Découverte montréalaise: un traitement pour les commotions cérébrales?

Des chercheurs montréalais ont trouvé le moyen de... (Photo Alain Roberge, Archives La Presse)

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Des chercheurs montréalais ont trouvé le moyen de rétablir les liaisons entre neurones qui sont endommagées lors d'une commotion cérébrale. Leurs travaux laissent entrevoir un traitement pour les vedettes du sport.

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Des chercheurs montréalais ont trouvé le moyen de rétablir les liaisons entre neurones qui sont endommagées lors d'une commotion cérébrale. Leurs travaux laissent entrevoir un traitement pour les vedettes du sport.

« Nous avons identifié dans le monde végétal des protéines qui jouent un rôle important dans un processus similaire à la croissance des axones humains », explique Alyson Fournier, de l'Institut neurologique de Montréal, coauteure de l'étude publiée dans la revue Neuron. « Elles permettent la croissance des axones endommagés chez la souris et dans des cellules humaines. » Leurs travaux portent pour le moment sur les blessures à la colonne vertébrale et sur les accidents cérébro-vasculaires (ACV), plutôt qu'au cerveau.

LA TRANSMISSION DES MESSAGES

Les axones permettent aux neurones d'envoyer des messages à d'autres cellules du système nerveux. Pour le moment, la croissance des neurones avec ces protéines, appelées « 14-3-3 », n'a été testée que pour les dommages récents aux axones, mais Mme Fournier veut vérifier si elles fonctionnent dans le cas de blessures chroniques. « Avec des blessures chroniques, les axones meurent parfois et il n'y a rien pour soutenir la nouvelle croissance. Et la capacité de croître à nouveau diminue avec le temps chez les axones endommagés. »

50 à 72 %
Proportion des patients qui survivent sans symptômes à une commotion cérébrale modérée ou sévère dont les axones sont endommagés.

Si tout fonctionne parfaitement et que le financement est suffisant, quel est le délai minimum pour disposer d'un traitement basé sur cette découverte ? « Nous devons voir quel est le meilleur mode d'administration de ces protéines, dit Mme Fournier.

Pour le moment, nous les injectons directement dans la moelle épinière. Ce n'est pas pratique sur le plan clinique. Et nous avons aussi des travaux sur des dérivés de cette famille de protéines qui pourraient être plus efficaces et plus ciblés. Il faudra probablement encore cinq ans pour ces nouvelles études. Si tout va bien durant ce temps, il faudra ensuite faire des études cliniques, ce qui prendra dix ans supplémentaires si tout va bien. »

UNE PREMIÈRE

Pourquoi personne n'avait songé à tester ces protéines ? « D'autres groupes testent la molécule pour les maladies dégénératives comme la sclérose en plaques ou pour le cancer, mais nous sommes les premiers à montrer qu'elles peuvent favoriser la croissance d'axones endommagés de mammifères, dit la chercheuse de McGill. D'autres travaillent sur des champignons toxiques pour les plantes agricoles ! »

Quels sont les autres traitements envisagés pour les dommages aux axones ? « Plusieurs essaient les cellules souches, dit la neurobiologiste montréalaise. D'autres misent sur la physiothérapie pour aider les axones survivants à acquérir de nouvelles fonctions et remplir le rôle des axones endommagés.




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