Trois nouvelles espèces de «mini-dragons» découvertes dans les Andes

La récente découverte, en Équateur et au Pérou, de trois nouvelles espèces de... (PHOTO RODRIGO BUENDIA, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE)

Agrandir

PHOTO RODRIGO BUENDIA, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Santiago PIEDRA SILVA
Agence France-Presse
QUITO

La récente découverte, en Équateur et au Pérou, de trois nouvelles espèces de lézards multicolores dont les crêtes leur confèrent un aspect de «mini-dragons» témoigne de la diversité des reptiles présents dans les forêts tropicales andines, qui n'ont pas tous encore été recensés.

«Nous sommes au 21e siècle et pourtant c'est incroyable la quantité d'espèces de reptiles que nous ne connaissons pas encore», raconte avec enthousiasme Omar Torres Carvajal, du Musée de Zoologie QCAZ de l'Université catholique de Quito, à la tête de l'équipe internationale qui a identifié les trois lézards.

Ces derniers font partie du genre Enyalioides, dans la famille de sauriens Hoplocercidae, dont on a pour l'instant seulement découvert 15 espèces différentes, exclusivement dans les zones boisées situées entre le Panama et le nord de la Bolivie.

«Nous avons une connaissance limitée de la diversité des reptiles d'Équateur et du Pérou», qui concentrent la moitié des espèces recensées d'Enyalioides, explique Pablo Venegas, du Centre d'ornithologie et de biodiversité du Pérou, un des participants à la récente découverte, publiée dans la revue scientifique Zookeys.

Mais le temps presse: alors que la déforestation se poursuit et que l'agriculture et l'élevage grignotent un peu plus d'espace boisé chaque jour, la vie animale est perturbée, ce qui complique le travail de classification de nouvelles espèces, devenu dès lors une «course contre la montre».

Sur 6076 espèces de petits lézards recensées dans le monde, 213 se trouvent au Pérou et 190 en Équateur, selon l'équipe ayant découvert les trois nouveaux spécimens.

Ces derniers, connus comme «lézards de bois» pour leur tendance à dormir sur les troncs des arbres et leur capacité à se fondre ainsi dans le paysage, ont été baptisés Enyalioides altotambo, Enyalioides anisolepis et Enyalioides sophiarothschildae.

«Ce sont trois nouvelles espèces avec des morphologies et des couleurs assez criardes», dans les tons vert et orangé, précise Omar Torres Carvajal.

Inoffensifs

Le corps couvert d'écailles, d'une longueur pouvant atteindre 40 centimètres, ils présentent sur la tête une crête dentelée qui leur donne un aspect de «dragons nains», tels qu'ils sont aussi décrits dans la communauté scientifique, même s'«ils n'ont rien à voir avec la bête mythologique», sourit Omar Torres Carvajal.

Inoffensifs, ils ne mangent d'ailleurs que des insectes.

Le premier exemplaire d'Enyalioides altotambo a en fait été découvert il y a 10 ans, dans les forêts de la province équatorienne d'Esmeraldas, près de la frontière colombienne, par la même équipe de chercheurs, dont fait également partie Kevin de Queiroz, de l'Institut Smithsonian aux États-Unis.

Mais ce n'est que récemment que les experts ont pu capturer un autre reptile présentant les mêmes caractéristiques, dans la région d'Alto Tambo, à quelque 125 kilomètres au nord de Quito, une zone de violents conflits terriens, ce qui complique les recherches scientifiques.

Le lézard Enyalioides anisolepis a, lui, été repéré près de la cordillère des Andes, entre la province équatorienne de Zamora Chinchipe et celle, péruvienne, de Cajamarca.

Enfin, la troisième espèce nouvelle, Enyalioides sophiarothschildae (nommée ainsi en hommage à une mécène allemande, Sophia Rothschild), a été découverte dans la forêt du département péruvien de San Martin, dans la région amazonienne.

Une analyse de l'ADN, de la coloration et de la forme des écailles a confirmé qu'il s'agissait de trois espèces inconnues de «lézards de bois», ce qui a permis de valider scientifiquement la trouvaille.

Bientôt, une nouvelle espèce pourrait venir compléter la famille, avec la découverte d'un autre lézard dans la vallée du fleuve Huallaga, dans la forêt amazonienne du Pérou.

«Nous savons déjà que c'est une nouvelle espèce, cela est confirmé sur les plans morphologique et génétique», assure Pablo Venegas, précisant que son équipe prépare un article scientifique pour présenter le spécimen.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer