Un nouveau maïs OGM sème l'inquiétude

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Le Canada et les États-Unis ont simultanément donné le feu vert la semaine... (Archives La Presse)

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Stéphanie Bérubé
La Presse

Le Canada et les États-Unis ont simultanément donné le feu vert la semaine dernière à l'arrivée dans les champs d'un maïs transgénique nouveau genre. En plein été, avec un bref texte pour expliquer cette décision. Plusieurs groupes opposés aux OGM croient que, cette fois, le gouvernement a franchement tourné les coins ronds.

D'autant plus que le nouveau maïs réuni huit gènes qui permettent à la plante à la fois d'être tolérante à un herbicide dont on l'aspergerait et de produire son propre insecticide. Le Canada a plutôt l'habitude des OGM qui ont l'une ou l'autre de ces propriétés. Dans sa décision, l'Agence canadienne d'inspection des aliments estime que le risque pour l'environnement est «minimal».

 

«Ils ont résumé leur décision en 350 mots! s'indigne Éric Darier, directeur de Greenpeace pour le Canada. Leur argument est de dire qu'il ne s'agit que d'un croisement entre des technologies qui existent déjà, donc il n'y a rien de nouveau.» Or, estime-t-il, on ne peut pas présumer du comportement de plusieurs gènes mis ensemble. Santé Canada, dit-il, aurait dû étudier l'innocuité de ce nouveau maïs qui risque de se retrouver dans nos assiettes, ce qui n'a pas été fait. Pour cette raison, Greenpeace, l'Union paysanne et le Réseau canadien d'action sur les biotechnologies demandent à Ottawa de revenir sur cette décision.

Le maïs en question s'appelle SmartStax. Il est le fruit d'une collaboration entre deux géants de la biotechnologie, Monsanto et Dow Agrosciences.

Le professeur Joe Schwarcz, du département de chimie de l'Université McGill, comprend que le caractère nouveau du maïs SmartStax provoque un tollé, mais il estime que la plante ne représente aucun risque pour la santé humaine. La décision des experts d'Ottawa a été prise sur la base des meilleures connaissances scientifiques disponibles actuellement, dit-il.

Il y a toutefois un risque environnemental, concède le professeur Schwarcz. «Avec le pollen qui se déplace, on ne pourra jamais assurer qu'il n'y a pas de risque de contamination», précise le scientifique. Ainsi, un agriculteur qui cultive du maïs biologique pourrait se retrouver malgré lui avec des traces de maïs transgénique qui lui serait arrivé naturellement d'un champ voisin. Ce risque de contamination existe déjà, avec tous les OGM.

Monsanto et Dow comptent commercialiser leur nouveau maïs dès l'année prochaine avec des superficies de culture prévues d'au moins 1,2 million d'hectares dès le lancement, donc environ 12 000 km carrés. «Un lancement d'une telle ampleur représenterait l'arrivée sur le marché la plus massive de l'histoire de l'agriculture pour un produit issu de la biotechnologie», indiquent les promoteurs du nouveau maïs dans un communiqué.

 

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