Bientôt de la morphine sans pavot

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Depuis les dernières décennies, des groupes de chercheurs ont tenté de reproduire l'ADN de la levure pour imiter le pavot.

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Associated Press
Montréal

Des chercheurs de l'Université Concordia, à Montréal, et de l'université de la Californie ont découvert comment produire des antidouleurs sans pavot, une avenue très prometteuse pour la science pharmaceutique, mais qui soulève des inquiétudes pour la fabrication de drogue maison.

La levure est, depuis longtemps, utilisée pour transformer le sucre en alcool. Depuis les dernières décennies, des groupes de chercheurs ont tenté de reproduire l'ADN de la levure pour imiter le pavot, dans l'espoir de fabriquer des antidouleurs plus abordables et moins addictifs. Jusqu'à maintenant, les souches de levure ne pouvaient que recréer les dernières étapes d'un long procédé de modification.

Or, les études dirigées par Vincent Martin, à Montréal, et par John Dueber, à Berkeley, dont les résultats ont été publiés lundi dans la revue Nature, ont permis de découvrir le chaînon manquant pour modifier la levure, de façon à ce qu'elle transforme le sucre en alcaloïdes. Le pavot commun produit naturellement ces alcaloïdes.

Cette méthode pourrait servir à produire des médicaments, des antibiotiques et des agents anticancéreux, précise un communiqué de l'Université Concordia.

Si la découverte est des plus enthousiasmantes, les chercheurs ont d'ores et déjà demandé aux autorités de «suivre la situation de très près», puisque ces nouvelles connaissances pourraient permettre de produire des opiacés maison à très faible coût, à partir de sucre bon marché.

M. Dueber affirme qu'il faudra encore plusieurs années avant de parler «de production fiable d'une substance contrôlée au moyen de levure nourrie de sucre, mais certainement pas une décennie».

Bien que personne n'ait encore rapporté avoir fabriqué de la morphine en laboratoire à partir de sucre, les experts demandent déjà que la réglementation soit modifiée pour tuer dans l'oeuf les fabrications artisanales de morphine, qui peut être transformée en héroïne.

Dans le journal Nature, un groupe formé de chercheurs de l'université de l'Alberta et de l'institut de technologies du Massachusetts ont plaidé pour que la possession de souches de levure soit restreinte aux laboratoires mandatés, de façon à ce qu'elles ne tombent pas entre de mauvaises mains. Le groupe demande aussi que les lois actuelles soient modifiées pour interdire la distribution de telles souches.

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