EN SONT LES GRANDES CONCLUSIONS ?

Les résultats montrent que tous les anti-inflammatoires étudiés font augmenter le risque de crise cardiaque, qu'ils soient consommés pendant une semaine, un mois ou plus d'un mois. Les risques augmentent avec les doses consommées.

C'est aussi la première fois qu'on montre qu'un risque existe pour des usages très courts, soit de un à sept jours. Les données de l'étude ne permettent cependant pas de déterminer à quelles doses ce risque apparaît pour des usages aussi brefs.

« Notre recherche vient renforcer l'idée qu'il faut regarder ces différents médicaments sur une même base. Ça vient mettre à mal une perception qui perdure et voulant que la naproxène ait un risque cardiovasculaire plus faible », explique à La Presse Michèle Bally.

L'étude confirme aussi que le profil de risque du rofécoxib, retiré du marché, est supérieur à ceux des autres anti-inflammatoires non stéroïdiens.

FAUT-IL JETER SES COMPRIMÉS D'ADVIL, DE MOTRIN, D'ALEVE ET AUTRES CELEBREX ?

Non. « Il ne faut pas s'affoler, et mettre ça en perspective. Dans ce genre de choses, tout est en nuances », précise Michèle Bally.

De façon générale, l'équipe québécoise a trouvé que les médicaments étudiés augmentent le risque d'infarctus du myocarde entre 20 et 50 %. À première vue, ça semble énorme. Mais il faut garder en tête que quelqu'un qui a un risque « modéré » d'avoir un infarctus du myocarde a 1 % de probabilités d'en subir un dans la prochaine année.

« Au lieu d'avoir 1 %, ça devient 1,2 % ou 1,5 %. D'un point de vue individuel, ça reste très faible », dit la professeure Bally, qui souligne que c'est du point de vue de la santé publique qu'il faudra réagir, compte tenu de la popularité des médicaments concernés.

L'épidémiologiste souligne qu'en pleine crise des opiacés, la pire chose à faire serait de tourner le dos aux anti-inflammatoires pour utiliser des médicaments encore plus risqués. Elle incite les gens à faire évaluer leur santé cardiovasculaire et à discuter avec leur médecin des options qui s'offrent à eux, en considérant toujours les risques et bénéfices des traitements.

UNE RELATION DE CAUSE À EFFET

Établir que les gens qui consomment des anti-inflammatoires ont davantage d'infarctus ne suffit pas à conclure que ces médicaments causent un risque. On pourrait plaider, par exemple, que c'est l'inflammation dont souffrent ces gens, et non les médicaments, qui favorise les infarctus. Dans ce cas, cependant, les chercheurs québécois ont des raisons de penser que ce sont bien les médicaments qui causent le problème. La première est que le risque varie selon le type de médicament. L'autre est que d'autres études ont montré que des patients qui ont consommé ce type d'anti-inflammatoire sont plus susceptibles de subir des crises cardiaques que ceux qui ont pris un placebo.




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