États-Unis: baisse drastique de la mortalité liée au cancer

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Les cancers du poumon, du côlon, de la prostate et du sein restent les principales causes de mortalité liées au cancer, comptant pour près de la moitié du total des morts par cancer chez les hommes et les femmes.

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Jean-Louis Santini
Agence France-Presse
Washington

Le risque de mourir d'un cancer aux États-Unis a baissé de 20% depuis vingt ans, reflétant une meilleure prévention et des avancées dans les traitements, révèle le dernier rapport de l'American Cancer Society (ACS) publié mardi.

La mortalité liée au cancer a reculé sans discontinuité pendant cette période, précise l'ACS. Et de souligner que les progrès avaient été les plus rapides parmi les hommes noirs adultes. Dans ce groupe, le taux de mortalité due au cancer a chuté d'environ 50%.

Mais, malgré ces progrès spectaculaires, cette partie de la population américaine continue à connaître la plus forte incidence de cancer et de décès dus à cette maladie parmi tous les groupes ethniques, dont deux fois plus que les asiatiques, les moins touchés.

De 2006 à 2010, les cinq années les plus récentes pour lesquelles les statistiques sont disponibles, la fréquence du cancer a baissé de 0,6% par an chez les hommes pour rester stable parmi les femmes. Quant au taux de mortalité résultant de cette maladie, il a reculé de 1,8% chaque année chez les hommes et de 1,4% pour les femmes.

Le taux combiné de mortalité due au cancer a de ce fait diminué depuis ces deux dernières décennies pour passer d'un pic de 215,1 pour 100 000 en 1991 à 171,8 pour 100 000 en 2010, précise l'ACS.

Cette baisse de 20% s'est traduite par environ 1,34 million de morts évitées (952.700 parmi les hommes et 387 700 chez les femmes) pendant cette période.

Toutefois, l'ampleur de ce recul varie de façon importante selon l'âge, l'origine ethnique et le sexe allant d'un taux de décès inchangé chez les femmes blanches de 80 ans à une baisse de 55% parmi les hommes noirs de 40 à 49 ans.

«Les progrès que nous observons sont excellents, voire remarquables, mais nous pouvons et devons faire mieux», a jugé John Seffrin, le président de l'American Cancer Society.

«La réduction de moitié du risque de décès chez les hommes noirs de 40 à 49 ans en seulement deux décennies est extraordinaire», a-t-il relevé, tout en soulignant que «le taux de mortalité résultant de cette maladie demeure encore plus élevé chez les hommes noirs que les blancs pour quasiment tous les principaux cancers».

Selon le rapport, «cette disparité raciale dans la survie s'explique surtout par des différences dans les traitements et le moment du diagnostic».

En 2014, le cancer tuera 1600 Américains par jour

Le rapport de l'ACS prédit aussi 1,66 million de nouveaux cas de cancer aux États-Unis en 2014 ainsi que 585 720 décès ou 1600 par jour, résultant de cette maladie.

Chez les hommes, les cancers de la prostate, du poumon et du côlon compteront pour la moitié des cancers diagnostiqués cette année. Le cancer de la prostate représentera environ un cancer sur quatre.

Pour les femmes, les trois cancers les plus communément diagnostiqués en 2014 seront celui du sein, du poumon et du colon qui représenteront la moitié de tous les cas.

La cancer du sein devrait compter pour 29% de tous les nouveaux cancers chez les femmes, selon les projections de l'ACS.

Les cancers du poumon, du côlon, de la prostate et du sein restent les principales causes de mortalité liées au cancer, comptant pour près de la moitié du total des morts par cancer chez les hommes et les femmes.

«On est actuellement à un tournant dans l'histoire de la médecine du cancer», estime le Dr Ronald DePinho, président du MD Anderson Cancer Center à Houston (Texas), l'un des plus importants instituts de recherche sur la maladie.

«Nous avons maintenant une compréhension profonde des mécanismes du cancer et avons enregistré des avancées technologiques qui nous permettent de soigner beaucoup mieux les malades» et de détecter plus tôt les tumeurs, avait-il expliqué en 2013 dans une interview à la chaîne CNN.

Selon lui, l'avancée la plus importante de la dernière décennie a été l'immunothérapie, «notre capacité à apprendre au système immunitaire du corps à lutter efficacement contre les cellules cancéreuses».




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