Les «petits hommes» de Florès, devenus nains pour mieux survivre?

Les crânes d'un Homo floresiensis et d'un Homo... (Photo fournie par la revue Nature)

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Les crânes d'un Homo floresiensis et d'un Homo sapiens.

Photo fournie par la revue Nature

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Agence France-Presse
Paris

C'est peut-être parce que leurs affaires n'étaient pas florissantes sur leur île indonésienne voici plus de 12 000 ans que les «petits hommes» de Florès sont devenus des nains, révisant leurs ambitions à la baisse pour mieux survivre dans un environnement aux ressources limitées, estime une étude publiée mercredi.

D'une taille d'environ 1m pour 25 kg, l'Homo floresiensis qui vivait sur l'île de Florès était de surcroît doté d'une tête anormalement petite par rapport à son corps, abritant un cerveau d'une taille similaire à celui d'un chimpanzé.

Parfois surnommés «Hobbits» comme les petits personnages du Seigneur des anneaux de Tolkien, leur origine et leur anatomie sont au coeur d'une vive controverse depuis la découverte des fossiles de certains d'entre eux en 2003.

Espèce à part ou descendant d'autres hominidés, et lesquels?

Selon des chercheurs japonais, qui ont notamment passé au scanneur 3D le crâne de l'un d'entre eux, l'Homme de Florès serait un pur produit de l'évolution locale. Un descendant perdu d'Homo erectus («homme debout») qui aurait progressivement rapetissé au fil des générations pour adapter ses besoins à des ressources peu abondantes.

Ce phénomène de «nanisme insulaire» est déjà bien connu chez les animaux. Des hippopotames pygmées qui vivaient jadis à Madagascar présentaient ainsi un cerveau 30% plus petit qu'attendu par rapport à leur taille.

Et grâce à des restes trouvés dans une caverne, on sait que l'Homme de Florès chassait et consommait des éléphants pygmées qui étaient certainement passés par le même phénomène d'évolution.

«Il est possible qu'un Homo erectus de Java ait migré sur une île isolée et évolué en Homo floresiensis en raison d'un nanisme insulaire marqué», estime Yousuke Kaifu, du National Museum of Nature and Science de Tokyo, qui publie ses travaux dans la revue britannique Proceedings of the Royal Society B.

La taille réduite du cerveau des «petits hommes», 426 centimètres cubes selon la modélisation des chercheurs japonais, contre 860 centimètres cubes pour Homo Erectus et environ 1300 cc pour l'homme moderne, serait donc uniquement liée à une adaptation acquise au fil des millénaires.

Des scientifiques ont proposé d'autres explications à ce nanisme exacerbé et à leur petite tête (microcéphalie).

La première est que ces «hobbits» descendent d'un hominidé plus primitif que l'Homo erectus, Homo habilis qui possédait un cerveau réduit. Mais rien n'est jamais venu prouver que ce primate africain n'ait jamais posé le pied en Asie.

La microcéphalie de l'Homme de Florès pourrait aussi être le résultat d'une maladie neurologique, le crétinisme, pouvant avoir été causée par une carence liée à un régime alimentaire trop pauvre en iode.

Nains peut-être, mais pas crétins au point de ne pas savoir chasser, faire du feu et utiliser des outils de pierre pour dépecer leurs proies, rétorquent toutefois les adversaires de cette théorie.

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