Des chercheurs auraient trouvé une des causes de la schizophrénie

Des chercheurs voulant découvrir les causes biologiques de la schizophrénie... (Photo: Martin Chamberland, archives La Presse)

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Associated Press

Des chercheurs voulant découvrir les causes biologiques de la schizophrénie concentrent leur attention sur un facteur potentiel: la suractivité d'une partie du cerveau à l'adolescence et à l'âge adulte. Cette découverte pourrait mener à des moyens pour soigner cette maladie ou même la prévenir.

Selon Bruce Cuthbert, de l'Institut nationale de la santé mentale, un organisme américain qui a contribué financièrement à la recherche, elle pourrait même «modifier radicalement» la compréhension de la schizophrénie.

Un expert, qui n'a pas participé à cette recherche, affirme que les conclusions de l'étude, si elles ne sont pas encore prouvées, demeurent plausibles.

La maladie frappe environ 1 % de la population. Ceux qui en souffrent peuvent avoir des hallucinations, des idées délirantes, entendre des voix et se croire victimes d'un vaste complot. Personne ne connaît les causes de la maladie. La nouvelle étude, dont les résultats ont été publiés mercredi dans la revue Nature, peut jeter un nouvel éclairage sur la schizophrénie.

L'auteur principal de l'article, Steven McCarroll, de l'Institut Broad de MIT et de Harvard à Cambridge, dit que cette découverte peut concerner «une partie très substantielle des cas, si ce n'est pas la majorité d'entre eux».

La schizophrénie serait causée par un dérèglement du cerveau pendant l'adolescence ou au début de l'âge adulte. À cette époque de la vie, le cerveau réduit le nombre de synapses, ces zones de contact qui établissent la communication entre ses cellules. La nouvelle étude tend à suggérer un lien entre la schizophrénie et ce dysfonctionnement qui éliminerait trop de synapses.

«C'est comme un jardinier qui, en taillant les buissons, ferait un excès de zèle, observe M. Cuthbert. À la fin, la taille des buissons est beaucoup trop réduite.»

En comparant les données de 28 799 malades avec 35 986 personnes saines, les chercheurs ont découvert qu'un gène, baptisé C4, peut à lui seul augmenter de 30 % les risques d'être atteint par la maladie. En autopsiant des tissus cervicaux, ils ont constaté qu'une des formes de ce gène - celle qui représente le plus grand risque - est aussi la plus active dans le cerveau. Chez les souris étudiées en laboratoire, ce gène joue un rôle clé dans l'élimination des synapses.

Ce dysfonctionnement du cerveau ne causerait pas à lui seul la schizophrénie. Il faut à cette maladie mentale d'autres facteurs neurologiques, reconnaît M. McCarroll.

Selon le professeur Kenneth Kendler, de l'Université du Commonwealth de la Virginie, les résultats obtenus par l'étude sont impressionnants. Les preuves démontrant que le C4 augmente les risques de la maladie sont probantes. «(Qu'une trop grande élimination des synapses) soit une plausible cause de la schizophrénie est intéressante même si cela n'est pas complètement convaincant», affirme M. Kendler, qui n'a pas participé à cette recherche.

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