VIH: des risques d'infection accrus avec un contraceptif injectable

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Commercialisé dans le monde depuis les années 60, le Depo-Provera a comme principal avantage de ne nécessiter qu'une seule injection tous les trois mois.

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Agence France-Presse
PARIS

Les femmes utilisant le contraceptif injectable Depo-Provera (Pfizer) ont un risque modérément augmenté d'être infectées par le VIH (virus du sida), selon une nouvelle étude qui relance la polémique sur la possible existence d'un lien entre contraception hormonale et sida.

En passant en revue 12 études impliquant près de 40 000 femmes vivant en Afrique sub-saharienne, des chercheurs de l'Université de Californie à Berkeley ont trouvé que les femmes utilisant le contraceptif injectable à base d'acétate de médroxyprogestérone (nom commercial Depo-Provera) avaient un risque accru d'être infectées par le VIH par comparaison aux femmes utilisant un autre type de contraceptif hormonal ou pas de contraceptif hormonal du tout.

Mais même si les auteurs jugent l'accroissement du risque d'infection «significatif» sur le plan statistique, ils notent qu'il reste faible dans l'absolu et qu'il n'est pas possible pour l'instant d'établir un «lien de causalité» (entre la cause et l'effet).

«La hausse modérée du risque observée dans notre étude n'est pas suffisante pour justifier le retrait de l'acétate de médroxyprogestérone chez les femmes en général», commente pour sa part Lauren Ralph, la principale auteure de l'étude publiée dans la revue médicale The Lancet Infectious Diseases.

Elle souligne que l'interdiction du contraceptif injectable risquerait d'empêcher de nombreuses femmes d'avoir rapidement accès «à des options contraceptives alternatives et efficaces», entraînant des grossesses non désirées qui risquent de mettre la vie des femmes en danger.

Commercialisé dans le monde depuis les années 60, le Depo-Provera a comme principal avantage de ne nécessiter qu'une seule injection tous les trois mois.

Mais depuis, des études observationnelles, contestées par le laboratoire, ont laissé planer des doutes sur un lien éventuel entre la contraception hormonale et un risque accru d'être infecté par le VIH.

Dans une étude publiée dans la même revue en 2011, des chercheurs de l'université de Washington avaient déjà montré que les femmes utilisant une contraception hormonale, principalement injectable, avaient deux fois plus de risques de devenir séropositives ou lorsqu'elles l'étaient déjà, de transmettre le virus du sida à leur partenaire.

Saisi en 2012 par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), un comité d'expert n'avait pas remis en cause l'utilisation du contraceptif injectable, mais invité «à toujours utiliser des préservatifs» pour prévenir le sida.

L'augmentation potentielle du risque reste difficile à expliquer même si certains experts avancent quelques hypothèses parmi lesquelles des changements dans la structure ou dans la flore vaginale ou encore des modifications immunitaires locales.

Mme Ralph reconnaît pour sa part que de nouvelles études sont nécessaires, notamment chez les femmes à haut risque vis-à-vis du VIH, avant de pouvoir se prononcer réellement.

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