Un test sanguin pourrait détecter le cancer

Tout indique qu'on verra apparaître dans moins de deux ans dans les hôpitaux un... (Photo: AP)

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Louise Leduc
La Presse

Tout indique qu'on verra apparaître dans moins de deux ans dans les hôpitaux un test sanguin capable de dépister des cancers avant qu'ils ne soient découverts par mammographie, coloscopie et autres tests d'imagerie médicale.

Le géant pharmaceutique Johnson & Johnson vient en effet d'annoncer la commercialisation prochaine de tests capables de dépister et de dénombrer les moindres cellules cancéreuses dans le sang et de déterminer si l'on est en présence d'un cancer du sein, du côlon ou autre.

Une bonne dizaine de sociétés pharmaceutiques en Amérique du Nord travailleraient actuellement à mettre au point de tels tests, mais Johnson & Johnson, qui a obtenu son homologation de la Food and Drug Administration dès 2004 et publié dans le New England Journal of Medicine et Nature, les a toutes prises de vitesse. Depuis lundi, jour de l'annonce d'un accord de commercialisation du test avec l'Hôpital général du Massachusetts, l'action de Johnson?&?Johnson a pris 1,50$, pour se fixer à 63,35$ à la fermeture des marchés, hier.

«Il existe un besoin croissant de technologies de pointe non invasives capables de diriger vers le traitement le plus approprié et de surveiller la réponse tout au long de l'évolution de la maladie», a indiqué par voie de communiqué le Dr Nicholas Dracopoli, directeur général de la recherche sur les marqueurs biologiques chez Johnson & Johnson.

Le test sanguin se présente sous la forme d'une micropuce contenant quelques anticorps qui captent et détectent les cellules cancéreuses dans le sang du patient. Lorsque trois cellules cancéreuses ou plus sont dépistées dans 7 ml de sang, il y a alors lieu de s'alarmer.

«Beaucoup de potentiel»

«Ce test commercial, le premier capable de détecter et de compter les cellules cancéreuses, a beaucoup de potentiel», croit le professeur Michel L. Tremblay, directeur du Centre Goodman de recherche sur le cancer de l'Université McGill.

Il se distingue des autres tests déjà utilisés en oncologie par le fait qu'il analyse la cellule complète plutôt que les marqueurs habituels.

À qui serait proposé le test? Seulement à des gens en rémission de cancer qui font des suivis, ou alors selon les mêmes lignes directrices que pour une mammographie ou un test de dépistage du cancer de la prostate ou du côlon?

Comme le fait remarquer le professeur Tremblay, tout dépendra du coût du test. À l'heure actuelle, dans la forme sous laquelle il se présente, il coûterait au minimum 250$. C'est cher, surtout si l'on décide de faire ces tests de façon presque routinière, mais c'est nettement moins qu'une coloscopie, qui peut coûter plus de 2000$.

Chose certaine, pour le patient, «il est autrement plus intéressant de faire de simples tests sanguins que de devoir subir des biopsies à répétition», observe le professeur Tremblay.

Pas infaillible

Mais attention! Selon les résultats obtenus jusqu'ici, le test de Johnson?&?Johnson pourrait se révéler jusqu'à deux fois plus efficace que les tests couramment utilisés. Il n'est donc pas infaillible, et il reste à déterminer son taux d'efficacité avec plus de précision, au fil de son utilisation en clinique. Difficile de prédire, donc, si ou quand il pourra carrément éliminer le recours aux mammographies, coloscopies et autres, d'autant plus que Johnson & Johnson, pour l'heure, recommande elle-même le recours en appoint à des tests existants.

Pour les entreprises pharmaceutiques, la prochaine étape, dit le professeur Tremblay, consistera à trouver un test qui, non seulement comptera et dépistera les cellules cancéreuses, mais qui donnera en plus accès au matériel génétique de ces cancers. On se rapprochera ainsi grandement du séquençage du génome des cellules cancéreuses.

L'intérêt de cela, c'est que l'on pourrait ainsi cibler de façon très précise le type de cancer du sein ou de la prostate dont un patient est atteint pour savoir à quel traitement il répondra le mieux.

Ces nouvelles technologies, conclut le professeur Tremblay, «révolutionneront la détection des tumeurs mais aussi la façon de traiter les cancers».

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