Un outil antiterroriste permet de détecter des gisements de minerais

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Les scientifiques ont recueilli depuis des décennies d'importantes quantités d'informations et de données sur plus de 5200 types de minéraux découverts à ce jour sur la planète. Ils ont chacun une composition chimique et une structure atomique unique.

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Jean-Louis SANTINI
Agence France-Presse
Washington

De nouveaux outils statistiques inspirés de la lutte antiterroriste utilisant d'énormes banques de données permettent de détecter avec un degré de certitude et de précision sans précédent des gisements de minerais, offrant un important potentiel scientifique et économique, selon leurs créateurs.

C'est la première application à la minéralogie d'une technique statistique utilisée jusqu'à présent pour prévoir la propagation de maladies infectieuses, débusquer des réseaux terroristes, suivre l'activité sur internet ou réguler le trafic routier.

Cette fois, elle permet de dénicher les minerais, des plus communs aux plus rares et précieux, selon le compte-rendu des travaux publié mardi dans la revue The American Mineralogist.

«Nous entrons dans une ère d'explosion de découvertes qui ouvre de nouvelles frontières très excitantes pour la science avec un énorme potentiel économique», a expliqué à l'AFP Robert Hazen, scientifique de la Carnegie Institution et directeur général du Deep Carbon Observatory, un programme international de recherche sur le rôle du carbone sur Terre.

«La quête de nouveaux gisements de minerais est incessante mais, jusqu'à récemment, les découvertes relevaient davantage de la chance que d'estimations scientifiques», a relevé Shaunna Morrison, géologue au sein de ces deux mêmes institutions.

Les scientifiques ont recueilli depuis des décennies d'importantes quantités d'informations et de données sur plus de 5200 types de minéraux découverts à ce jour sur la planète. Ils ont chacun une composition chimique et une structure atomique unique.

Bouleverser la minéralogie 

Des millions d'échantillons prélevés dans des centaines de milliers d'endroits dans le monde ont été catalogués avec une description, incluant caractéristiques géologiques et de leur emplacement.

Jusqu'à récemment, les scientifiques ne disposaient pas d'outils de modélisation et de visualisation pour exploiter ces volumes de données.

«Cette technique d'analyse peut fournir des indices visuels aux minéralogistes pour leur indiquer les lieux de prospection et quoi rechercher», a précisé M. Hazen.

Selon lui, «cette approche va bouleverser la minéralogie... et accroître le nombre des découvertes de minerais dans des proportions que nous ne pouvons pas encore imaginer».

Il a notamment évoqué le grand intérêt déjà manifesté par des sociétés minières et des groupes pétroliers.

Cette technique a permis de subodorer l'existence de 145 différents minéraux de carbone auparavant inconnus de la science et leur localisation, ont indiqué ces chercheurs, précisant que onze avaient déjà été mis à jour.

«Au moins 1500 minéraux de toutes sortes n'ont pas encore été trouvés», assure M. Hazen.

Géologie martienne

Dans cette étude, des minéraux contenant du cuivre - extrêmement réactif à l'oxygène - ont également été examinés. Cette propriété permet de donner une indication du niveau d'oxygène dans l'atmosphère au moment de leur formation.

Avec cette modélisation, il est ainsi possible d'expliquer comment les minéraux ont changé et évolué sur Terre au cours du temps.

De plus, en incorporant des données fournies par des biomarqueurs moléculaires, il est possible de déterminer les interactions entre des cellules vivantes et les minéraux.

Mme Morrison espère utiliser ces outils de modélisation pour révéler l'histoire géologique d'autres planètes comme Mars et, éventuellement, détecter des signes de vie passée.

Elle fait partie de l'équipe scientifique de la mission du robot Curiosity de la NASA qui arpente la planète Rouge depuis août 2012 et cherche notamment à identifier les minéraux martiens à partir de données collectées par ses instruments et transmises sur Terre.




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