Hépatite C: des tests de dépistage rapide bientôt disponibles en France

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Connus sous le nom de TROD (test rapide d'orientation et de diagnostic), les tests - qui seront proposés gratuitement - doivent permettre de déceler le virus de l'hépatite C (VHC) en une quinzaine de minutes à partir d'une goutte de sang prélevée au niveau du doigt.

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Agence France-Presse

Six ans après avoir été autorisés pour le sida, des tests rapides de dépistage vont prochainement être mis à la disposition des associations et des centres de soins pour détecter le virus de l'hépatite C chez les quelque 75 000 personnes qui ignorent qu'elles sont infectées, en France.

« Les tests devraient être disponibles dès le mois de mai », a indiqué Jérôme André, le directeur d'HF Prévention, une association qui organise depuis plusieurs années des opérations de dépistage rapide du sida dans les populations les plus à risques, lors d'une conférence de presse organisée à Paris.

Connus sous le nom de TROD (test rapide d'orientation et de diagnostic), les tests - qui seront proposés gratuitement - doivent permettre de déceler le virus de l'hépatite C (VHC) en une quinzaine de minutes à partir d'une goutte de sang prélevée au niveau du doigt.

Selon l'Institut de veille sanitaire (InVS), quelque 400 000 personnes ont au total été infectées par le VHC en France dont 230 000 touchées par des formes chroniques.

Parmi celles-ci, quelque 75 000 ignoraient en 2014 qu'elles avaient été infectées, contre plus de 100 000 en 2004.

Si elle n'est pas traitée à temps, l'infection par le VHC va aboutir progressivement à des cirrhoses ou à des cancers du foie. Mais elle augmente également le risque de diabète et de maladies cardiovasculaires, selon le Pr Jean-Pierre Bronowicki, hépatologue.

Le VHC reste toutefois encore largement méconnu des Français comme le montre un sondage IFOP dont les résultats ont été rendus publics mardi : une personne sur cinq seulement s'est fait dépister dans sa vie tandis que près de 80 % ignorent que la transmission du virus se fait exclusivement par voie sanguine.

La principale voie de contamination reste aujourd'hui le partage de matériels (seringues, cuillère, coton imbibé...) entre toxicomanes.

Le virus peut également être transmis lors de rapports sexuels « traumatiques » sans préservatif, précise Jérôme André.

Il ajoute que comme dans le cas du sida, son association ira « au plus près des populations à risque » en dépêchant des unités mobiles dans les forêts, les stationnements, les aires d'autoroute.

Les tests VHC seront également proposés dans les centres commerciaux « selon des critères très précis » pour tenter de repérer les personnes qui ignorent qu'elles sont infectées (en grande majorité des hommes âgés de 18 à 60 ans).

Une fois le diagnostic posé, se posera toutefois la question de savoir quels patients pourront bénéficier des traitements coûteux, mais très efficaces arrivés sur le marché ces dernières années.

« Je crains que 80 % des personnes nouvellement dépistées ne soient pas traitées, car souffrant de formes mineures », déplore le Dr Pascal Mélin, président de l'association de patients SOS hépatites Fédération.

Les traitements innovants sont pour l'instant réservés en France aux formes les plus sévères, en dépit des protestations des associations et des médecins qui réclament son extension à tous les patients « afin d'éradiquer la maladie ».

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